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Le dernier numéro

Article publié le 11 juin 2009

Parution du mois

Le laboratoire d’œnologie et de chimie appliquée de l’Université de Reims

Le laboratoire d’œnologie et de chimie appliquée de l’université de Reims que pilote Philippe Jeandet contribue de manière efficace à la connaissance du champagne et à l’amélioration des ses processus d’élaboration. En une dizaine d’années, outre sa présence au sein de la filière, il a acquis une renommée internationale que confirment ses publications. Une situation qui prend une dimension particulière en période de réformes de l’université.

Après d’autres catégories socio professionnelles, les enseignants chercheurs sont depuis plusieurs mois la cible des plus hautes autorités de l’État. « Les chercheurs français cherchent mais ne trouvent pas », « les chercheurs ne produisent pas et ne sont pas évalués », ont été parmi les jugements à l’emporte pièce qui ont d’abord semé le trouble, puis la révolte dans l’ensemble de la communauté scientifique française, toutes disciplines confondues. Ce débat ne pouvait épargner le laboratoire d’œnologie de l’Université de Reims et son patron, Philippe Jeandet.

Comme nombre de ses collègues, cette équipe ne veut pas être engluée dans des généralisations abusives et entend le faire savoir. « D’une manière générale, il est faux de dire que la recherche en France est à la traîne. Elle est classée parmi les cinq premières au monde. Quant au laboratoire d’œnologie, lorsque je suis arrivé il y 12 ans, j’ai déclaré que je voulais en faire un pôle d’excellence. Je n’ai cessé avec mon équipe d’œuvrer en ce sens. Je considère en effet que la vraie responsabilité veut que l’on recherche le meilleur, même si c’est extrêmement difficile. Cela est encore plus vrai dans le domaine scientifique où l’aléatoire occupe une place importante ». Si Philippe Jeandet concède que, comme dans d’autres milieux, y compris le milieu politique, il existe des éléments qui se contentent d’assurer le service minimum, et qui justifient certaines réformes dans les dispositifs de contrôle, il considère que les résultats du laboratoire « ne le placent pas dans la catégorie des canards boiteux ». Et de prouver, qu’il s’agisse de recherche ou d’enseignement, que ce laboratoire est performant et parfaitement en prise avec la réalité.

De véritables débouchés

« Nos thématiques de recherche ne sont pas arbitraires ou purement spéculatives. Elles sont directement au service d’une meilleure connaissance du champagne, donc de son amélioration ou encore de la sauvegarde de ses typicités. Les résultats n’aboutissent pas à une impasse mais à de véritables débouchés », insiste Philippe Jeandet. Ces thématiques portent à la fois sur l’œnologie et sur la vigne, comme en témoignent, entre autres, les programmes de recherche sur les gommes de cellulose menés de concert avec les services techniques du CIVC.

Le laboratoire n’est pas non plus replié dans sa tour d’ivoire mais travaille en réseau avec d’autres unités. Les services techniques du CIVC, déjà cités, sont au nombre des partenaires, mais ils ne sont pas les seuls. « Le laboratoire d’œnologie fait partie de l’Unité de recherche vignes et vins de champagne – stress et environnement et qui regroupe cinq laboratoires et 70 personnes. Nous sommes aussi en coopération avec les laboratoires des maisons de champagne, d’autres universités françaises et étrangères en Allemagne, aux États-Unis, au Brésil, notamment. Actuellement, nous sommes en cours d’expertise par l’INRA afin d’envisager si nous pouvons être rattachés à ce grand institut ».

Même réalisme et efficacité en ce qui concerne l’enseignement. Le laboratoire assure l’enseignement du diplôme national d’œnologue (DNO), participe à celui du master « agro-ressources et environnement » pour la spécialité Wine and Champagne, et à celui de la licence 3e année de « biochimie biologie terre et environnement ». À quoi on peut ajouter un diplôme de master à l’université de Potenza en Italie, la formation continue des chefs de cave et des œnologues, et la chaire UNESCO « culture et tradition du vin » à l’université de Bourgogne. « On pense à notre rôle de chercheur, mais on oublie souvent notre travail d’enseignant, qui implique du temps, de la préparation. D’autant que nous voulons que les enseignements que nous délivrons se traduisent par des débouchés professionnels pour ceux qui les suivent. C’est notamment le cas pour le DNO et le master. Nous préférons avoir des promotions limitées à une vingtaine d’étudiants afin de préserver une certaine qualité d’enseignement et d’assurer des débouchés à ceux qui en sont titulaires. Cela ne nous intéresse pas de préparer des chômeurs ».

