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Le dernier numéro

Article publié le 25 novembre 2007

Parution du mois

La prospérité partagée du champagne

L’économie du champagne connaît depuis une dizaine d’années une phase de croissance continue et affiche une prospérité qui suscite parfois des commentaires et des clichés. Pourtant, grâce à l’appellation d’origine contrôlée et aux équilibres interprofessionnels, c’est toute une région qui bénéficie de la réussite actuelle de la filière. Personne, sur les territoires concernés par le vignoble, n’a intérêt à voir le champagne s’enrhumer.

Le champagne est important pour la Champagne. On pouvait d’ailleurs lire récemment, dans une récente rubrique économique de l’Union que, dans la Marne, près de huit emplois sur cent sont encore localisés dans le secteur agricole, fort de sa viticulture et des grandes cultures industrielles. Bénéficiant de la présence du champagne, la Marne se classe premier département français pour l’industrie des boissons et, en lien avec cette activité, 5e département pour la fabrication de verre… Le taux de chômage est inférieur à la moyenne nationale. En effet, la vigne de Champagne génère, directement et indirectement, un nombre d’emplois qui n’est pas négligeable.

Tout d’abord, les exigences de qualité de l’AOC impliquent un travail manuel et nécessitent une main-d’œuvre directe importante, qu’il s’agisse des exploitants et de leur famille ou de salariés.

Clichés et réalités

On compte 15 083 exploitants, répartis sur 5 départements  : 782 dans l’Aisne, 2 427 dans l’Aube, 11 850 dans la Marne, 14 en Haute-Marne et 10 en Seine-et-Marne. Ces très nombreux viticulteurs entretiennent le paysage et ne sont pas tous à la tête de grosses exploitations, loin de là  ! En effet, grâce à la valeur ajoutée du champagne et à son partage entre commerce et production, toute une famille peut vivre d’une exploitation de taille moyenne (3 à 5 ha). Derrière le cliché du viticulteur très riche, se cache en fait une réalité sociale très diverse. Les exploitations importantes sont très minoritaires. Ainsi, on ne compte que 320 exploitants au-delà de 10 ha, dont 302 sociétés. Il faut d’ailleurs avoir conscience que, souvent, une société donne du travail à plusieurs personnes d’une même famille (père-fils par exemple) qui se partagent donc le revenu de l’exploitation. La taille moyenne d’une exploitation viticole de Champagne est à peine supérieure à 1,90 ha, alors que la moyenne de l’exploitation viticole française se situe à 7 ha. Il est vrai que les très petites exploitations sont très majoritaires  : 8 296 exploitations ont une taille inférieure à 1 ha, soit plus de la moitié d’entre elles, et 68 % ont une taille inférieure à 2 ha. À ce niveau, la viticulture apporte en général un complément de revenu, sans doute apprécié, à des personnes exerçant un autre métier.

Les exploitants ne sont pas tous propriétaires des vignes qu’ils travaillent  : 75 % du vignoble est exploité dans le cadre d’un métayage ou d’un fermage. Dans ce cas, une partie du revenu de la vigne (souvent 1/3) revient au bailleur. Ainsi, l’argent du champagne permet indirectement à des personnes souvent âgées d’arrondir leur retraite, ou à des frères, sœurs, oncles ou tantes de viticulteurs de percevoir un loyer.

Une réserve d’emplois


Si les plus petits vignerons travaillent eux-mêmes leurs vignes, les exploitations de taille moyenne et importante ont besoin de main-d’œuvre salariée. Ainsi, en 2004, on comptait 9 724 contrats de travail à durée indéterminée CDI, dont 7 702 dans la Marne (qui représentent, dans ce département, 5 600 salariés, certains salariés ayant plusieurs CDI). L’emploi dans le vignoble augmente depuis plusieurs années, dopé par la croissance (alors que l’emploi dans les maisons de champagne diminue de manière constante), et l’on constate une progression du nombre de cadres  : en effet, de plus en plus sollicité par la charge administrative et le commerce, les chefs d’exploitations éprouvent le besoin de déléguer. Les travaux saisonniers apportent par ailleurs une activité régulière à de nombreux salariés qui travaillent souvent à la tâche (on répertorie globalement 12 000 CDD par an, hors vendanges). Les lycéens et les étudiants de la région sont ainsi nombreux à profiter de la période de palissage pour arrondir leur budget de vacances. Enfin, la récolte étant manuelle, 100 000 vendangeurs bénéficient chaque année directement de l’activité du champagne  : retraités, salariés en congés payés, étudiants… la majorité d’entre eux vivent dans la région.

La valeur ajoutée du champagne est ainsi à l’origine d’un tissu rural riche et dense  : les nombreux vignerons, leur famille et leurs salariés, contribuent à maintenir une activité économique et sociale importante sur le territoire. En Champagne, il y a des villages et des bourgs qui vivent encore, avec des commerces de proximité.

Le champagne est également à l’origine de très nombreux emplois indirects dans la région. Dans les coopératives et les maisons, bien sûr, mais aussi dans les industries connexes (verreries, imprimeurs, fabricants de matériels viticoles et vinicoles, capsuleries, fabricants de bouchons…), dans le tertiaire (tourisme, bureaux comptables, banques, institutions…), dans le commerce et les loisirs.

La viticulture est une richesse pour les territoires qu’elle occupe et pour ses habitants. D’ailleurs, les élus des collectivités ne s’y trompent pas. En atteste la lecture des documents d’urbanisme destinés à orienter l’aménagement du territoire pour les années à venir. Par exemple, on lit dans le projet de révision du Scot [1] de la région de Reims que Malgré les perspectives d’une possible extension, le classement des terres en zone d’appellation contrôlée champagne gardera un caractère limité qui justifie, compte tenu de la richesse économique qu’il génère, les emplois qui lui sont liés, la qualité des paysages et la notoriété du territoire, une protection stricte contre les modifications d’usage. Le Scot d’Épernay et sa région, finalisé en 2004, est tout aussi clair quand il souligne que Les zones de production du champagne classées sous l’AOC constituent des ressources précieuses, reconnues mondialement et considérées non renouvelables.
Catherine Chamourin


[1] Scot  : Schéma de cohérence territoriale. Document qui a vocation à orienter les plans locaux d’urbanisme définis par les communes sur un territoire.

Catherine Chamourin

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