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Portrait

Article publié le 26 décembre 2013

La révolution réussie de Sophie Ducceschi

Révolution ou plutôt reconversion réussie pour cette maman de… quatre enfants : les trois qu’elle a eus avec son mari, Olivier, plus la vigne qu’elle a héritée de ses aïeux. Elle veille sur chacun d’eux avec amour et une énergie débordante depuis qu’elle a stoppé sa carrière dans les services vétérinaires.

Vendémiaire, dans le calendrier républicain c’est le mois des vendanges. L’An XIII correspond à l’année 1804 de notre calendrier grégorien. C’est en cette année-là que naquit, à Meurville, le premier fils des ancêtres de Sophie Ducceschi venus tout droit de Hongrie pour s’installer dans la superbe vallée du Landion. Quand cette dynamique vigneronne auboise a cherché un nom pour signer les premières cuvées qu’elle allait élaborer, elle s’est tournée vers ses racines. Sa marque remonte aux sources d’une histoire familiale en Champagne. Vendémiaire An XIII a ouvert une nouvelle ère dans la vie de cette femme de 45 ans, revenue prendre la suite de ses parents, Claude et Marie-Claire, sur l’exploitation, le 1er janvier 2006.
« Quand nous sommes nées, ma sœur et moi, dans les années 1970, nos parents ne nous voyaient pas prendre leur relais. Ils nous ont inculqué les valeurs du travail, mais aussi poussées à faire des études. Ma sœur est devenue institutrice et moi, j’ai décroché un BTS production animale à la Bergerie nationale de Rambouillet. Cela m’a ouvert les portes des services vétérinaires. J’y ai occupé diverses fonctions, en abattoir, dans la restauration collective et en santé animale. Quand nous avons traversé les grandes crises liées aux maladies du bétail, j’ai été amenée à accompagner des éleveurs dans des situations très douloureuses. La charge émotionnelle était forte et l’obligation de réserve assez difficile à vivre pour moi », explique Sophie, désireuse alors d’exercer un métier où elle pourrait « s’exprimer pleinement ». Ce métier, c’était tout simplement celui de ses parents : la viticulture. « En 2005, alors que j’attendais mon troisième enfant, j’ai monté mon dossier d’installation JA [1] et effectué les stages nécessaires. J’étais avide d’apprendre et je me suis immergée dans la réglementation champenoise. En même temps, j’ai un peu travaillé ma masse musculaire car travailler à longueur d’année sur 4,20 ha de vignes, c’est assez physique », sourit-elle.

« Tendre vers le meilleur »

D’emblée, Sophie Ducceschi a opté pour la viticulture raisonnée, bousculant quelques pratiques tout en s’appuyant sur les savoir-faire acquis par la maison, notamment dans le labour. « Nous avons fait réaliser des analyses de sols. Elles nous ont montré qu’ils étaient riches en minéraux et nous avons opté pour des engrais organiques à base de fumier de mouton, par exemple. Nous avons commencé l’enherbement un rang sur deux avec un couvert en pâturin, lequel se tond bien », détaille celle qui veut « tendre vers le meilleur sans prendre de risques inconsidérés, tant économiquement que physiquement. Il faut garder la santé ! » Pour les labours, elle pourrait faire équipe à l’avenir avec Mazarine, sa fille de 16 ans, étudiante en filière scientifique et agro, et par ailleurs passionnée de chevaux. « Elle s’est vue offrir, fin 2011, un poulain boulonnais de six mois. Une fois le dressage de Bacchus terminé et familiarisé avec l’environnement du vignoble, il devrait entrer en action dans nos parcelles courant 2014 », annonce Sophie. Cette maman espère aussi un jour faire équipe avec Mazarine pour l’élaboration des champagnes de la maison si d’aventure celle-ci décide de se former à l’œnologie. « Avec le pressoir et les installations dont nous disposons, nous pouvons monter en gamme. Notre moteur, c’est la recherche de l’excellence », assure Sophie en bichonnant aujourd’hui son tout premier champagne rosé, baptisé Rose et Lys. Il viendra compléter les cuvées blancs de noir (100 % pinot noir) et prestige (50 % pinot noir, 35 % chardonnay et 15 % pinot meunier) qui régalent déjà les amateurs.

IMPLIQUÉE AU SGV Dès 2008, soit deux ans après son installation, Sophie Ducceschi devenait la présidente de section du SGV à Meurville, village comptant une soixantaine de déclarants. « Je joue un rôle d’intermédiaire entre les décisions prises au SGV qu’il faut relayer dans le vignoble, et les aspirations et préoccupations des viticulteurs à l’échelle locale, qu’il faut faire remonter. Il est important de faire circuler les informations, de décrypter et vulgariser les textes qui s’imposent à nous pour éviter que des gens jettent l’éponge », estime-t-elle.

[1] Jeunes agriculteurs



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