La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

17 décembre 2017 accueil Accueil >  Le dernier numéro  > Technique : interview croisée de Gérard Beurton et Daniel Quantinet
Pique-nique chez le vigneron indépendant • Arocu : "les notes florales et fruitées dans les vins de Champagne" • Jeunes talents du champagne : inscription avant le 30 mai • Concours européen des ambassadeurs du champagne : les inscriptions sont ouvertes ! • 30 mai : prêts pour la Champenoise ? • Centenaire 14-18 : concert à Ville-sur-Tourbe • Vert-Toulon : randonnée le 1er mai • Exposition : des éventails "esprit de champagne" • Concours d'Epernay des champagnes du vignoble : une nouvelle catégorie ! • L'AG du SGV : mardi 14 avril au Millésium
R�duire la taille du texte Agrandir la taille du texte Imprimer cette page

Le dernier numéro

Article publié le 15 mai 2009

Parution du mois

Technique : interview croisée de Gérard Beurton et Daniel Quantinet

Au Syndicat général des vignerons et à l’interprofession, deux commissions ont en charge la « technique ». L’essentiel de leur mission : adapter le vignoble champenois aux évolutions de la législation et définir les orientations à venir afin de répondre aux enjeux nouveaux. Deux viticulteurs sont à leurs têtes. Interviews croisées.

Gérard Beurton et Daniel Quantinet, quelles sont vos missions au sein de ces deux instances ?

Gérard Beurton : Actuellement, l’essentiel de notre travail consiste à adapter les réglementations européennes et/ou nationales aux spécificités de l’activité champenoise. Nous formulons des propositions qui sont, ensuite, soumises à l’administration. Elles interviennent dans tous les domaines : du vignoble à la mise en bouteille, en passant par l’œnologie, la gestion des sous-produits, le retraitement des eaux… Au-delà, cette commission joue le rôle de cellule de veille, de lieu de débat sur tous les sujets relatifs à la technique et qui sont au cœur des préoccupations des vignerons. Cela permet d’anticiper les dossiers sensibles à venir.

Daniel Quantinet : La commission interprofessionnelle a une vocation plus politique : elle définit, dans le domaine de la technique, les orientations à venir pour la Champagne. Pour les mettre en œuvre, ses membres travaillent avec les services techniques de l’interprofession. Il s’agit des équipes vignes, œnologie et environnement. Sur certains sujets, nous pouvons être amenés à donner des avis au président et au bureau exécutif de l’interprofession. Nous constituons également des groupes de travail affectés à certaines thématiques. Certains sont pérennes, d’autres sont mis en place ponctuellement en fonction des dossiers d’actualité. Nous avons ainsi en projet de créer un groupe dédié à la viticulture biologique.

Qui retrouve-t-on dans ces commissions ?

Gérard Beurton : La commission technique du Syndicat est ouverte à tous les administrateurs. S’y joignent ceux qui ont un intérêt pour les sujets qui y sont débattus : viticulture, œnologie et environnement. Aujourd’hui, elle se compose d’une vingtaine de viticulteurs. Notons que le président du SGV en est membre de droit.

Daniel Quantinet : Du fait de son caractère interprofessionnel, la commission technique du CIVC est constituée à parité de représentants du Syndicat général des vignerons et de l’Union des maisons de Champagne. Elle compte un peu plus d’une vingtaine de personnes.

Quels sont les liens qu’entretiennent ces groupes ?

Gérard Beurton : Nous préparons, en amont, les dossiers qui sont débattus au sein de la commission interprofessionnelle. De son côté, le négoce fait de même. C’est sur ces bases que s’orientent les discussions et que sont prises, en commun, les décisions.

Sur quoi portent actuellement vos travaux ?

Gérard Beurton : Entre la réforme des AOC, du contrôle et l’adaptation de notre vignoble aux dispositions du Grenelle de l’environnement, les dossiers ne manquent pas ! Ainsi, la commission technique syndicale a participé, et continue à le faire, à la rédaction du cahier des charges régissant les conditions de production de l’appellation. Nous avons par ailleurs œuvré à la limitation des intrants dans le vignoble. La Champagne a déjà réduit de 35 % en 10 ans l’utilisation des produits phytosanitaires. Pour y parvenir, nos commissions se sont penchées sur les moyens à déployer et, en particulier, sur l’évolution des pratiques culturales. C’est ainsi que le référentiel viticulture raisonnée a pu voir le jour. Il vient d’être réactualisé pour la troisième fois et, nouveauté, a été rebaptisé référentiel viticulture durable (voir page 24 de cette édition). Car il prend désormais en compte l’exploitation dans son environnement global.

Daniel Quantinet : Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire de mettre en place des programmes d’expérimentation. Pour cela, nos commissions s’appuient sur les techniciens du CIVC, des chambres d’agriculture et les distributeurs de produits phytosanitaires… Aujourd’hui, on mesure les progrès réalisés sur le terrain, le travail mécanique des sols revient en force, la proportion de parcelles enherbées est en augmentation… Ces essais se poursuivent : le vignoble vise, en effet, une réduction de 50 % des intrants à l’orée 2020.

Quel est l’impact des programmes en cours sur le vignoble ?

Daniel Quantinet : Bien sûr, il y a les statistiques… Mais, il convient de les analyser au-delà. Ces résultats jouent en faveur de l’image du vignoble et du champagne. Ainsi, la « technique » participe à la défense de l’AOC.

Gérard Beurton : C’est certain. À cet égard, la bonne marche de nos travaux repose sur notre capacité à les relayer auprès des 15 500 exploitants de la Champagne. La proximité avec le terrain est un facteur essentiel de réussite.

Quelles sont les grandes thématiques à venir ?

Daniel Quantinet : Le bouchage en fait partie. C’est aujourd’hui l’une des marges de progrès de l’itinéraire technique du champagne. Nous effectuons de nombreux tests sur des alternatives au liège. La maîtrise de la qualité de ce matériau est également à l’étude. Nous venons par ailleurs d’initier des programmes de recherche destinés à mieux comprendre les mécanismes de défense de la vigne. L’idée, à terme, serait de la « vacciner » contre certaines maladies. Nous avons testé des produits, mais leur efficacité s’est révélée insuffisante. Ces solutions verront le jour d’ici une dizaine d’années. D’ici là, notre mission consiste à accompagner la recherche sur ces sujets.

Des missions et une composition plurielles

La commission technique du Syndicat général des vignerons couvre les thématiques liées à la viticulture, à l’œnologie et à l’environnement. Dans un souci de défense des viticulteurs et de l’AOC Champagne, et de réponse aux grands enjeux auxquels le champagne doit faire face, elle poursuit différentes missions.

En voici quelques unes :

  • être une force de proposition vis-à-vis du bureau ou du conseil d’administration ;
  •  anticiper les évolutions de la réglementation ;
  • réfléchir à l’évolution des pratiques culturales ;
  • définir les moyens à mettre en œuvre pour aider les viti-culteurs dans l’évolution de leurs pratiques ;
  • statuer sur des questions ponctuelles ;
  • préparer les commissions techniques et œnologiques inter-professionnelles ;
  • être le relais du Syndicat vis-à-vis du CIVC ;
  • relayer l’information syndicale technique vers le vignoble.

Elle est ouverte à tous les administrateurs du Syndicat. Elle se compose également d’un représentant des différentes familles ou groupes professionnels du vignoble : fédération des caves coopératives, commission des viticultrices, groupe des jeunes vignerons, vignerons indépendants, présidents de section ainsi que d’une personnalité qualifiée.

Chantal Sarrazin

En images


  • Commisions techniques


Haut de page