La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

22 août 2017 accueil Accueil >  Portrait  > Pierre Cheval revient sur la double candidature Unesco, Champagne et Bourgogne.
Pique-nique chez le vigneron indépendant • Arocu : "les notes florales et fruitées dans les vins de Champagne" • Jeunes talents du champagne : inscription avant le 30 mai • Concours européen des ambassadeurs du champagne : les inscriptions sont ouvertes ! • 30 mai : prêts pour la Champenoise ? • Centenaire 14-18 : concert à Ville-sur-Tourbe • Vert-Toulon : randonnée le 1er mai • Exposition : des éventails "esprit de champagne" • Concours d'Epernay des champagnes du vignoble : une nouvelle catégorie ! • L'AG du SGV : mardi 14 avril au Millésium
R�duire la taille du texte Agrandir la taille du texte Imprimer cette page

Portrait

Article publié le 30 juillet 2014

Pierre Cheval revient sur la double candidature Unesco, Champagne et Bourgogne.

En janvier, l’État a choisi de présenter au Patrimoine mondial de l’Unesco les dossiers des Paysages du Champagne et des Climats de Bourgogne. Et si la France mettait ainsi l’accent sur son patrimoine naturel le plus précieux : son vignoble ?

Oyez, oyez viticulteurs  : la guerre des ducs de Bourgogne et des comtes de Champagne n’aura pas lieu !
D’abord, parce qu’elle n’a tout simplement pas lieu d’être, ce qui est déjà, en soi, une bonne raison. La France présente, certes, deux dossiers viticoles, mais dans des catégories différentes. La Bourgogne au titre des biens culturels, avec ses clos, ses « climats … La Champagne au titre des paysages culturels, qui porte un regard plus complet sur le patrimoine agro-industriel bâti par l’homme. Pierre Cheval, président de l’association Paysages du Champagne explique  : « L’aspect patrimoine agro-industriel vivant a actuellement le vent en poupe à l’Unesco. C’est une force de notre dossier.  » Sans oublier le caractère plus immatériel développé par le champagne, à travers son image de marque, symbole universel de fête et de célébration. À quoi on peut ajouter qu’il n’y a pas encore de vin effervescent classé au Patrimoine mondial…

Mais, s’il ne doit pas y avoir de « guerre », c’est aussi parce que les deux dossiers sont complémentaires. À une époque où la nouvelle politique agricole commune ne remet pas en cause les appellations d’origine contrôlée – pourtant contestées par les «  vins du nouveau monde », considérant qu’elles sont une entrave à la production et à la libre circulation des marchandises…, – on peut voir là une confirmation de la France pour l’importance qu’elle accorde aux AOC, en souhaitant mettre l’accent sur l’un de ses biens les plus précieux  : son terroir naturel. Démarche à l’évidence plus « patrimoniale » que « libre-échangiste ». Bordeaux ayant été classé en 1999, avec Saint-Émilion, Champagne et Bourgogne viendraient (viendront ?  !) compléter cette notion. En tout cas, la défense des deux dossiers sous cet angle aurait du sens ! La recherche « d’éléments de langage communs » est d’ailleurs à l’ordre du jour.

Des dossiers complémentaires

Pour l’instant, en Champagne comme en Bourgogne, on peaufine les dossiers respectifs. Courant juin, des représentants de chaque région – et notamment Pierre Cheval – se sont rendus à Doha, au Qatar, où se tenait la 38e session du Comité du Patrimoine mondial, afin de faire connaître les Paysages du Champagne et les Climats de Bourgogne aux membres du comité. Communication, communication…

Après les vendanges, des experts de l’Unesco viendront examiner in situ la qualité scientifique de chaque dossier, et porteront un regard attentif à «  l’intégrité du territoire  », c’est-à-dire à la nature et à l’entretien des éléments patrimoniaux constitutifs des dossiers, qui participent à leur valeur universelle exceptionnelle. Ensuite, et au-delà de quelques points éventuels de procédure, le grand moment attendu sera bien sûr celui de la 39e session du Comité du Patrimoine mondial, qui se réunira en juin 2015 en Allemagne, à Bonn. Pierre Cheval voit dans cette localisation, proche de la France et des deux vignobles, un présage plutôt favorable  ! Les représentants des 21 États membres du Comité inscriront alors entre 25 et 30 nouveaux sites au Patrimoine mondial de l’humanité. « Nous serions particulièrement heureux que des bulles de champagne soient mises à contribution pour célébrer la victoire de nos dossiers », déclare Pierre Cheval. Et quoi de plus naturel, eu égard à leur vocation ?

Entretien avec Aubert de Villaine, président de l’association Les climats du vignoble de Bourgogne

« DEUX MODÈLES UNIVERSELLEMENT RECONNUS ET DIFFUSÉS »

Aubert de Villaine est au dossier bourguignon ce que Pierre Cheval est au dossier champenois. Il donne ici son sentiment sur la présentation des Climats de Bourgogne et des Paysages du Champagne au Patrimoine mondial de l’Unesco.

« Si la présentation de nos deux dossiers est simultanée, elle n’induit absolument aucune concurrence. Et d’ailleurs, nous figurons dans deux catégories différentes ! Nous représentons deux modèles de viticulture universellement reconnus et diffusés : le champagne pour l’effervescence, auquel on peut ajouter son aspect « industriel », et le bourgogne, comme modèle de vin de terroir, en ce qu’il porte justement le terroir à son paroxysme et à son plus haut degré de finesse. Ce n’est pas par hasard si les producteurs du monde entier viennent chez nous pour appréhender cette idée de « terroir ».
Il faut évidemment ajouter un troisième modèle, celui de Bordeaux. Dès lors, il convient de mettre en avant cette idée de trilogie qui constitue, avec ses différences, l’une des grandes richesses patrimoniales de la France.
En même temps, et au-delà de nos vins eux-mêmes, je crois qu’il importe de souligner tout l’aspect culturel, au sens large du terme, engendré par la viticulture dans nos deux régions. »



Haut de page