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16 août 2017 accueil Accueil >  Portrait  > Jean-Louis Normand, président de l’Association Viticole Champenoise
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Portrait

Article publié le 22 novembre 2011

Jean-Louis Normand, président de l’Association Viticole Champenoise

A la veille de l’assemblée générale de l’Association Viticole Champenoise, qui se déroulera le 9 décembre prochain à Epernay, Jean-Louis Normand, second vigneron et premier de la Côte des Bar à présider l’AVC, répond à nos questions.

Comment se sont déroulés vos premiers pas à la présidence de l’AVC ?

Jean-Louis Normand : Je rappelle qu’elle fait suite à une demande unanime faite avant l’été 2010 par le conseil d’administration. Ce fut une surprise pour moi, car je ne me considère pas comme une exception : de nombreux vignerons champenois ont comme moi le souci de bien faire, de progresser en qualité, et d’adopter un comportement qui ne soit pas axé uniquement sur le résultat économique. Et c’est tant mieux pour la Champagne !
J’aborde donc cette responsabilité avec une grande sérénité et je me fais un devoir d’être digne de la confiance qui m’a été accordée.
Mes premiers pas se situent dans la poursuite du chemin que j’ai déjà fait au sein de l’AVC, depuis mon entrée au conseil d’administration. C’est là que j’ai appris à mieux connaître la diversité des acteurs champenois : des responsables de maisons aux œnologues, en passant par les vignerons et surtout le réseau des correspondants de l’AVC ainsi que l’équipe technique du CIVC dirigée par Dominique Moncomble. Nos avancées résultent du plaisir de nous retrouver ensemble pour aborder de nouvelles pistes de progrès pour notre vignoble. Or, l’enthousiasme est essentiel pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés.

Face à ces défis, vous êtes-vous fixé des priorités ?

J-L Normand : Mon action s’inscrit en premier lieu dans la continuité du travail de fond de l’AVC, qui est, comme j’aime le souligner, un réseau d’éveilleurs et de veilleurs de l’éthique champenoise Notre grand défi, c’est d’enregistrer des progrès en matière de préservation de l’environnement et de développement durable. C’est un enjeu de taille, car sous nos latitudes la culture comporte des risques. La réduction des intrants est donc une oeuvre de longue haleine. Nous avons déjà des outils, les plans, « eau », « air », etc. le guide de la viticulture durable… Mais il faut encore convaincre, accompagner les vignerons, progresser dans les réponses techniques et dynamiser l’ensemble. C’est la priorité des priorités et elle s’appuie sur l’encouragement de tous à adopter cette voie créatrice de bonheur pour nous et pour les amateurs de nos paysages et de nos vins.
Dans ce sens, nous travaillons aussi sur l’idée lancée en 2010 par la présidente précédente, Carole Duval : celle d’un cahier des charges à la vendange. Et cela n’a rien d’un rêve ! Des vignerons se fixent déjà des exi- gences importantes : en bio, dans des démarches collectives ou individuelles de qualité, etc. Cela n’entame pas leur réussite, ils valorisent celles-ci et leurs vins sont primés. Il faut s’inspirer de cela ! C’est pourquoi, nous travaillons sur un cahier des charges réfléchi, qui s’appuie sur une part de bon sens vigneron, qui ait des ambitions qualitatives, qui puisse être concrétisé de manière progressive et qui ne crée pas de déséquilibres économiques. Il s’agit aussi de donner un nouvel élan perceptible par tous, qui démontre que notre appellation avance toujours.

La prochaine assemblée générale de l’AVC, qui fêtera les 70 ans du CIVC, sera-t-elle l’occasion d’une annonce à ce sujet ?

J-L Normand : Pour l’heure nous évoquons librement ces questions entre nous. Car l’AVC est un lieu d’échanges très francs qui a une mission prospective. Nous savons que des progrès doivent être faits, et que les principales marges de manœuvre se situent à la vigne. Par exemple, nous bénéficions d’une réserve individuelle (RI) sécurisante, qui peut atteindre 8000 kg, et nous disposons d’un rendement de base de 10 500 kg, qui est connu à l’avance et sur lequel il faut caler ses pratiques. Cela devrait nous permettre de décider en juillet d’un rendement plus élevé si la nature a été généreuse, puis de fixer à la vendange le niveau de la RI, lorsque nous avons une idée plus précise de la qualité. C’est peut-être une proposition qui sera retenue par les familles champenoises et qui rejoindra les nombreuses décisions qui ont été prises dans le cadre interprofessionnel du CIVC. Notre assemblée générale sera d’ailleurs l’occasion de revoir les grands épisodes du film retraçant 70 ans d’actions de cette organisation que l’on nous envie tant. Des témoignages accompagneront cette rétrospective. Elle doit nous inciter à garder en mémoire que les équilibres champenois sont essentiels pour continuer sur la voie du succès.

••• Propos recueillis par François Noël



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