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Portrait

Article publié le 31 octobre 2012

Thomas Legras, premier champenois chez les Compagnons du Devoir

Une formation itinérante aux métiers de la vigne

Il a 17 ans et a décroché en juin dernier son Bac pro « Conduite et gestion des exploitations agricoles-vignes et vins » à l’issue d’un cursus scolaire suivi au lycée de Beaune. Thomas Legras a fait sa rentrée chez les Compagnons du Devoir pour suivre une formation totalement inédite, ouverte à une dizaine de jeunes seulement, en France. Cap sur Nantes et le pays du muscadet en guise de première étape pour ce Champenois décidé à goûter à l’itinérance pour se forger une expérience enrichissante.

« En fait, cela tient un peu du hasard que je me sois engagé si vite chez les Compagnons du Devoir pour suivre la nouvelle formation aux métiers de la vigne qu’ils viennent de créer, ouverte en cette rentrée 2012, avoue Thomas Legras. Mon père avait un stagiaire sur l’exploitation familiale en provenance du lycée d’Avize. Il a été informé par cet établissement d’une réunion d’information proposée par les Compagnons du Devoir. J’y suis allé avec lui. Je ne connaissais rien de cette organisation, mais j’ai apprécié le discours sur les valeurs portées par l’association, l’amour et la reconnaissance du travail bien fait. J’ai noté l’enrichissement professionnel et personnel lié à la diversité des rencontres et des méthodes de travail offertes durant un tel parcours proposé à travers les vignobles de France. Cette présentation a été un révélateur pour moi et j’ai décidé de postuler. » La candidature de Thomas a été retenue. Il fait donc partie de la dizaine de jeunes ayant pour mission de recréer le lien entre vignerons et compagnons.

Historiquement, ce lien a existé. À l’occasion d’un colloque organisé à Troyes en octobre, avec la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière et le champagne Chassenay d’Arce, il en sera d’ailleurs question. « Thomas a envie de voyager et de progresser dans la voie qu’il a choisie, celle de la viticulture. Il a besoin de concret. C’est un garçon curieux, ouvert aux autres et rigoureux. Il ne nous a pas été difficile de cautionner son choix de rejoindre les Compagnons du Devoir pour effectuer ce tour de France », observe le papa, Vincent Legras, aux commandes du champagne Pierre Legras à Chouilly. Et si, au terme de cette formation, il décidait de rejoindre ses parents sur l’exploitation familiale, ce serait «   l’idéal », lâche Vincent Legras, persuadé que son fils est entre de bonnes mains. «  En attendant ses 18 ans, il sera en famille d’accueil. Ensuite, quand il sera majeur et plus mobile, il pourra être hébergé dans les maisons des Compagnons. Il y côtoiera d’autres jeunes engagés dans d’autres métiers », expose-t-il. Charpentiers, forgerons, plombiers, pâtissiers, tonneliers… la liste est longue.

Savoir-faire et savoir-être

« Comme dans un passé lointain, les vignerons reviennent parmi nous. Nous avons retenu une dizaine de villes pilotes pour démarrer cette formation. Cela va de Cognac à Dijon, en passant par Bordeaux, Épernay et Troyes… détaille Michaël Simier. En nous appuyant sur les établissements de formation viticole (lycées, CFA), nous avons pu organiser des réunions d’information afin de recruter des jeunes issus des grands vignobles régionaux, avant de mettre en place un système d’échanges entre ces vignobles. Au départ, c’était une demande de la profession viticole. Quand le sujet a été débattu au sein des plus hautes instances des Compagnons du Devoir, la décision d’ouvrir cette formation a été prise à l’unanimité. » Celui qui, depuis trois ans et jusqu’à début septembre, était le prévôt des Compagnons à Muizon, s’en félicite. Il estime que l’intérêt pour les jeunes est immense  : « Ils se forment en voyageant, ils acquièrent un savoir-faire et en même temps un savoir-être. Ils passent dans des entreprises de tailles très diverses, découvrent des techniques différentes. Et comme la formation s’effectue par le biais de l’alternance, ils sont rémunérés à hauteur du Smic, pour commencer. Au final, ils seront outillés pour devenir des cadres dans les entreprises et, avec leur bagage en gestion, pourront même devenir des chefs d’exploitation. » Quand cette formation sera bien rodée à l’échelle française, il est envisagé de faire sortir les jeunes des limites de l’Hexagone. « Nous avons des contacts à l’étranger. Nous pourrons les envoyer en Australie, au Chili ou ailleurs… », annonce Michaël Simier. De quoi susciter d’autres vocations auprès des jeunes de la région.

Stephen Bonnesoeur, directeur d’Avize Viti Campus, partenaire de la nouvelle formation

« Encourager ce multiculturalisme viticole ! »

« Les Compagnons du Devoir ouvrent une nouvelle voie intéressante, basée sur l’itinérance professionnelle, dans la grande tradition du compagnonnage. Nous souscrivons pleinement à cette initiative. Notre contribution est de les aider sur le volet formation viti-vini de ces nouveaux parcours. Il y a une réelle prise en compte de la spécificité du métier de vigneron. Ensemble, nous pouvons construire un programme de formation additionnel, avec par exemple des cours du soir ou du samedi, afin de permettre à ces jeunes, théoriquement déjà diplômés avec un CAP, un Bac pro ou un BTS, de parfaire leur formation en tenant compte de la spécificité de la région dans laquelle ils se trouvent durant quelques mois. Dans les phases d’alternance, nous pouvons également guider les jeunes vers des professionnels de la viticulture, aptes à les accueillir d’une manière qualitative. À travers la France d’abord, et à travers l’Europe et le monde, à terme. Concrètement, nous avons donc commencé par participer à la communication auprès de nos élèves sortants pour qu’ils découvrent ces nouveaux parcours et pour les motiver. Nous avons ensuite ouvert nos carnets d’adresses pour permettre aux Compagnons de nouer des contacts dans les autres régions de France où il est prévu d’accueillir des jeunes. Il faut encourager ce multiculturalisme viticole ! »



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