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Le dernier numéro

Article publié le 13 août 2009

Parution du mois

Le SGV mobilise les banques et la MSA

Le Syndicat général des vignerons ne reste pas les bras croisés face à la crise et a rencontré ses partenaires traditionnels pour tenter d’anticiper au maximum les difficultés à venir. Avec la MSA, le Crédit Agricole et les pouvoirs publics, le SGV compte faire des propositions concrètes à la rentrée.

En 2009, la crise frappe l’économie mondiale. Tous les secteurs d’activité sont touchés et la Champagne ne fait pas exception à la règle. En outre, l’absence de visibilité sur la reprise des économies, en particulier dans les pays développés, rend difficile l’élaboration de scénarii totalement crédibles.

Pour autant, l’anticipation des difficultés est une clé essentielle pour traverser cette période difficile du mieux possible. De ce point de vue, la Champagne dispose de nombreux atouts, notamment sa réussite économique. Celle-ci traduit un engouement pour le produit champagne auquel tous continuent de croire, même s’il y a un cap difficile à passer.

En outre, depuis 2007, la Champagne s’est dotée, avec la réserve individuelle, d’un dispositif d’accompagnement qualitatif de premier ordre, qui permet à notre région de faire face à ces moments de doute avec la certitude de pouvoir offrir à nos consommateurs, des produits d’une qualité sans faille.

Au niveau des exploitations viticoles, la réussite de ces dernières années a également permis de renforcer leur situation financière des exploitations ou de développer des investissements. Pour autant, le contexte actuel, d’une violence imprévisible, va toucher, à des degrés divers, toutes les exploitations.

C’est pourquoi le SGV s’est mobilisé pour prévenir ces difficultés. «  Sur les premiers mois de 2009, les expéditions du vignoble restent bien orientées et les vignerons ne ressentent pas nécessairement la crise, indique Patrick Le Brun. Pourtant, celle-ci affecte déjà la Champagne et nous ne pouvons pas penser que nous, vignerons, nous ne la subirons pas, vraisemblablement dès la fin 2009 et surtout en 2010. C’est maintenant qu’il nous faut imaginer des dispositifs d’accompagnement, dans un souci de proposer des traitements préventifs plutôt que curatifs  ».

Dès à présent, de nombreux échanges ont été engagés avec tant la mutualité sociale agricole que les banques, notamment le crédit agricole, pour imaginer un catalogue de mesures d’accompagnement.

Le dossier de l’année N relancé

Pour Hervé Lepelletier, de l’AG2C, «  la première démarche d’anticipation est sans aucun doute de se rapprocher de son conseiller de gestion pour réaliser une sorte de crash test, c’est-à-dire une simulation de trésorerie pour tester la capacité de résistance d’une exploitation. Sur cette base, il est possible de voir les incidences des cotisations sociales ou des remboursements d’emprunts. Le cas échéant, on pourra ainsi se rapprocher de ces institutions pour examiner les possibilités d’accompagnement  ».

La MSA est également à pied d’œuvre. «  Nous avons reçu un très bon accueil des trois caisses de MSA pour aborder cette période difficile d’une manière concertée et homogène sur l’ensemble des départements de la Champagne. C’est, je crois, quelque chose d’assez nouveau, dont je me félicite  », indique le président Le Brun. Différents travaux sont d’ores et déjà en cours pour préparer l’accompagnement des exploitations en ciblant les entreprises fragiles et avec le souci de préserver l’emploi au vignoble. Parallèlement, le dossier de l’année N se trouve également relancé. Le même engagement existe côté Crédit agricole. Les deux caisses – Nord-Est et Champagne Bourgogne – ont répondu ensemble à la sollicitation du SGV pour développer une approche commune sur ce dossier, même s’il demeure évident, que les dossiers ne pourront être traités qu’au cas par cas, de manière adaptée à la situation de chaque exploitation.

Enfin, Patrick Le Brun a évoqué ces questions avec le Préfet de Région, Gérard Moisselin, y compris celles relatives à l’étalement de l’impôt. A cet égard, une rencontre avec le représentant de l’administration fiscale a également eu lieu. Reste aujourd’hui un préalable important pour entrer de plain-pied dans le travail technique  : connaître le rendement disponible à la vendange, qui conditionne la trésorerie des exploitations et donc, les mesures d’accompagnement à prendre.

