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Le dernier numéro

Article publié le 8 avril 2008

Parution du mois

Sylvie Diart revisite la réglementation champenoise

Passer de l’étude du droit à la diffusion d’un ouvrage de synthèse, tel est le parcours atypique de Sylvie Diart. Elle raconte ici de quelle manière elle est parvenue à passer au crible la réglementation champenoise.

Lorsque Sylvie Diart rencontre celui qui deviendra son mari, elle a le sentiment d’être plongée dans un monde qui lui est encore inconnu et peuplé d’hommes­  ! De formation juridique, je me suis retrouvée sur l’exploitation à prendre en charge les papiers liés à la gestion administrative  ! Et c’est alors qu’elle réalise combien il peut être compliqué d’accéder à l’information réglementaire  ! À l’époque, et parce qu’elle assure des cours au CFPPA d’Avize, elle constate que de plus en plus de questions très concrètes concernant la réglementation sont posées par des professionnels. Au moment où j’ai décidé de proposer mon sujet de thèse, j’ai donc tout naturellement pensé que ce vide pouvait justement constituer l’objet de mes travaux de recherches  ! C’est ainsi que la réglementation vitivinicole champenoise va s’imposer comme une évidence.

Selon Sylvie Diart, la réglementation champenoise se distingue par l’accumulation de strates. Elle explique  : Ainsi, la Champagne s’est imposée certaines pratiques avant que celles-ci ne soient rendues obligatoires par le biais de textes nationaux ou locaux. L’exemple des gadoues en est une démonstration mais aussi plus récemment les mesures du plan Eau. Le viticulteur se trouve donc en présence de différentes obligations issues de règles ayant diverses origines, avec au premier niveau les pratiques locales et les décisions régionales, puis au deuxième niveau les textes nationaux englobant notamment ceux relatifs aux AOC et, enfin, tout en haut de l’échelle réglementaire le niveau communautaire. Voilà comment se compose la réglementation que les Champenois doivent appliquer et l’objet de mon travail a été guidé par la volonté de clarifier les choses  : en effet, cette superposition de textes n’en facilite pas la compréhension. L’œuvre de Sylvie Diart n’est pas mince  : mettre tout à plat pour parvenir à présenter une réponse face à chaque question réglementaire.

Si la partie viticole a été relativement simple à aborder, en revanche, celle liée à l’œnologie fut beaucoup plus laborieuse  : il m’a fallu déjà tout comprendre notamment l’usage des produits œnologiques utilisés dans l’élaboration des vins hors Champagne.

Intérêt scientifique

La compréhension d’un sujet est d’autant plus nécessaire que la rédaction d’une thèse répond à certaines conditions notamment à des référencements d’information très codifiées  : tout doit être vérifié  ! Je me suis lancée dans la rédaction en 2001 pour une soutenance en 2007.

Le 16 janvier 2007, date de ma soutenance, était un jour très important pour moi  : c’était l’aboutissement de plusieurs mois de travail. Non seulement j’ai obtenu la meilleure mention qu’il soit mais en plus d’approuver ma thèse, le jury m’a demandé de la publier  ! En effet, les spécialistes qui ont jugé son travail estiment qu’il présente un réel intérêt scientifique  ! Quelle ne fut pas ma surprise  ! se souvient Sylvie Diart. Une fois l’éditeur trouvé, il était nécessaire d’opérer un important travail de synthèse  : l’éditeur voulait 300 pages maximum, ma thèse en comptait 1 100  ! Des choix sont nécessaires, se concrétisant par des « coupes sombres »  : j’ai décidé de ne garder que la seconde partie qui concerne directement les professionnels, viticulteurs et juristes. Au total, il m’a fallu 6 mois pour compiler les informations et parvenir à 300 pages  ! Ce fut quand même laborieux  : je me souviens qu’après une première révision, il restait encore 600 pages… J’ai donc dû réécrire certaines parties, couper des paragraphes… L’ouvrage est édité aux éditions L’Harmattan en octobre dernier. Aujourd’hui, quand on lui demande ce que cette expérience lui a apporté, Sylvie Diart explique  : Je dispose désormais d’une vision d’ensemble de la Champagne, des AOC et des vins de qualité européens. Ces années de travail m’ont permis de voir beaucoup plus clair bien entendu sur le sujet de la réglementation vitivinicole. Mais cela m’a ouvert d’autres portes, beaucoup plus inattendues. Ainsi, courant no­vembre, j’ai reçu un coup de fil de l’Université de Reims qui m’a proposé d’intégrer un projet de recherches inter­dis­ci­pli­naires autour de produits gas­tro­no­miques locaux porteurs de plus-value. Chapeautée par un professeur d’économie, cet atelier appelé « Biens de goût » intègre des juristes, des économistes et des historiens… Le Conseil régional devrait apporter son soutien à ce projet qui englobe évidemment le champagne comme produit de terroir.

Au final, l’élaboration de ma thèse m’a permise de voir combien le sujet est complexe. Je ne l’avais pas perçu à ce point compliqué avant d’effectuer ce travail de défrichage  ! Ce fut aussi l’occasion de découvrir d’autres régions et de mieux comprendre le contexte général de la réglementation champenoise. La réforme de l’OCM est à ce titre particulièrement intéressante à suivre.

Nathalie Costa

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