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Le dernier numéro

Article publié le 19 mars 2007

Parution du mois

"Nous allons interpeller les candidats à l’élection présidentielle"

Élue à la présidence de Vin et Société le 31 janvier dernier, Marie-Christine Tarby veut s’attacher à démontrer que la filière viticole est à la fois « citoyenne et conquérante ». Entretien.

Champagne Viticole : Vous venez de prendre la présidence de Vin et Société, rappelez-nous quelles sont les missions de cette association  ?

Marie-Christine Tarby : Précisions tout d’abord que « Vin et Société » regroupe l’ensemble des organisations professionnelles du monde viticole1. Elle a pour mission essentielle la défense de la place du vin dans la société, ce qui est une mission importante, compte tenu du nombre important de détracteurs du vin aujourd’hui. Dans ce cadre, je crois qu’il nous appartient de démontrer que notre filière est à la fois citoyenne et conquérante.

C.V. : Qu’entendez-vous par là ?

M.C. Tarby : Depuis sa création, Vin et Société prône la modération lorsqu’il s’agit d’évoquer la consommation de vin. C’est un message que nous voulons relayer à l’ensemble de la filière. Les consommateurs doivent avoir à l’esprit certains repères pour apprécier notre produit sans arrière-pensée. À ce niveau, nous pouvons nous appuyer sur les normes établies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à savoir trois verres de vin par jour pour les hommes et deux verres pour les femmes, avec un jour d’abstinence par semaine. Nous voulons également tenir la filière informée de l’ensemble des actions que nous conduisons.

C.V. : En termes d’action, quelles sont aujourd’hui vos priorités ?

M.C. Tarby : Nous allons profiter de l’actuelle campagne électorale à la présidentielle pour interpeller les différents candidats. Nous allons leur adresser un questionnaire afin de connaître leur position à l’égard de la viticulture. Nous voulons savoir quel intérêt ils lui accordent et de quelle manière ils envisagent la promotion de cette filière, en particulier à l’étranger. Ce document devrait leur être adressé dans une quinzaine de jours. Nous essaierons également de les rencontrer.

C.V. : Nicolas Sarkozy a récemment déclaré à la presse qu’il « ne buvait pas une goutte d’alcool », que vous inspirent ces propos ?

M.C. Tarby : Cela relève d’une position personnelle, mais celle-ci ne doit pas interférer sur sa perception générale et objective de la filière.

C.V. : Y-a-t-il d’autres actions en cours ?

M.C. Tarby : Nous prévoyons de nommer un comité de délégués régionaux. Ils seraient chargés de faire descendre notre message, mais également de faire remonter les expériences conduites à l’échelon régional telles que « l’Univers du Goût », « l’Aventure d’un grain de raisin », « Je consomme Jurassien, je consomme citoyen »… Bref toutes les initiatives qui montrent l’engagement d’une filière citoyenne et responsable.

C.V. : Votre mission s’arrête-t-elle aux frontières de l’Hexagone ?

M.C. Tarby : Absolument pas. Nous avons récemment participé à la rédaction d’un plan européen sur le vin qui fixe les engagements de la filière européenne du vin pour une consommation responsable. Il prévoit la création d’un conseil d’information sur le vin chargé de centraliser la documentation scientifique relative au vin et à la santé. Cette base de données serait mise à disposition des instances européennes. Ce plan milite aussi en faveur du développement d’une éducation à la culture du vin et à la modération. Ce volet pourrait donner lieu à la création d’un site Internet. Il est urgent de proposer des idées innovantes dans ce domaine si nous voulons éviter une pluie de messages sanitaires dans l’ensemble des pays européens. Nous souhaitons adapter le contenu de ce plan au niveau national. Dans la foulée, nous envisageons aussi la mise en place d’un comité d’experts scientifiques qui validerait nos messages.

C.V. : Vaste programme ! Quels sont vos moyens pour parvenir à sa mise en oeuvre ?

M.C. Tarby : Les différentes composantes de Vin et Société ont accepté d’élargir le budget de fonctionnement de l’association. Il va être porté à 100 000 euros par an ce qui va notamment nous permettre de recruter un permanent à temps plein. Jusqu’à présent, nous disposions d’un budget annuel de 42 000 euros ce qui était très limité, au regard des sommes dont disposent certaines associations comme l’Anpa2. Les interprofessions mettront par ailleurs à disposition des fonds complémentaires pour financer des actions spécifiques : relations presse, édition de documents…

C.V. : Quel bilan tirez-vous des actions conduites par Vin et Société depuis sa création ?

M.C. Tarby : Notre travail a notamment permis le récent amendement de la loi Évin sur les qualités organoleptiques et les signes distinctifs du vin. Grâce à ce dernier, deux procès ont pu être gagnés l’un par une marque de Champagne, l’autre par l’interprofession des vins de Bordeaux. Nous avons par ailleurs obtenu la mise en place du Conseil de la Modération dont la première réunion s’est tenue en décembre dernier, après bien des déboires. Si l’Anpa refuse toujours d’y siéger, d’autres associations y sont présentes. Nous allons nous atteler à travailler ensemble pour participer à un échange constructif. Enfin, dans le cadre des États généraux sur l’alcool, nous avons fourni l’argumentaire qui a servi de trame à la tenue des débats dans les différentes régions. Partout où ils se sont tenus, le vin n’a pas été pris pour cible. Nous avons su éviter une chasse médiatique. Dans sa synthèse, le ministre de la Santé a parfaitement retranscrit cet état de fait. Nos prises de position sur la modération et la place du vin dans la société ont porté leur fruit. Mieux, nous avons réussi à nouer le dialogue avec le ministère de la Santé qui, je pense, voit dans notre association un interlocuteur de référence.

Propos recueillis par Delphine Blanc

Lien : Vin et Société sur le web

Delphine Blanc

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