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Le dernier numéro

Article publié le 15 mai 2013

Parution du mois

Rencontres nationales des vignerons indépendants à Épernay

Le thème de l’export a été largement développé lors des deux journées des Rencontres nationales des vignerons indépendants de France organisées à Épernay, au Millésium. L’authenticité et la mutualisation des moyens ont été mises en avant pour renforcer les parts de marché à l’étranger de cette famille de producteurs solidaires et passionnés.

Le tout c’est d’y croire. Telle est la formule à retenir des Rencontres nationales des vignerons indépendants organisées les 11 et 12 avril au Millesium, à Epernay. Que de richesse et d’authenticité exprimées dans les témoignages des vignerons et des experts venus participer à ce congrès.

Chaque année, les Rencontres se déroulent autour d’un thème stratégique cher au cœur des vignerons indépendants : 2013 fut celui de l’export. « Nous sommes déjà nombreux à commercialiser nos vins dans les pays lointains puisque les marchés dits matures sont saturés », explique Michel Loriot, président de la Fédération des vignerons indépendants de Champagne. « Nous avons des atouts. L’authenticité, des noms, des savoir-faire. Il faut les mettre en avant », ajoute-t-il. Facile à dire. Pas toujours facile à faire. Michel Loriot en convient. « La conquête de marchés à l’exportation est chronophage. Il faut être organisé. Nous avons besoin de mutualiser nos moyens », reconnaît-il.
Michel Issaly, président national des Vignerons indépendants de France acquiesce. « Nous sommes considérés comme des petits et on nous prête facilement des faiblesses. Or, de multiples expériences montrent que nous pouvons gagner, avec nos atouts, des parts de marché à l’étranger. » En Amérique du Sud, en Chine, au Québec, en Afrique noire. « Tous les témoignages vont dans ce sens même s’il y a toujours une part de risques d’impayés », reconnaît-il.
Pour Michel Issaly, les vignerons indépendants disposent de plusieurs outils. Le partage, la mutualisation, et la convivialité qui est un facteur de développement non négligeable dans un métier compliqué. « Il faut savoir écouter les autres », dit-il.

Entretenir des contacts

Fabrice Durou, héritier du Château de Gaudou, en Cahors, est un bon exemple. A 35 ans, il exporte 70 % de sa production et s’est tissé un réseau dans de multiples pays. « On m’héberge, on m’invite à déjeuner, on me considère comme un ami, surtout au Québec », confesse-t-il. Son métier c’est sa passion. Il aime voyager, prendre l’avion tout en gardant un œil sur la viticulture et la vinification.
« L’export demande du temps. Il manque toujours un document. Il faut envoyer des mails, attendre une confirmation. Mais, à long terme, c’est payant », dit-il.

Helene Hovasse, chef du pôle Agrotec-Ubifrance, en Chine, confirme. « Le marché des vins continue à croître et il y a encore beaucoup de choses à faire. Mais il faut privilégier le contact direct et l’authenticité. Les atouts des vignerons indépendants sont de pouvoir raconter une histoire, de mettre en avant leurs distinctions lors des concours, d’entretenir des contacts. »

Igor Michalski, conseiller export Agrotech-Ubrifrance en Pologne, a rappelé que ce pays était très ouvert à la consommation de vins, en particulier à Varsovie. « 500 cavistes ont ouvert leurs portes ces cinq dernières années dans le pays et les Polonais apprennent à devenir des gastronomes. Il y a de plus en plus de salons du vin. Le principal obstacle pour les vins français est la concurrence de la bière et de la vodka qui sont commercialisées à un prix bas. Mais les Polonais souhaitent que la Vieille Europe revienne en force dans leur pays. » Et selon lui, « il existe un réel engouement pour les vins d’auteur. »
Des pistes méritent d’être explorées. Tous les participants de ces rencontres en conviennent. « Il ne faut pas rater le Brésil. Il faut aussi s’occuper de l’Amérique du Nord qui n’est qu’à sept heures d’avion », lance un vigneron.

Choc de simplification…

Jean-Jacques Jarjanette, directeur général des vignerons indépendants de France, estime « qu’il faut, en France, développer la carte de l’œnotourisme et de la simplification administrative à l’export. »
Le développement passe aussi par une transparence accrue avec les importateurs, la création de nouveaux salons à l’international et « une volonté de surfer sur les attentes d’authenticité des consommateurs. »
Comme Fabrice Durou (Cahors), Maxime Blin, viticulteur à Trigny, dans la Marne, a expliqué comment il avait réussi à conquérir des marchés à l’exportation, rappelant au passage que les deux tiers des vignerons indépendants travaillent déjà à l’export.
« Il faut mettre en avant ce qui figure sur nos étiquettes. En particulier notre nom », explique Michel Loriot.

Les vignerons indépendants représentent une force avec leurs 6 000 adhérents et leurs 30 fédérations en France. « Il faut optimiser les dégustations à l’export », conseille Sébastien Andrieux, chef du service Vins et spiritueux d’Ubifrance (voir interview p. 26-27 de la Champagne Viticole de mai).

Des rencontres durant lesquelles la réflexion et l’analyse ont laissé la place à la convivialité et à la fête. Lors de visites chez des vignerons champenois, lors de circuits-découvertes et lors de la soirée au Millesium, animée par un orchestre qui a fait monter la fièvre le jeudi soir. « Il était important de combiner débats et moments de détente », confirme Michel Loriot.
Les équipes des Vignerons indépendants de France et celle de la fédération Champagne se sont totalement investies dans la réussite de cet événement. « Il n’y a pas beaucoup de soleil chez vous mais vous savez recevoir », a lancé un vigneron du Vaucluse.

EN BREF

Une section jeunes créée

Matthieu Rozel (photo), 26 ans, vigneron indépendant dans la Drôme, a été élu le 12 avril à Épernay, président de la nouvelle section jeunes (moins de 40 ans). Deux vice-présidents l’accompagnent  : Anne Dubois de Montreynaud (Hérault) et Thomas Collonge (Vallée du Rhône). La section est composée de 28 membres nommés par leurs fédérations départementales respectives.

295 viticulteurs en Champagne

295 vignerons champenois sont adhérents à la Fédération régionale des vignerons indépendants de Champagne. Du travail de la vigne à la commercialisation, en passant par l’élevage et la vinification, le vigneron indépendant marque chaque étape de sa signature en engageant perpétuellement sa responsabilité. Il signe cet engagement avec le logo «  Vigneron Indépendant  » et respecte la charte qui l’accompagne.
En 2012, les vignerons indépendants comptaient parmi les récoltants qui ont commercialisé 67,7 millions de bouteilles de champagne sur un total de 308,8 millions de bouteilles expédiées.

Jean Batilliet

En images


  • Jean-Jacques Jarjanette, directeur général des vignerons indépendants de France.


  • Le public lors des interventions dans l’amphithéâtre, au Millesium.


  • Matthieu Rozel, président de la nouvelle section jeunes.


  • Michel Loriot accueille les futurs organisateurs des prochaines rencontres nationales.


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