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Le dernier numéro

Article publié le 9 mars 2011

Parution du mois

Repères économiques

La presse est unanime, nous sommes entrés dans la guerre des monnaies  ! Le yuan est sous-évalué, l’euro est en danger, le dollar n’est pas fiable. Du point de vue champenois, cela nous semble lointain et, après tout, hors de notre zone d’influence. Pourtant, nous ne pouvons ignorer les débats sur les taux de changes, tant l’évolution de l’euro influence notre industrie.

Depuis que le monde de la monnaie est concerné par des taux de change flottants, ces derniers sont devenus essentiels pour notre industrie. Ils jouent un rôle direct sur les évolutions des prix du champagne en dehors de la zone euro mais aussi un rôle indirect sur les ventes à l’intérieur de la zone euro. Cette évolution peut être à la hausse ou à la baisse mais reste une mécanique non contrôlable par les Champenois. L’impact direct provient du taux de change entre l’euro et les autres monnaies. Ainsi, la montée du dollar par rapport à l’euro entraîne une baisse du prix auprès des consommateurs américains, tandis que sa dévaluation entraîne une montée du prix auprès des mêmes consommateurs. L’impact indirect se comprend par rapport à la réaction des acteurs expédiant en dehors de la zone euro. En période de forte dévaluation des monnaies étrangères par rapport à l’euro, les consommateurs vivent l’augmentation des prix sans justification valable. Les acteurs champenois peuvent alors être dans l’obligation de réduire leur prix à la sortie de la zone euro afin de limiter les augmentations mécaniques, ce qui signifie une baisse des marges dégagées. Cette baisse peut être compensée soit par une augmentation des prix dans la zone euro, soit par une augmentation des volumes vendus dans cette même zone, soit enfin par ces deux actions cumulées.

Face à un tel enjeu, il semble nécessaire de s’intéresser aux récents rapports entre l’euro et les monnaies étrangères importantes pour le monde du champagne : le dollar américain, la livre sterling et le yen.

Bien qu’il se soit renforcé en 2010, le dollar reste assez faible. D’un côté, la reprise économique américaine n’est pas aussi forte qu’espérée. D’un autre côté, les États-Unis connaissent également des problèmes de déficit budgétaire, celui-ci s’élevant à 10 % du PIB en 2010. Cette situation laisse planer des doutes quant à la capacité américaine à garantir la valeur du dollar dans les mois à venir.

Du côté de la livre sterling, la réévaluation du début d’année devrait se maintenir jusqu’aux premiers résultats du plan de rigueur instauré. En cas de premiers succès, elle pourrait s’affirmer par rapport à l’euro.

Enfin, bien que souffrant d’un déficit budgétaire de plus de 10 % en 2010, le Japon bénéficie d’une certaine confiance internationale. D’un côté, le changement de gouvernement annonce des profondes réformes devant permettre de réduire ce déficit. D’un autre côté, la balance commerciale nippone reste excédentaire et devrait davantage bénéficier de la forte dynamique asiatique dans les mois à venir. Ces différents éléments expliquent la réévaluation du yen par rapport à notre monnaie depuis avril.

À ces évolutions, il est nécessaire de préciser que la dévaluation de l’euro, suite aux difficultés qu’il rencontre, n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour notre industrie. Elle entraînera certainement une baisse de la pression des taux de changes sur les marges mais également une inflation générale au sein de l’Europe, face à l’augmentation des prix des matières premières qui sont essentiellement échangées en dollar américain. Finalement, quelle que soit l’évolution de l’euro, notre seul rayon d’action est de positionner notre produit pour que son prix ne soit pas la seule raison de son achat.

