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Le dernier numéro

Article publié le 13 novembre 2009

Régulation ? Nous avons entendu les promesses

L’absence de régulation des marchés financiers a provoqué une crise financière internationale d’une très grande gravité. La dérégulation des marchés agricoles est aujourd’hui la cause d’une crise agricole de grande ampleur. L’ultra-libéralisme a clairement montré ses limites et, le 16 octobre dernier, dans toutes les régions de France, les agriculteurs manifestaient pour exprimer leur désarroi. Parmi leurs revendications : la remise en place de dispositifs de régulation des filières.

De son côté, notre vignoble champenois n’a jamais voulu céder au chant des sirènes de la dérégulation. Depuis la fin des années 1990, dans un contexte international, européen et national qui vantait le libéralisme et la dérégulation comme seuls facteurs de progrès, la Champagne se débat tous les jours pour tenter de préserver son organisation spécifique et ses dispositifs de régulation. Dans un monde qui prônait le laisser faire, notre combat pour la régulation des marchés n’était pas toujours compris.

Il y a quelques jours, le Président de la République a parlé aux agriculteurs. Il a dit :

—  que la crise révèle un défaut de régulation européenn et mondial auquel il est urgent de répondre ;

—  et qu’elle révèle des défaillances réelles dans la répartition de la valeur au sein des filières agricoles.

Ayant fait ce constat, le Président propose, pour sortir l’agriculture du marasme, les axes d’action suivants :

—  Une régulation rénovée de l’agriculture et de l’agro-alimentaire dans le domaine des marchés de matières premières agricoles.

—  Un financement accru des outils d’assurance contre les risques climatiques et économiques.

—  Une meilleure organisation économique des filières qui passe, notamment, par la contractualisation dans le cadre de contrats équilibrés entre les producteurs et les industriels, et un renforcement du rôle des interprofessions.

Autant de dispositifs qui existent déjà en Champagne :

—  Nous avons une interprofession très performante qui prend, sous contrôle de l’Etat, des décisions d’organisation des marchés.

—  Au sein de cette interprofession, nous avons inventé un dispositif d’assurance contre les risques climatiques qui n’existe nulle part ailleurs et qui ne coûte rien à l’Etat : le blocage et la réserve individuelle.

—  Nous avons mis en place une politique de contractualisation entre vignoble et négoce, encadrée et contrôlée par l’interprofession pour éviter les déséquilibres.

—  Et, sur notre terroir, le champagne crée de la valeur, valeur partagée entre les producteurs de raisins et les maisons de Champagne, dont deux milliards d’euros rien que pour l’export entrent dans la balance du commerce extérieur de la France.

Le vignoble champenois est un laboratoire de la régulation bien pensée pour le plus grand profit de toute une région et de la France aussi.

J’espère de tout cœur que les hauts fonctionnaires qui vont travailler sur le projet de loi de modernisation agricole sauront regarder notre organisation comme un exemple à méditer et à préserver et non comme un village gaulois qui doit s’intégrer dans des dispositifs réglementaires transversaux.

J’espère aussi que cette prise de conscience des méfaits du libéralisme et cette adhésion affirmée aux bonnes vieilles valeurs de la régulation iront jusqu’au bout de leur logique et que la France se battra, au sein de l’Europe, pour pérenniser à tout prix la régulation des plantations.

Les viticulteurs champenois sont comme les autres agriculteurs de France : ils ont entendu les promesses et attendent les actes.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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