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Le dernier numéro

Article publié le 8 avril 2013

Parution du mois

La confusion sexuelle : une démarche collective

L’heure de la confusion sexuelle approche à grand pas. Les premières dates de poses des raks® ont été dévoilées, celles-ci s’effectueront du 9 au 19 avril. La Champagne, sous confusion sexuelle depuis une dizaine d’années, pourrait encore faire progresser sa surface confusée cette année. Ce n’est qu’avec l’aide de tous les vignerons concernés que cette pratique prouve son efficacité.

La confusion sexuelle est une méthode de lutte contre les papillons ravageurs de la vigne : la cochylis et l’eudémis. Cette lutte, contrairement aux insecticides utilisés qui détruisent les œufs ou les larves, consiste à gêner la reproduction des papillons. Elle permettrait donc de diminuer voire de supprimer les traitements dits «  traditionnels  », et par conséquent, de limiter les dégâts dus au botrytis en réduisant les perforations causées par les larves, portes d’entrée du champignon. Concrètement, le principe de la confusion sexuelle est de perturber la phase de rapprochement des insectes ravageurs mâles et femelles par l’émission d’un bouquet de phéromones de synthèse. Cette méthode présente de nombreux avantages  : une mise en place rapide, le respect de l’environnement, et l’absence de résidus dans les vins.

Afin d’obtenir de bons résultats, la confusion sexuelle doit être mise en œuvre sur des surfaces minimales de 10 ha. Les viticulteurs concernés doivent donc au préalable se concerter. Une bonne organisation pour préparer l’opération puis, pour accrocher les diffuseurs reste indispensable. Stéphane Regnault, président de section et viticulteur au Mesnil-sur-Oger, s’occupe de confuser le secteur du Mesnil-sur-Oger, Oger et Villeneuve : «  Nous sommes trois à gérer l’organisation de la confusion sur ce secteur. Cela représente un gros travail préparatoire. Nous devons notamment faire le tour de tous les vignobles et les borner. Pour nous faciliter le travail, nous avons créé un logiciel qui répertorie les plans du cadastre du secteur, et permet d’authentifier facilement les parcelles à confuser.   »

Une journée de cohésion

Voilà trois ans que ce secteur, qui représente 880 ha, utilise cette méthode. «  Nous traitons 815 ha. Environ 950 exploitants sont concernés. L’année dernière, ce sont 92,5 % de parcelles qui ont été confusées  », explique Stéphane Regnault. Et de poursuivre  : «  Nous faisons la pose des raks® en une seule fois. Cette année, elle est fixée au jeudi 11 avril.   » Ce sont précisément 25 secteurs à confuser pour le Mesnil et Villeneuve, et 21 pour Oger.

« Habituellement, nous arrivons à faire la pose sur une grosse demi-journée, avec quelque 300 personnes. Nous avons malheureusement ressenti une baisse des volontaires au fil des ans, ils commencent à se lasser. Pourtant, nous essayons de rendre cette journée la plus agréable possible, nous proposons une collation le matin, et le midi un repas, qui se tiendra ce 11 avril, à l’UPR du Mesnil-sur-Oger.   » Stéphane Regnault espère rassembler au moins 300 exploitants. «  Il règne vraiment une bonne ambiance lors de cette journée et, c’est aussi l’occasion de se retrouver tous. Cela crée de la cohésion entre viticulteurs. Et puis, c’est une pratique qui contribue au respect de l’environnement, c’est important.  »

En 2012, environ 12 000 hectares du vignoble champenois ont été confusés. Au total, près de 50 communes ont déployé cette technique de lutte collective sur la totalité ou une portion de leur vignoble. La Champagne est même l’une des régions leaders en Europe pour le développement de cette méthode.

De nouveaux diffuseurs sur le marché

Les raks® 1+2 n’ont plus le monopole de la confusion sexuelle, l’Isonet LE entre en jeu. D’après les tests réalisés en 2012 par le CIVC, l’efficacité est comparable, avec moins de phéromones. À la différence du Rak® 1+2, l’Isonet LE n’est pas classé irritant et dangereux pour l’environnement. Le coût par hectare est, quant à lui, légèrement plus faible, de quelques euros. En revanche, le temps de pose est supérieur d’environ 30  %. « En matière de préconisation, l’efficacité étant comparable, nous ne privilégions pas l’un ou l’autre des produits. Le choix revient aux viticulteurs   », indique Thomas Mineur, responsable équipe viticole à la chambre d’agriculture de la Marne.

Pauline Ponchaux

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  • Nouveau diffuseur : Isonet LE


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