Pour toutes ses activités, le laboratoire a acquis une reconnaissance internationale. Le meilleur indice en la matière est le nombre de publications acceptées dans les grandes revues scientifiques internationales. « Depuis 1997, souligne Philippe Jeandet, nous avons obtenu 202 publications qui ont été complétées par la publication ou la participation à 7 ouvrages, 146 communications à des congrès ou à des symposiums. Le niveau d’exigence scientifique des revues internationales requiert toujours plus d’investissement coûteux en temps et en moyens, ce qui rend la performance d’une structure relativement petite telle que la nôtre assez remarquable ». Dernier événement en date : la revue anglaise Chemical Society Review a consacré sa couverture et un article de 20 pages aux recherches du laboratoire intitulé « Recent advances in the science of champagne bubbles » : une consécration évidente.

Reconnaissance champenoise

Mais ce qui comble également Philippe Jeandet, c’est la reconnaissance même des professionnels du champagne, au travers des citations, des récompenses et distinctions, et du soutien effectif. En matière de soutien, l’AROCU, qui collecte des fonds pour les reverser au laboratoire d’œnologie, est une sorte de thermomètre. « L’augmentation constante des adhésions et du montant des subventions reversées au laboratoire confirme, si besoin était, le sérieux du travail qui s’y accomplit ».
Fort de tous ces acquis, Philippe Jeandet ne craint pas la remise en question des systèmes d’évaluation  : « Dans ma carrière, à différentes occasions, j’ai été évalué douze fois. Alors, personnellement, je suis serein ! Quant au laboratoire, il en va de même. Mes collaborateurs et moi-même sommes disposés à subir toutes les évaluations, qu’elles soient d’ordre universitaire, administratif, ou encore industriel… » !

L’AROCU, soutien fidèle

Au titre de l’exercice 2008, l’association recherche œnologique champagne et université (AROCU) a reversé 31 000 euros au laboratoire d’œnologie de l’université de Reims.

En activité depuis une vingtaine d’années, l’ association n’a cessé d’améliorer sa collecte et d’augmenter ses dotations. Pour Philippe Jeandet, la contribution de l’association est toujours la bienvenue : « elle apporte des moyens supplémentaires appréciables au laboratoire d’œnologie. Non seulement en termes d’équipements, mais aussi directement au niveau du travail des chercheurs. En effet, grâce à elle, nous avons pu financer un contrat post-doctorant sur le sujet « étude du protéome du vin de champagne - application de la protéomique à l’étude de la réponse de la vigne à un stress . Une convention a d’ailleurs été signée avec l’AROCU ».

Pour Jean-Claude Colson, président fondateur de l’association, il est essentiel de soutenir la recherche et la recherche fondamentale en particulier : « la recherche revêt un caractère stra-tégique qui dépasse de loin le court terme. En période de crise, il est essentiel de ne pas relâcher l’effort sur la recherche car les autres continuent à progresser. Il faut songer à l’après-crise et à le préparer ». L’AROCU va donc continuer sa mission sans faiblir.

Les travaux de recherche du laboratoire d’œnologie

Protéines et mousse, étude physico-chimique de la mousse et caractérisation des protéines du raisin et du vin, physique des bulles, et phytoalexines et défense de la vigne. Autant de sujets de recherche du laboratoire d’œnologie.

Par ailleurs, le laboratoire est impliqué dans plusieurs projets : programme Stabivin (étude de l’inhibition de la précipitation des sels tartriques dans les vins de Champagne par l’utilisation des carboxyméthylcelluloses : approches cognitive et appliquées), avec le CIVC, les universités de Bourgogne et de Strasbourg ; programme sur les éliciteurs de défense chez la vigne ; étude des maladies du bois (Esca, approche protéomique) ; appel à projet européen « Grapewine Proteomics » ; projet sur le « gerbage industriel », en collaboration avec l’université de Bordeaux  ; et appel à projet européen « Grape Aromas ».

Ces quatre derniers projets sont développés ou prévus en partenariat avec le laboratoire Stress, défense et reproduction des plantes.

En outre, le laboratoire est porteur de projet du contrat d’objectif VINEAL 2 dans le cadre du contrat de Projet État – Région.

James Blaques

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