QUESACO

Le régime des taux de change flottants

On peut distinguer deux grands régimes de taux de change  : les taux de change fixes et les taux de change flottants. Le taux de change fixe est un régime dans lequel il existe une parité officielle de la monnaie nationale (un taux de change officiel) par rapport à d’autres monnaies, avec parfois une marge de fluctuation autour de cette parité. Le taux de change flottant est un régime où il n’existe pas de parité officielle. Les monnaies fluctuent librement au gré des rapports offre/demande. Dans un tel cadre, les monnaies peuvent s’apprécier ou se déprécier les unes par rapport aux autres. Après avoir vécu de longues périodes de taux de change fixes, nous sommes rentrés dans un système de taux de change flottant impur depuis la chute du système de Bretton Woods, en 1971. Bien qu’officiellement complètement libre de mouvement, certaines monnaies sont encore liées à des références monétaires comme le dollar américain, le yen et l’euro. Ce système ambigu est lui-même lié au dollar américain qui reste jusqu’à aujourd’hui la monnaie référence. Cependant, ce rôle est remis en cause face à la montée de nouvelles puissances. Le problème est qu’aucune autre monnaie n’est assez forte pour le remplacer. La situation actuelle de l’euro reste incertaine, l’économie japonaise n’a toujours pas retrouvé sa puissance passée et la valeur du yuan reste accrochée à un panier de monnaie constitué du dollar, de l’euro, du yen et du won (Corée du Nord), ce qui exclut tout rôle de référence internationale pour le moment. Ce contexte d’incertitude amène nombre de médias à parler de guerre des monnaies. En effet, aucun accord n’a pu être défini sur un nouveau système monétaire international, malgré les différents sommets du G20. Cet accord sera pourtant indispensable pour garantir le bon déroulement des échanges internationaux dans les années à venir.

Quoi de neuf à l’étranger

NOS AMIS LES BRESILIENS

Alors que les médias sont particulièrement focalisés sur l’Asie, nombre d’indicateurs nous amènent à parler du Brésil. Ce pays s’étend sur un territoire de 8,5 millions de km2 et compte une population de près de 190 millions d’habitants. Malgré la crise économique de 2008, il connaît une croissance de l’ordre de 7,5 % et devrait devenir la cinquième puissance mondiale d’ici à 5 ans. Cette croissance se reflète sur le marché du vin. Bien que les bières et spiritueux, prédominent encore largement, le marché du vin a crû de 3 % entre 2005 et 2009, aussi bien en valeur qu’en volume. Cette évolution s’explique par le développement d’une classe moyenne et par la curiosité de celle-ci envers les vins étrangers. Au sein de cette évolution, le champagne ne représente que 6 % de la valeur dégagée par les vins effervescents, ce qui laisse supposer l’existence d’une forte concurrence. Cependant, contrairement à d’autres marchés émergents comme la Chine, notre produit bénéficie déjà d’une image forte, étant considéré comme le vin des grandes occasions. Cette position est particulièrement intéressante pour développer nos ventes dans ce pays, sous conditions de maintenir cette image d’exception.

EN BREF

Un nouveau pic des prix des matières premières

La FAO* vient d’annoncer une nouvelle montée historique des prix des matières premières et alimentaires. Conséquences de la spéculation, des mauvaises conditions climatiques et des instabilités au Moyen-Orient, ces augmentations devraient entraîner une inflation mondiale et de nombreuses difficultés dans les pays les plus pauvres. Cela pourrait ralentir la remontée des prix du champagne, en euros constants. * Organisation des Nations Unions pour l’alimentation et l’agriculture

La Chine, nouvelle banque du monde

Après s’être longtemps cantonnée au dollar américain, la Chine diversifie ses réserves de change en achetant de la dette européenne. Ainsi, après avoir aidé la Grèce et le Portugal, elle a récemment déclaré vouloir aider l’Espagne. Cette prise de décision signale un changement dans la politique monétaire chinoise, cette dernière se présentant de plus en plus comme un agent monétaire incontournable.

La reprise américaine enfin au rendez-vous ?

La hausse de la consommation américaine se maintient depuis la fin 2010, ce qui a permis aux États-Unis de retrouver leur niveau économique d’avant crise. Face à ces bons résultats, la banque fédérale américaine se montre enfin optimiste en prévoyant une croissance pour 2011 de l’ordre de 3 à 4 %. Si ces prévisions se confirment, nous pourrions enfin connaître une situation d’après crise, ce qui ne peut qu’être bon pour l’économie du champagne.


Informations compl�mentaires :

David Ménival est professeur d’économie à la Reims Management School. Longtemps professeur associé à la Chaire en Management du Champagne, il est aujourd’hui membre du Reims Research Centre for Wine, Place and Value et conseillé spécialisé dans l’économie champenoise.

David Ménival

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