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Unesco et Champagne

Article publié le 22 janvier 2009

Une chance pour toute une région

Les Champenois en parlent de plus en plus  : l’inscription des paysages du champagne sur la liste du patrimoine mondial génère à la fois intérêt et interrogation. C’est donc pour répondre aux uns et rassurer les autres que la Champagne Viticole a souhaité consacrer le dossier de cette édition à ce sujet.

Entretien avec Pierre Cheval
Pour appuyer la candidature champenoise, une association a été créée. Son président, Pierre Cheval, revient sur la genèse du projet mais surtout précise l’importance que revêt pour la Champagne toute entière une éventuelle inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.
Champagne Viticole  : Vous êtes président de l’Association pour l’inscription des paysages du champagne sur la liste des paysages culturels classés par l’Unesco. Tout d’abord, comment est née cette initiative ?
Pierre Cheval  : C’est d’abord une idée venue des professionnels du champagne, à l’occasion d’une réflexion née progressivement au sein de la commission « Appellation et Communication » du CIVC. Puis cette idée a pris corps, et c’est très naturellement que nous avons fait partager cette ambition par les différents acteurs du territoire  : les collectivités territoriales, les entreprises et les associations concernées, et tout simplement les particuliers qui portent un intérêt à la valorisation, par une gestion vertueuse et dynamique, de leur cadre de vie quotidien.

C.V. : Pouvez-vous nous donner des précisions sur le territoire concerné ? D’abord, est-ce tout le vignoble AOC qui est concerné ?
P.C.  : Sans aucun doute ! C’est d’ailleurs la force du dossier : la parfaite connaissance du socle territorial AOC qui supporte le classement, géré par une Champagne unie. Une seule appellation, une seule organisation interprofessionnelle, une vision partagée du développement et de la réussite économique. C’est donc bien toute la Champagne, dans toutes ses composantes et toutes ses régions, qui est concernée. Cette zone est élargie, on le comprend bien, aux paysages non viticoles qui sont le prolongement direct des vignes et qui en sont indissociables : les villages, les perspectives visuelles qui couronnent le vignoble (les forêts sur les hauteurs) ou qui accompagnent la vue dans la plaine. J’ajoute enfin que le bâti, qui est souvent d’un grand intérêt (habitations vigneronnes, maisons de Champagne, murs peints, coopératives, cadolles, venelles et autres essors de cave sur les coteaux…) ainsi que les caves, font partie intégrante du paysage.

C.V. : Il s’agit donc d’un dossier de grande envergure pour l’Unesco ?
P.C.  : Oui. C’est d’ailleurs aussi ce qui en fait sa faiblesse vis-à-vis de l’Unesco, plus habituée à appréhender des éléments de paysage plus concentrés. Mais il existe des précédents qui vont nous aider. Encore une fois, c’est l’unité de tous les acteurs du territoire qui donne toute sa chance à notre dossier. En tant que président de l’association, c’est ma priorité  : réussir tous ensemble  !

C.V. : Classer, c’est bien  ! Mais ensuite il faut gérer ce classement. Ce dossier n’entraîne-t-il pas des contraintes supplémentaires pour ceux qui se trouvent à l’intérieur du territoire concerné  ?
P.C.  : La question est légitime. Elle nous a souvent- été posée dans les nombreuses réunions d’information que nous avons tenues cet hiver. Prétendre que la reconnaissance par l’Unesco n’entraîne aucune obligation ne serait pas sérieux. Mais je rappelle que l’Unesco n’amène pas une nouvelle couche de règlements qui s’ajouterait à toutes les obligations nationales déjà en place. Celles-ci suffisent à gérer les paysages d’une façon vertueuse dès l’instant où chacun des acteurs s’acquitte correctement de ses obligations (gestion des eaux, collecte des déchets, pratiques culturales plus respectueuses de l’environnement etc.…).La nouveauté qu’apporte le classement Unesco, c’est l’établissement d’un plan de gestion sur une base volontaire par toutes les parties prenantes, et qui les engage à adopter collectivement une attitude plus respectueuse des paysages.

C.V. : Où en est-on de l’établissement de ce plan de gestion ?
P.C. : Après la phase de préparation technique du dossier (repérages sur le terrain, croquis, photos, recherches historiques…) qui se termine, l’établissement de ce plan de gestion sera la prochaine étape du dossier. L’association commence à y travailler, dans une démarche qui doit bien entendu associer tous les acteurs du territoire concerné. Ce sera, en quelque sorte, notre engagement commun- vis-à-vis de l’Unesco. Vous le comprenez, c’est une phase très importante qui est à inventer. Ce sera, en particulier, l’occasion de définir des actions prioritaires sur lesquelles, pourquoi pas, des financements spécifiques pourront être mis en place.

