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Portrait

Article publié le 7 mai 2014

Riccardo Ricci Curbastro : « Nous avons bousculé les acteurs présents sur la scène européenne  »

Riccardo Ricci Curbastro préside la Fédération européenne des vins d’origine (Efow) depuis sa création en 2010 et est le président de la Federdoc, l’équivalent italien de la Cnaoc. Il revient sur les premières années d’Efow et les prochains combats de la fédération.

La Champagne Viticole  : Quand et pourquoi la fédération européenne Efow a-t-elle été créée ?

Riccardo Ricci Curbastro : Le 24 mars dernier, nous avons fêté les quatre ans d’existence de notre fédération. Nous existons depuis peu et pourtant nous sommes devenus rapidement un acteur central sur les questions viticoles et la défense des IG. Notre fédération a vu le jour pour deux raisons majeures. Tout d’abord, la réforme de l’OCM vin de 2008 a mis en exergue le fait qu’il n’existait pas d’acteur bruxellois qui puisse défendre légitimement les intérêts de la viticulture de qualité. Ce vide a créé une réforme ultra libérale qui a failli nous coûter très cher, notamment sur la libéralisation des droits de plantation. Ensuite, la victoire sur la question du vin rosé, autre corrélat de la réforme de 2008, nous a convaincu qu’il était temps de nous structurer afin de développer une réelle action de lobbying pour une meilleure protection et promotion des vins d’origine auprès des institutions européennes. Ainsi, Efow existe car nos vins de qualité ont besoin d’une représentativité d’envergure européenne pour se faire entendre à Bruxelles.

CV : Quelles actions d’envergures ont été menées depuis la création d’Efow  ?

RRC : Nous avons véritablement « bousculé » les acteurs présents sur la scène européenne. Une de nos priorités, dès le lancement d’Efow, était de remettre en question la libéralisation des droits de plantation. Inutile de rappeler que, sous notre impulsion, les Etats membres et le Parlement européen se sont saisis de la question. Le reste fait partie de l’histoire  : colloque européen en présence de 350 élus politiques et professionnels avec huit ministres de l’agriculture, le Groupe à Haut Niveau, la forte mobilisation des parlementaires et des régions européennes.

Cependant, il ne faut pas non plus oublier notre rôle sur des dossiers strictement IG. Grâce à notre expertise et à la crédibilité que nous avons gagnée, nous avons pu nous battre sur des questions telles que l’inclusion des IG dans les accords commerciaux, tirer la sonnette d’alarme sur le rapport d’étape de la Commission de décembre 2012 qui plaidait pour une nouvelle réforme du secteur ou encore, mobiliser le Parlement contre l’octroi de nos mentions traditionnelles aux pays tiers.

Enfin, j’aimerais tout particulièrement valoriser notre travail sur les « . wine » et « . vin ». Ce dossier emblématique montre bien qu’Efow a sa raison d’être. Nous voilà sur le devant de la scène internationale pour protéger nos IG et nos traditions sur Internet. C’est très certainement un dossier qui dépasse les seuls intérêts de la viticulture mais qui démontre à nouveau que sans Efow, nombre de questions ne trouveraient pas leur place à Bruxelles.

CV : La réforme du système de régulation des plantations n’est pas terminée. Quelles sont les prochaines étapes ?

RRC : Beaucoup d’entre nous ont crié victoire lors de l’adoption de la PAC, l’été dernier. Cependant, le diable se cache dans les détails et dans notre cas, au sein de l’acte délégué qui définit les règles d’application du nouveau régime d’autorisation des plantations. Il aura fallu trois ans pour se mettre d’accord sur la PAC, par contre, il nous reste un peu plus d’un mois pour fixer les contours de cet acte. En effet, le groupe d’experts des Etats membres et l’observateur du Parlement se réuniront encore grand maximum deux fois avec la Commission européenne pour débattre de la question. La Commission poursuivra ensuite sa procédure interne et publiera, dans un second temps, l’acte délégué.
Efow doit rester prescriptrice. Nous devons créer du consensus autour de notre proposition et aider les Etats membres producteurs de vin à travailler ensemble. C’est d’autant plus fondamental que lorsque l’acte délégué sera publié, le Parlement et les Etats membres ne pourront plus l’amender mais seulement le rejeter.

CV : Quelles sont les priorités de la fédération pour l’avenir ?

RRC : Nous avons devant nous un nombre important de défis. Pour n’en citer seulement quelques-uns  : aboutir sur le dossier « . wine » et « . vin », obtenir une meilleure protection de nos IG dans le cadre de l’accord UE-Etats-Unis et des futurs accords bilatéraux, régler les nombreuses questions relatives aux barrières douanières et tarifaires, inclure le vin en tant que produit éligible dans la future politique de promotion européenne des produits agricoles. Notre challenge sera avant tout de rester une organisation souple qui choisit ses batailles. En effet, le lobbying européen dans les années qui suivent reposera de plus en plus sur des associations spécialisées et moins sur des structures généralistes.



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