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Le dernier numéro

Article publié le 6 février 2012

Parution du mois

La placomusophilie, une collection en pleine effervescence

Objet de convoitise, la capsule de champagne coiffe élégamment chacune des bouteilles du précieux nectar. Et une fois que le bouchon a exprimé sa joie, elle part souvent rejoindre le coffret d’un collectionneur.

Son origine remonte au 19e siècle, officiellement le 5 juillet 1844, date à laquelle Adolphe Jacquesson, négociant à Châlons en Champagne, dépose un brevet au ministère de l’Agriculture afin de boucher efficacement les bouteilles. Auparavant, le bouchon de liège était maintenu par des ficelles de chanvre, mais sa porosité laissait échapper une partie du vin et du gaz carbonique. Son idée de le sertir d’une plaque de fer blanc, tenue serrée par des fils de fer torsadées, a remédié à cet inconvénient. La capsule de champagne était née.

Les premières plaques imprimées apparaissent au début du 20e siècle avec l’inscription du mot « champagne », avant de devenir un vecteur publicitaire pour la marque. Actuellement, il en est répertorié plus de 30 000 différentes en Champagne. Un véritable casse-tête pour ceux qui désireraient acquérir toutes les pièces.

Claude Lambert, collectionneur et éditeur du « Répertoire des plaques de muselet de Champagne » les a toutes classées et cotées depuis 1992. Édité tous les 2 ans, cet ouvrage est devenu une référence chez les amateurs de cette pièce qui, soit échangent, soit achètent et échangent. Le virus de la « collectionnite » ne touche pas spécialement les viticulteurs, mais tous ceux qui apprécient ce vin. Certains sablent le champagne et conservent précieusement la capsule à chacune de ces occasions, sans pour autant entamer une collection.

Dans les années 80, à Vertus, Claude Mailliard, membre du club de philatélie de l’amicale laïque, a trouvé un terme désignant ces amateurs avertis : les placomusophiles.

Ce village de la Côte de Blancs peut afficher sa dimension de « capitale mondiale de la capsule de champagne ». En effet, il a été le berceau de la première bourse, notamment autour de cet objet, et de l’engouement qui a suivi. C’était en 1989. Depuis, ce rendez-vous a lieu tous les ans au 11 novembre (voir encadré) et est un « must » avec la bourse de Bergères les Vertus (1er mai) et le Mondial de la capsule (en mars prochain au Mesnil sur Oger).

Daniel Aubertin et André Haumont, deux Vertusiens, font partie de ces passionnés à l’origine de cet engouement, en présentant leur collection naissante dans différentes bourses d’échanges dès 1989, éveillant une curiosité contagieuse chez le visiteur. Au début, pour se procurer une capsule, le collectionneur devait acheter la bouteille, ce qui est rarement le cas maintenant. Et aujourd’hui, comme il en sort environ 3 000 par an, il doit se résoudre le plus souvent à faire des choix dans ses acquisitions, au vu de cette incroyable diversité. Les échanges sont devenus plus thématiques (par portrait, par terroir, par événement…), les recherches plus pointues ; le fait d’accumuler en grande quantité a tendance à diminuer. Daniel Aubertin possède par exemple 20 000 pièces (champagne et mousseux du monde), et a recentré sa collection champenoise sur les négociants et les coopératives. Il a des plaques de muselet très rares datant d’avant la première guerre mondiale, dont l’une des premières (maison Kunkelman, à Reims de 1880), beaucoup plus difficiles à trouver tout comme celles d’avant les années 60.

Côté esthétique, certaines capsules rivalisent de beauté et d’originalité (portrait du vigneron, reproduction de tableaux de maître…). Les techniques d’impression se sont nettement améliorées, offrant davantage de possibilités dans la créativité. Des plaques sont même peintes à la main, véritables œuvres artistiques.

L’attrait constant pour la capsule dépasse les frontières de la région puisque presque tous les départements ont un club de collectionneurs de plaques de muselet. Et le phénomène s’étend même au-delà de l’Hexagone, en Belgique, Espagne, Italie… Si le champagne a conquis le monde au fil des siècles, sa désormais célèbre capsule acquiert une réputation qui fait pétiller les yeux des collectionneurs.

« Vertus, capitale de la capsule de champagne »

La capsule de champagne fut la star de la 22e bourse multi collections de la section philatélie de l’amicale laïque de Vertus. Comme chaque année d’ailleurs. Les collectionneurs étaient si nombreux à venir à cette manifestation renommée que les échanges avaient aussi bien lieu à l’intérieur du hall des sports et de la salle Tournesol, qu’à l’extérieur sur les parkings, les trottoirs ou encore derrière les coffres de voiture. Une véritable folie qui témoigne de l’engouement toujours vif pour cet objet si convoité. Un peu moins de 2000 entrées ont été enregistrées, soit une très légère baisse par rapport à l’an passé. Un muselet souvenir premier jour a été remis à chaque visiteur avec l’inscription : 11/11/11 à 11 h 11. Une singularité. La reine capsule a toujours autant de succès au fil des années et se trouve convoitée bien au-delà des frontières de l’hexagone. Pour preuve, la venue d’Italiens, encore plus nombreux que l’an passé, des Espagnols, des Belges, Luxembourgeois, Suisses… et une solide réputation chez les collectionneurs internationaux. Plus une seule place de libre deux mois avant le jour J ! Cette manifestation est une véritable opportunité pour renforcer la notoriété de la ville et a des répercussions positives sur la vie économique locale.

Michel Haumont

En images


  • 22e bourse à Vertus


  • Anciens modèles de plaque


  • Bouchon range-dés


  • Daniel Aubertin, fervent collectionneur


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