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Le dernier numéro

Article publié le 27 décembre 2010

Parution du mois

Repères économiques

Dans un monde où tout à chacun parle d’économie sans vraiment en connaître les rudiments, La Champagne Viticole ouvre ce mois-ci une nouvelle rubrique qui lui est consacrée. De parution trimestrielle, ces « Repères économiques » ont vocation à vous donner des explications, des éclaircissements sur l’actualité économique internationale mais aussi des définitions de termes ou de principes économiques les plus courants. Notre objectif est d’aider nos lecteurs à se repérer dans leur environnement, comprendre permet bien souvent de prendre du recul.

Si l’économie internationale repart à la hausse, et si de nombreux pays voient leur taux de croissance atteindre 5 à 10 %, l’heure est plutôt à la réduction des dettes dans de nombreux pays développés. En Europe, les plans de rigueur se multiplient et annoncent de sérieux ralentissements dans une croissance à peine retrouvée et toujours fragile. Du côté des États-Unis, la situation n’est pas beaucoup plus enviable. La question de l’endettement revient sur le devant de la scène, dans un contexte de politique nationale instable.
Ces situations de restriction auront nécessairement un impact sur la filière champagne mais pas forcément dans le sens de ce que nous pourrions attendre. Pour comprendre, revenons sur l’exemple du Royaume-Uni, premier marché export du champagne avec un peu plus de 30 millions de bouteilles en 2009. Les classes sociales les plus fragiles vont sans aucun doute souffrir des coupes budgétaires drastiques annoncées par l’actuel ministre, David Cameron. Face à cette situation, un ralentissement de la consommation de champagne dans les mois à venir au Royaume-Uni est prévisible. Celui-ci serait principalement dû à l’impact psychologique des réformes annoncées, laissant les consommateurs se reporter vers l’épargne pour un certain temps. Toutefois, ce ralentissement ne pourrait être que temporaire, le pouvoir d’achat des travailleurs anglais, et en particulier des classes moyennes à aisées, ne devant pas être fortement impacté. Ce scénario peut être confirmé en s’intéressant à l’évolution du marché britannique durant la gouvernance de Margaret Thatcher de 1979 à 1984. Considérée comme l’une des périodes économiques les plus rigoureuses au Royaume-Uni, les volumes de champagne expédiés connurent malgré tout une forte croissance dès 1983. Le même constat peut être fait vis-à-vis de la situation américaine si l’on se réfère aux années de présidence de Ronald Reagan, de 1981 à 1989. Les expéditions de champagne atteignirent des niveaux sans précédent alors même que le pouvoir d’achat des salariés subissait une baisse significative.

Des Français pessimistes

Côté français, la situation est sensiblement différente. Même si le dernier projet de loi de finances annonce un plan de rigueur, celui-ci s’avère moins brutal que ceux adoptés par nos voisins. Cela s’explique principalement par la différence des déficits à recouvrir. Ainsi, le Royaume-Uni vient de présenter un plan de rigueur drastique en réponse à son déficit budgétaire qui avoisine les 12 % de son PIB tandis que celui de la France devrait être légèrement inférieur à 7,5 %. Pourtant, dans un contexte de morosité, le plan mené par le Gouvernement Fillon pourrait avoir des conséquences plus négatives. Que les raisons soient fondées ou non, les Français considèrent leur situation comme de plus en plus dégradée, ce qui pourrait prolonger la faible reprise des expéditions en volume mais aussi en valeur. Cela étant, ces difficultés devraient être limitées par le retour des exportations allégeant du coup la pression concurrentielle.

Quesaco :
la politique de rigueur

La politique de rigueur fait partie des différentes politiques économiques qu’un gouvernement peut adopter. Son objectif est de lutter contre l’inflation et d’atteindre l’équilibre budgétaire et commercial. Ses deux principaux instruments sont les politiques budgétaires d’une part, les politiques monétaires, d’autre part.
Les politiques budgétaires visent les dépenses publiques et la fiscalité tandis que la politique monétaire consiste à contrôler la quantité de monnaie et les taux d’intérêts.
Initialement, les politiques de rigueur sont apparues afin d’éviter la surchauffe des économies. Au cours de la période de prospérité de 1952 à 1969, elles étaient utilisées pour contrer les impacts négatifs des politiques de relance, à savoir l’inflation et les différents déficits. L’utilisation de relances et de rigueurs était alors appelées « politiques de Stop and Go », couramment utilisées en Angleterre.
Aujourd’hui, les politiques de la zone Euro sont influencées par l’absolue nécessité de contrôler la stabilité de la monnaie unique, ce qui revient à contrôler l’inflation et les déficits publics. La politique monétaire est entièrement déterminée par la Banque centrale européenne, les politiques budgétaires étant laissées à la charge des Etats. C’est pourquoi les politiques de rigueur annoncées se concentrent sur l’augmentation de la fiscalité (augmentation des impôts sur le revenu, diminution des crédits d’impôts, augmentation de la TVA, etc.) et la réduction des dépenses publiques (réduction du nombre de fonctionnaires, des aides publiques, des dépenses d’éducation, des dépenses de santé, etc.).

Quoi de neuf :
du soda dans le vin

Dans le contexte morose que les pays développés connaissent aujourd’hui, la Chine apparaît comme un eldorado pour tous les acteurs économiques, y compris ceux du monde du vin. Le marché du vin y est en pleine expansion, nos rêves les plus fous semblent pouvoir s’y réaliser. Mais voilà, les consommateurs chinois de vin n’ont pas tout à fait la même conception du vin que les Occidentaux. Par exemple, dans les grandes villes, nombre de jeunes mélangent les vins rouges avec une limonade. Ce mode de consommation, appelé « confident », a débuté il y plus de 10 ans à Pékin.

Ce comportement reflète le décalage entre l’offre proposée par les vins occidentaux et les goûts chinois et soulève, par la même occasion, la question de l’avenir de la consommation du champagne en Chine. Aujourd’hui, certains parlent de pénurie de l’offre face aux millions de bouteilles potentielles en Chine. N’oublions pas que notre produit, blanc, sec et effervescent, reste très éloigné des goûts actuels des Chinois. La conquête de ce marché sera longue et coûteuse mais, admettons-le, sera indispensable pour notre avenir.

En bref

Une nouvelle Présidente au Brésil
Dilma Rousseff vient d’être élue présidente du Brésil. Les politiques de soutien menées depuis 2003 ne devraient pas changer mais il est question de limiter l’inflation et les dépenses publiques ce qui devrait restreindre leurs impacts. Restera à voir les conséquences pour les ventes de champagne.

Export facilité vers la Russie  ?
L’Union européenne et la Fédération de Russie se sont mises d’accord sur un nouveau partenariat pour la modernisation. Il est question de mettre en commun certaines normes techniques et des réformes économiques. Ces objectifs pourraient faciliter les exportations de champagne vers la Russie.

G20 et monnaies
Après l’échec du sommet de Séoul, il est peu probable que l’arrivée de la France à sa présidence entraîne une stabilisation monétaire pourtant salutaire pour les échanges mondiaux et donc pour les exportations du champagne.


Informations compl�mentaires :

David Ménival est professeur d’économie à la Reims Management School. Longtemps professeur associé à la Chaire en Management du Champagne, il est aujourd’hui membre du Reims Research Centre for Wine, Place and Value et conseillé spécialisé dans l’économie champenoise.

David Ménival

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