Crédit agricole : Un devoir d’accompagnement de la filière

Le Crédit Agricole accompagne le développement économique de la filière champagne depuis plus d’un siècle dans les bons comme dans les mauvais jours.
Si les crises sont différentes, les effets sur la filière semblent être les mêmes  : changement de comportement du consommateur, baisse de la consommation, ventes de détresse et destruction de la valeur, forte augmentation du besoin en fonds de roulement et en trésorerie dus au surstockage…
Selon les prévisions des deux caisses régionales de Crédit Agricole et en fonction des décisions interprofessionnelles qui seront prises, le besoin d’accompagnement financier des acteurs de la filière est supérieur à 1 milliard d’euros dont 300 à 500 millions d’euros pour le vignoble.
Fidèle à sa réputation, le Crédit Agricole a décidé d’accompagner à hauteur de sa part de marché, les vignerons et les coopératives dans la gestion de cette crise. Ce devoir de conseil et d’accompagnement se fera dans le respect et la prise en compte de l’analyse du risque bancaire et économique de chaque exploitation.

Indispensable anticipation

A ce jour, beaucoup de vignerons ne ressentent pas nécessairement la crise. Pourtant, dès l’annonce des décisions interprofessionnelles, le Crédit Agricole invite les viticulteurs à faire établir par leurs conseils (comptables, experts comptables, conseillers en gestion…), une prévision de trésorerie sur plusieurs exercices afin d’évaluer leurs propres besoins. En effet, c’est par le manque de trésorerie que les premières difficultés vont apparaître.
Les anticipations actuelles amènent les responsables des caisses régionales à penser que l’EBE (excédent brut d’exploitation) moyen des vendeurs au kilo risque de diminuer d’environ 50 %. Quant aux RM et RC, le phénomène est amplifié par le risque de diminution des ventes à venir et l’augmentation des stocks qui en découlent. Ceci n’est pas sans conséquence sur la gestion des exploitations et sur le disponible affecté aux prélèvements privés après le paiement des impôts et des annuités d’emprunt.
A ce stade, trois pistes sont d’ores et déjà envisagées : accompagner les jeunes qui viennent de s’installer ; financer le besoin de trésorerie en tenant compte du niveau d’appellation retenu ; traiter la dette existante par un financement spécifique des échéances de l’exercice 2010.

Dans les mois qui viennent, 50 % des exploitations pourraient connaître des difficultés plus ou moins sérieuses. Pour la circonstance, ce ne sont pas moins de 150 collaborateurs des deux caisses régionales qui seront formés pour accompagner spécifiquement les entreprises et assurer un suivi personnalisé des exploitations.
Anticiper, gérer, agir dans la transparence, sont les mots clés de cette période. C’est tous ensemble que nous vivrons ce moment de crise, c’est tous ensemble que nous souhaitons en sortir.
••• Crédit Agricole du Nord Est, Thierry Aubertin, directeur général, Daniel Vatel, directeur de la filière champagne. Crédit Agricole Champagne Bourgogne, Yves Joly, vice-président, Olivier Gavalda, directeur général.

MSA : cibler les outils d’aides existant

La MSA, dans le cadre de sa mission générale de service public qu’est la protection sociale, joue aussi un rôle d’accompagnement des filières agricoles en situation de fragilité, en synergie avec les établissements bancaires.
Dans un paysage économique parcouru par les ondes de choc de la crise, et par des changements de repères, en particulier dans l’agriculture (PAC, lait, légumes, FCO…) la recherche des priorités pour l’accompagnement des entreprises agricoles et l’attribution de mesures d’aide éventuellement décidées par les pouvoirs publics est le point fondamental.

Une action harmonisée entre les trois départements

A ce titre, les MSA des départements de l’Aube, de l’Aisne et de la Marne ont participé au groupe de travail avec le SGV représentées par leurs présidents et directeurs généraux.
Il est en effet essentiel d’anticiper, de mobiliser, mais aussi d’objectiver les phénomènes économiques pouvant affaiblir la filière «  Champagne  » et les représentants de la profession sont les mieux placés pour apporter leurs éléments et aussi pour aider à déterminer les critères techniques qui permettront de cibler et d’ajuster les outils d’aide dont dispose la MSA aux besoins les plus immédiats. La volonté des trois MSA d’œuvrer avec le Syndicat général des vignerons se prolonge dans une démarche d’harmonisation des procédures entre les trois départements.
Dès septembre, une information sera faite sur les voies d’accès aux informations et de signalement des difficultés.
Chaque dossier fera l’objet d’une étude individuelle et d’une réponse adaptée en fonction des éléments économiques et financiers fournis.
Il reste que le soutien principal de la protection sociale à l’économie réside dans la redistribution des ressources par le canal des prestations. Ce rôle d’amortisseur de crise et de soutien à la consommation doit être rappelé et préservé.
Ensemble il est possible, chacun dans son registre, avec la compréhension des contraintes respectives de mieux surmonter les difficultés, avec le souhait qu’elles soient de courte durée et que les récoltes prochaines soient à la hauteur des espérances.
••• MSA Marne Ardennes Meuse, Sud Champagne et Picardie

Nicolas Ozanam

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