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24 novembre 2017 accueil Accueil >  Portrait  > Christian Paly, nouveau président de l’Inao
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Portrait

Article publié le 17 juillet 2012

Christian Paly, nouveau président de l’Inao

Le 9 février, Christian Paly, vigneron dans les Côtes du Rhône, a été nommé à la présidence du comité national vins de l’Inao. Pour les cinq années de son mandat, de nombreux chantiers l’attendent : gouvernance, relations avec le Comité IGP, contrôle…

Champagne Viticole : Le comité national fixe les conditions de production des AOC à travers les cahiers des charges. S’il prend l’avis des organismes de défense et de gestion (ODG) avant de statuer, il est néanmoins souverain. Les décisions qu’il prend ne font pas toujours plaisir ou parfois sont mal comprises. Quelle sera votre recette d’une gouvernance réussie  ?

Christian Paly : En premier lieu, je voudrais rappeler qu’avant de prendre une décision le comité national a respecté une procédure précise. En effet, pour les points majeurs d’un cahier des charges, une commission d’enquête a travaillé de concert avec l’ODG concerné. A cette occasion, tous les échanges de points de vue ont dû être réalisés. C’est un travail qui est censé être synergique et complémentaire. Aussi, pour des points majeurs, la procédure nationale d’opposition est l’occasion donnée à tous les acteurs de s’exprimer. Ce n’est qu’après toutes ces étapes que le comité national est amené à se prononcer.
Il faut conforter cette procédure. Elle doit conduire à ce que le comité national ne prenne aucune décision avant d’avoir pesé les tenants et les aboutissants d’un dossier. Nous ne devons pas confondre vitesse et précipitation.
Une gouvernance aboutie, c’est une prise de décision réalisée dans la concertation et la discussion pour le bien et l’intérêt de l’Appellation.
En second lieu, le comité national doit également se réapproprier des débats de fond concernant la stratégie, la gestion et la protection de nos signes de qualité et d’origine. Il est un lieu privilégié de dialogue entre professionnels (producteurs et metteurs en marché) et pouvoirs publics. Il faut savoir profiter de cette situation pour le bien de notre filière qui, je le rappelle, possède un haut potentiel de développement économique et social.

CV : Comment pensez-vous assurer une articulation avec le comité en charge des IGP ?

CP : La présence au sein de l’Inao des deux catégories AOC et IGP est une chance. En effet, une grande partie des vignerons et des metteurs en marché est concernée par les deux produits. Il y a donc des intérêts partagés et des synergies à développer. Mais, force est de constater qu’il peut aussi exister des difficultés de cohabitation (utilisation des noms, des mentions traditionnelles, types de produits…). La chance d’être dans une même maison doit nous conduire à discuter et à trouver des solutions afin de préserver nos forces et nos spécificités respectives.
Pour cela, nous allons renforcer le comité de liaison entre les deux comités vins. Ce dernier doit se structurer afin d’anticiper les problèmes. Il est plus efficace de travailler en amont des dossiers, plutôt que de «  courir  » après des problèmes et des contentieux.
Nous devons mettre en place des groupes de travail «  inter comités   », car il existe des dossiers communs (protection, environnement, évolution des réglementations viti-œnologiques…). C’est l’enjeu de cette mandature sur ce sujet.

CV : La réforme du contrôle entre progressivement en phase de croisière. Néanmoins, les ODG estiment souvent que les règles d’organisation des contrôles ne permettent pas la prise en compte de spécificités liées à la production viticole. Comment faire en sorte que les préoccupations des AOC viticoles soient mieux prises en compte ?

CP : Vaste et complexe sujet. Il s’agit là de marier plusieurs concepts différents : l’efficacité du contrôle en vue d’une garantie qualitative, la simplicité et la fiabilité juridique du contrôle. Ce dernier point peut parfois nous conduire à un niveau de formalisme mal compris. Mais, il a son importance car l’objectif est bien l’évolution qualitative de nos produits, pas de perdre devant un tribunal chaque fois qu’un opérateur fait l’objet d’un manquement.
Depuis le mois de mars, nous avons, services de l’Inao et Cnaoc, des réunions de travail afin de trouver les meilleurs outils pour allier les points évoqués : efficacité, simplicité et sécurité.
Affirmer que cela est aisé serait un mensonge. Mais nous devons tendre vers cet objectif tout en considérant la spécificité viticole, son histoire et son ambition qualitative.
Des pistes de réflexions sont sur la table des discussions : comment considérer la réglementation horizontale dans les plans de contrôle ? Comment gérer les priorités de contrôle ? Comment travailler sur des critères objectifs concernant l’analyse des risques, sur le ciblage des contrôles, l’analyse du corpus réglementaire… ? Nous suivons ça de près.

••• Propos recueillis par Louis-Marie Jossic



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