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Le dernier numéro

Article publié le 13 octobre 2009

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« Nous avons anticipé le Grenelle de l’environnement »

Le vignoble champenois a réalisé l’analyse environnementale de la filière au début des années 2000. Depuis, une série d’actions ont été engagées en faveur du développement durable faisant de la Champagne l’une des pionnières de la mise en œuvre de cette démarche. Entretien avec Arnaud Descôtes, responsable environnement au CIVC.

Le Grenelle de l’environnement, de quoi s’agit-il  ?

Il s’agit d’un projet décidé par les pouvoirs publics qui place le développement durable au cœur des priorités de la société française. Parmi les enjeux principaux, on trouve le défi du changement climatique, la préservation de la biodiversité et la prévention des effets de la pollution sur la santé. Plusieurs groupes de travail ont été constitués pour, en bout de course, livrer une vingtaine de mesures concrètes. L’un de ces groupes concernait l’adoption de modes de production et de consommation durable dans le secteur de l’agriculture notamment.

Comment le vignoble champenois a-t-il pris la balle au bond  ?

Le respect de l’environnement constitue une préoccupation ancienne en Champagne. Nous avons donc sur un certain nom-bre de points devancé les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement. Ainsi, l’analyse environnementale de la filière Champagne a été réalisée au début des années 2000. Rappelons qu’elle a mis en évidence quatre enjeux majeurs  : la maîtrise des nuisances et des risques liés notamment à l’utilisation d’in-trants, la préservation et la mise en valeur des terroirs, de la biodiversité et des paysages, la gestion responsable de l’eau, des effluents, des sous-produits et des déchets, et enfin le défi énergétique et climatique.

Sur quels aspects la Champagne a-t-elle le plus avancé  ?

Elle s’est notamment montrée en avance sur le sujet de la réduction des intrants. Pour y parvenir, de nombreux outils d’aide à la décision ont été mis au point par les professionnels pour venir en aide aux viticulteurs. Une trentaine de conseillers viticoles parcourent chaque semaine le vignoble, animent des réunions communales, mettent en place des opérations de démonstration et des sites pilotes, bref, conseillent et accompagnent les vignerons dans cette démarche. Grâce à ces moyens, la Champagne a réduit de 35 % les quantités de produits phytosanitaires appliquées depuis une dizaine d’années. Cette baisse concerne surtout les produits les plus dangereux, et ceux dont le risque d’être retrouvé à l’état de traces dans l’environnement est le plus important. Aujourd’hui, la moitié des quantités de produits employées dans le vignoble sont autorisées en agriculture biologique. La Champagne fait même partie des régions leader en Europe pour le développement de la technique de la confusion sexuelle qui permet de s’affranchir des traitements insecticides  : 7 000 hectares sont protégés par cette méthode, c’est-à-dire plus de 20 % des surfaces.

Le vignoble se fixe-t-il de nouveaux objectifs dans ce domaine ?

L’idée est d’amplifier les efforts et de relever le challenge fixé par le Grenelle de l’environnement, à savoir réduire de 50 % l’utilisation des produits phytosanitaires d’ici 2018. Les professionnels sou-haitent également réduire la voilure sur les intrants azotés et poursuivre le développement déjà amorcé de la viticulture biologique.

La Champagne a également été précurseur des préoccupations énergétiques et climatiques ?

La réduction de 75 % des émissions de gaz à effet de serre est inscrite dans la loi française depuis 2005. Ce point vient d’être intégré dans la loi de programme Grenelle 1 et il vient de faire débat lors du récent G8. Dès 2003, le CIVC a réalisé le bilan carbone de toute la filière. Dans la foulée, les professionnels ont lancé le plan « climat » dans un objectif de solidarité avec les générations futures. Plus d’une quarantaine d’actions sont en cours, d’autres programmées pour le futur. Là aussi, nous nous sommes fixés des objectifs  : réduire les émissions de la Champagne de 25 % entre 2003 et 2020 et atteindre le facteur 4 (75 % de réduction) au plus tard en 2050.

Qu’en est-il des autres enjeux  ?

Les efforts se poursuivent dans le domaine de la gestion de l’eau et des effluents. Concernant ce point, les investissements relatifs aux systèmes d’épuration se sont considérablement accélérés au cours des dernières années. Leur montant dépasse les 40 millions d’euros. Ce faisant, plus de 90 % des effluents et sous-produits liquides sont aujourd’hui traités ou valorisés. Nous visons les 100 % en 2012. Le vignoble a également travaillé sur la gestion des déchets industriels. Aujourd’hui, ils font à 75 % l’objet d’un tri sélectif et d’une valorisation. L’objectif est de parvenir à 100 % le plus rapidement possible.

Et la préservation des terroirs et des paysages ?

Là aussi, nous avons anticipé puisque nous avons lancé le plan Biodiv en 2005. Il a notamment permis de recenser la biodiversité floristique du vignoble et d’identifier les espèces végétales présentant un intérêt. L’interprofession cherche désormais à favoriser l’implantation de haies arbustives sur les coteaux. Plusieurs sites pilotes existent… Et il y a bien sûr la candidature des Paysages du Champagne pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Bref, les efforts se poursuivent. Produire dans le respect de l’environnement est un devoir pour une AOC de grande notoriété comme la Champagne.

Chantal Sarrazin

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