C.V. : Il y a donc autant de développement que de protection dans ce dossier ?
P.C. : Oui. C’est l’originalité de la démarche. Il ne s’agit pas du tout de « sauver » une région en péril. Il s’agit d’organiser un développement harmonieux entre le respect d’un comportement collectif et individuel qui cherche, à l’image du champagne, à être exemplaire, et la mise en place d’une véritable politique globale et moderne de développement. Chacun comprend que dans ce classement, il y a du développement touristique avec des conséquences inimaginables aujourd’hui, il y a aussi du développement par un renforcement de la protection juridique de l’AOC Champagne à travers le monde, parce que le soutien de l’Unesco, c’est quelque chose, et il y a même du développement par la communication, en ce sens que le classement est une occasion nouvelle et intelligente de parler de notre région, de ses hommes et de son produit à l’heure où il est malheureusement de plus en plus difficile de le faire en France sans tomber sous le coup de la loi !

C.V. : En conclusion, si l’on veut inscrire cet épisode Unesco dans la chronologie historique du champagne, pourquoi est-ce maintenant, et maintenant seulement, que cette démarche est mise en route  ?
P.C. : Évidemment l’histoire a un sens. Si on prend un peu de hauteur, on constate que le 19ème siècle- a été celui des bâtisseurs, aussi bien dans les vignes avec la reconstitution du vignoble que par la création d’un style architectural industriel propre au champagne, et même d’un urbanisme champenois d’ensemble (la butte des crayères à Reims, l’avenue de Champagne à Épernay…). Le 20ème siècle a été celui du ravage des guerres suivi du renouveau économique spectaculaire d’après guerre (doublement du vignoble, développement des coopératives et de la manipulation). Le 21ème siècle naissant est déjà celui de la recherche de l’excellence durable aussi bien dans le produit que dans les attitudes individuelles et collectives : mise en place de pratiques respectueuses de l’environnement, recherches tous azimuts pour la qualité, rénovation des villes et villages, fleurissement, rues piétonnes, tramway, tout cela a un bien un sens. C’est donc bien maintenant qu’il faut afficher cette nouvelle ambition pour le champagne par la reconnaissance internationale de ses paysages qui permettent et traduisent tout cela • Propos recueillis par Émilie Landau

Des ateliers de sensibilisation

Dans le cadre de la démarche de classement des Paysages du champagne au Patrimoine mondial de l’Unesco, l’association « Paysages du champagne Unesco », qui gère ce projet, doit établir un plan de gestion récapitulant les différents engagements que les acteurs du territoire acceptent de mettre en œuvre pour justifier la candidature champenoise.
Cette nouvelle étape dans la préparation du dossier de candidature ne peut être bien entendu que le résultat des réflexions et des travaux menés par les intéressés eux-mêmes, qui connaissent le mieux le terrain.
Au cours des réunions d’information qui se sont déroulées dans le courant du mois de janvier 2008 dans l’ensemble du vignoble de l’AOC Cham-pagne, de nombreux acteurs ont manifesté leur intérêt pour la démarche. C’est pourquoi l’« Association Paysages du champagne Unesco » prend l’initiative d’organiser une série de journées de sensibilisation dans tout le vignoble.
Cette journée type, qui sera organisée sous forme d’ateliers pédagogiques innovants, réunira les principaux acteurs locaux  : les maires des communes- viticoles, les présidents des sections locales du SGV, les présidents délégués de l’AVC, les présidents des coopératives, les élus locaux et les services techniques des intercommunalités en charge de l’aménagement du territoire.
Les parcours, organisés d’une façon conviviale à la fois en ateliers et en extérieur, seront animés par des professionnels expérimentés du paysage, et encadrés par l’équipe de coordination du dossier Unesco. Ces journées seront aussi l’occasion de rechercher des sites pilotes pour des actions de valorisation qui pourront faire l’objet d’un accompagnement par l’association.
L’importance d’une mobilisation efficace d’un maximum d’acteurs du terrain est garante de succès dans la démarche entreprise. Ces ateliers sont l’occasion de contribuer ainsi à l’élaboration des propositions qui constitueront les engagements de la région pour mériter le classement Unesco.


Lien : Le site des paysages du champagne


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