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Portrait

Article publié le 23 janvier 2013

Georges Rognon, directeur de la coopérative de Colombé-le-Sec

« L’humain est au cœur de notre stratégie »

En juillet, il a quitté le Pays catalan et les vins du Roussillon pour venir prendre la direction de la coopérative vinicole de Colombé-le-Sec. Georges Rognon évoque avec nous ses motivations, sa découverte de la Champagne viticole et ses projets.

Champagne Viticole : Pourquoi avoir quitté le soleil du Pays catalan pour être venu dans notre vignoble septentrional ?

Georges Rognon : J’ai dirigé pendant 20 ans une coopérative du Roussillon, qui compte une trentaine d’adhérents et qui s’appuie sur 200 ha d’apports permettant de produire environ 10 000 hl de vins. Malgré les recherches de performances et les efforts qualitatifs, avec par exemple un rendement en appellation de 4 500 kg/ha, des grilles de rémunération à la qualité pour des raisins payés en moyenne 60 cts/kg et des prix variant du simple au double en fonction du niveau qualitatif, cette région est durement touchée par les arrachages. Œnologue de formation, j’avais aussi envie de découvrir un autre vignoble.

CV : Vos quelques mois déjà passés en Champagne ont-ils confirmé vos idées ? Avez-vous été surpris par son organisation ?

GR : Effectivement, j’ai découvert un encadrement technique relativement rigide et très élevé. La Champagne a mis en œuvre des règles très codifiées et précises jusqu’à la vinification  : elles ont sans doute fortement contribué à sa progression dans son ensemble et à sa réussite. Cela diffère avec la région d’où je viens, où c’était en grande partie la coopérative qui imposait des exigences qualitatives et qui rémunérait ensuite les apports en fonction de critères qualitatifs. Ici, c’est principalement l’appellation qui donne le cap. Ensuite, il peut y avoir des cahiers des charges pour des cuvées spéciales. Un point aussi m’a surpris, mais cette fois-ci concernant la coopération champenoise  : il s’agit de la possibilité de reprise par les adhérents, ce qui n’existe pas dans le Roussillon. Celle-ci concerne 60 % de la surface en apport à la coopérative de Colombé-le-Sec.

CV : Comment se sont passés vos premiers pas à la direction de la coopérative ?

GR : J’ai apprécié son niveau d’équipement très poussé  : la qualité et les performances de l’outil avec ses quatre pressoirs de 12 000 kg et sa cuverie totalement thermorégulée de 11 800  hl. Mes premières visites dans les coteaux entre juillet et les vendanges, m’ont permis de voir des vignes bien conduites, qui mettent en valeur la technicité des vignerons. J’ai pu constater le savoir-faire et les compétences de l’équipe. J’ai remarqué que la diversité de la situation des parcelles, avec nos 120 ha s’étalant sur une petite dizaine de communes, offre de belles pistes de valorisation. J’ai eu peu de temps pour rencontrer les adhérents mais j’ai pu échanger avec des vignerons chaleureux et conscients des défis que nous devons relever. Évidemment, la vendange a été marquée par des rendements plutôt faibles  : nous affichons une moyenne de 8 700 kg/ha, mais elle a permis de collecter des raisins d’une très bonne qualité qui nous permettent d’envisager de belles cuvées.

CV : Quels sont vos projets ?

GR : Le conseil d’administration m’a fixé quatre missions prioritaires : fédérer à nouveau les adhérents et renforcer les liens, les remobiliser autour de la coopérative, développer la marque Charles Clément et réorganiser la coopérative pour prendre en compte la diminution de surface. Cela suppose en premier lieu la rencontre de chacun des 70 adhérents. Je mène ce chantier avec le nouveau président de la coopérative, Éric Mehlinger, qui place ce volet humain au cœur de notre stratégie. Notre défi est la stabilisation de l’effectif de nos adhérents et le maintien de notre surface. Dans ce sens, Éric Mehlinger fait aussi le tour de l’ensemble des adhérents afin d’aboutir à des propositions, un programme d’actions et une offre de services. Nous sommes donc en phase d’écoute, de recueil d’idées, de propositions, concernant ce qu’ils apprécient, les points qu’ils aimeraient que l’on améliore, l’avenir de leur relation avec la coopérative, les projets qu’ils aimeraient que la coopérative lance, etc. Peut-être que les repreneurs de bouteilles et commercialisant celles-ci, pourraient être accompagnés par la coopérative  : certains nous ont dit par exemple qu’ils éprouvaient des difficultés à revoir leurs tarifs.
De même, notre gamme, s’appuyant sur sept cuvées, est peut-être un peu trop élevée au regard de la taille de la coopérative, face à la difficulté de les gérer et puis face à des clients un peu perdus. Quant à la diversité de nos vignes, je crois qu’il serait envisageable de repérer des parcelles pour pouvoir développer la valorisation de certaines typicités.
Concernant les adhérents, nous avons déjà prévu des moments de rencontres pour développer une relation plus suivie. Nous disposons de beaux atouts : des installations remarquables, des savoir-faire qui nous permettent d’être régulièrement primés, une dynamique dans le cadre d’un grand groupe coopératif qui s’appuie sur une stratégie créatrice de valeur ajoutée. À nous de les valoriser encore mieux en visant la satisfaction des attentes de nos adhérents.



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