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Portrait

Article publié le 11 février 2015

Thomas Massy, futur moniteur de taille

Si la réussite continue de lui sourire, Thomas Massy, 26 ans, sera le plus jeune moniteur de taille au sein de la Corporation des vignerons de Champagne. Retour sur son parcours.

Une salve d’applaudissements pour un unique candidat : Thomas Massy a reçu les félicitations et les encouragements pour son passage en seconde année à l’examen de monitorat de taille de la vigne. C’était lors de la dernière assemblée générale de la Corporation des vignerons, en novembre 2014, dans les locaux du Comité Champagne. Ce jeune homme de Fèrebrianges (Marne) est désormais tout proche de décrocher le précieux diplôme. Mais avant, il doit faire ses preuves en dispensant des cours de taille sur le secteur de Congy. Janvier 2015, sur les hauteurs de Vert-Toulon. Le vent souffle en rafale dans les galipes en ce samedi matin. Sécateur en main, Thomas Massy passe de rang en rang pour surveiller et corriger le travail de ses élèves. «  L’onglet est trop court ici  »  ; «  Le rachet est mal placé, mieux vaut le choisir en arrière  »… Ses remarques sont pertinentes, ses explications argumentées et ses gestes précis. Il témoigne d’une belle assurance et a cette volonté de transmettre aux autres son savoir. Ce désir de partager prend ses racines dans son parcours professionnel.

Sa formation débute au lycée viticole d’Avize où il obtient son Bac puis un BTS viticulture/œnologie. Sa soif de découverte l’amène à suivre ses études à l’Institut Jules Guyot, à Dijon où il réussit à avoir sa licence (sciences de la vigne) et son master (vigne et terroir). Aller hors des limites de la Champagne est pour lui une opportunité de mieux connaître une autre province, en l’occurrence la Bourgogne, et ses vins. «  Mon objectif était d’approfondir et d’améliorer mes connaissances sur la vigne et avoir ainsi un bagage supplémentaire sur le marché du travail  », précise-t-il. De par son ouverture d’esprit, échanger son point de vue avec d’autres étudiants sur leur région viticole respective fut également intéressant.
Son stage de fin d’études, d’une durée de six mois, a pour cadre Cognac, en Poitou-Charentes. Le thème de sa soutenance de rapport  : la réduction des produits phytosanitaires au sein du vignoble du cognac Martel, appartenant au groupe Pernod-Ricard.
Son attrait pour les voyages lui a également fait poser ses valises en Afrique du Sud, plus précisément à Lammershoek, près du Cap, où il séjournera trois mois. Sur une exploitation familiale de 90 ha de vignes (17 cépages dont principalement du chenin et du syrah), Thomas Massy a suivi les vendanges et le début de la vinification. «  Ce fut une expérience enrichissante à tout point de vue, que ce soit au niveau technique, social et culturel  », se remémore-t-il. Une autre destination dont il rêve  : la Californie et ses vignobles.

Son sens du contact, un précieux atout

Ses différents périples ont contribué à parfaire ses connaissances qu’il met à profit. À son retour en Champagne, il décroche un contrat pendant la campagne Magister 2012. Il est employé actuellement en qualité de technicien viticole au sein d’une coopérative. Être sur le terrain et proche des viticulteurs en les conseillant est ce qu’il apprécie le plus. Son sens du contact est un précieux atout.

Marcelin, son père, est quant à lui chef du vignoble du secteur de la Côte des Blancs et d’Aÿ chez Veuve Clicquot. Il a transmis à son fils cette passion de la vigne et exploite en famille un peu moins d’un hectare sur le terroir de Fèrebrianges.
Son inscription à l’examen de taille en 2012 (diplôme avec mention très bien) oriente Thomas vers le monitorat. Une question mûrit dans son esprit lors de ses cours  : «  Pourquoi ne partagerai-je pas également mon expérience et mes connaissances avec d’autres personnes ?  ». Sa décision est renforcée par l’engagement de son père dans cette voie. Il a été moniteur sur le secteur de Fèrebrianges, puis sur le massif de Saint-Thierry. Bien qu’ayant quitté cette fonction, il n’en continue pas moins d’être membre du jury pour l’examen de taille sur Vertus et participe à l’assemblée générale de la Corporation. « Mon fils est un amoureux de la vigne  ; il aime communiquer avec les gens. Je n’ai pas du tout été surpris de sa décision de passer cet examen  », précise-t-il.

La formation de Thomas s’est étalée sur deux campagnes, à partir de janvier 2013. D’abord avec Bruno Oyance à Cramant, puis avec Dominique Babé au Mesnil-sur-Oger. Son statut de moniteur-stagiaire ne lui permettait que d’observer et prendre des notes sur la façon d’enseigner. Tout au plus aidait-il parfois. La première étape de son examen est un questionnaire écrit portant sur la réglementation. Épreuve réussie haut la main.
La partie pratique se déroule sur une parcelle appartenant à la maison Veuve Clicquot à Vertus. La difficulté est de tailler deux pieds de chablis et deux de cordon en expliquant chacun de ses gestes, chacun de ses coups de sécateur et pour quelles finalités. «  C’est impressionnant de se retrouver devant un jury, chaque instant est décisif  », confie-t-il. Soulagement. L’épreuve est passée avec succès  ; il est donc admis à l’oral. Deux questions à débattre pour montrer ses connaissances en viticulture. Il tire au sort « les maladies du bois et pourquoi une réglementation de la taille en Champagne ?  » Nouveau soulagement. Le passage en seconde année est prononcé avec la mission de prendre en charge un groupe d’élèves en vue de les préparer à l’examen. « Ce que j’appréhendais le plus était de ne pas savoir expliquer simplement pour être bien compris de tous ». Mais cette crainte s’est trouvée vite éclipsée au fil des séances. « Je suis satisfait quand je vois que mes explications portent leurs fruits », ajoute-t-il. Le moment passé avec eux doit être selon lui aussi convivial que pédagogique. Thomas Massy prend à cœur de mener son groupe à la réussite en étant persévérant dans son enseignement et en proposant même à certains des cours particuliers en dehors de la séance hebdomadaire. « Je me donne tous les moyens possibles pour qu’ils obtiennent leur diplôme.  »
Venant du secteur de Montmort et de Fère Champenoise, ses élèves sont pour la plupart des demandeurs d’emploi. La partie théorique a lieu dans une salle communale de Congy, et la pratique à Vert-Toulon (cordon), et à Fèrebrianges et Coizard (chablis). Il a carte blanche pour préparer ses cours à partir du guide de la Corporation des vignerons. Seule condition  : respecter le nombre d’heures de formation. « Quoi de plus beau que de transmettre son savoir pour que perdurent ces gestes ancestraux  ! », conclut Thomas Massy en encourageant les jeunes à le suivre dans cette voie.


Informations compl�mentaires :

Corporation des vignerons de Champagne  : 33 bis rempart du midi à Avize. Tél.  : 03 26 59 17 52.


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