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Portrait

Article publié le 20 février 2012

Sébastien Sanchez, président du Groupe des Jeunes Viticulteurs

En ce début d’année 2012, la Champagne Viticole a souhaité faire un point avec Sébastien Sanchez sur les projets du GDJ. Rôle des jeunes, équilibres interprofessionnels, projets en cours… il nous livre quelques morceaux choisis avant l’assemblée du Groupe des jeunes qui portera sur la libéralisation des droits de plantation.

CV – Vous êtes président du Groupe des Jeunes Viticulteurs de la Champagne depuis 8 mois, qu’est-ce qui vous a donné envie de prendre ces responsabilités ?

Sébastien Sanchez : Cela fait maintenant huit ans que je suis membre du Groupe des Jeunes. J’y étais entré après une assemblée sur la valorisation, en tant qu’administrateur. Et, au fil des dossiers, je dois dire que je me suis laissé prendre au jeu. J’ai eu envie de m’impliquer davantage. Sous la présidence de Maxime Toubart en 2007, je suis donc devenu membre du Bureau, coresponsable du pôle technique et environnement. Puis, en 2010, j’ai pris le poste de secrétaire général. Ces différentes fonctions m’ont permis de participer à la réflexion syndicale sur un grand nombre de dossiers passionnants ! Devenir président à la suite de Cédric Moussé était donc une manière de pouvoir m’impliquer encore davantage.

CV – Quel rôle doit tenir le Groupe des Jeunes selon vous ? De quelle manière s’inscrit-il dans le fonctionnement syndical ?

S. Sanchez : Aujourd’hui, la Champagne va plutôt bien, voire même très bien. Dans un tel contexte, le risque est de s’arrêter à cela, de se mettre à avoir peur du changement et de s’installer dans l’immobilisme. Les dangers pour notre appellation sont nombreux. Nous devons les affronter si nous voulons préserver la réussite de la Champagne.

Le rôle premier du Groupe des Jeunes, selon moi, est de savoir analyser les enjeux présents pour être force de proposition pour notre avenir. Notre approche des problématiques actuelles peut parfois différer de celle de nos parents ou de nos grands-parents. Nous avons la responsabilité de participer aux débats afin de faire avancer les dossiers syndicaux dans le bon sens.

Bien entendu, le rôle du GDJ ne s’arrête pas là. Nous sommes également les représentants des jeunes vignerons champenois, dont les difficultés diffèrent parfois de celles de nos aînés, et nous assurons le suivi du dossier « installation aidée ». Ainsi, nous siégeons au sein de toutes les structures impliquées dans la mise en œuvre du parcours à l’installation aidée, nous assurons la clôture des stages 21 heures et nous intervenons auprès des établissements scolaires pour expliquer le système aux futurs exploitants.

CV – Quel bilan dressez-vous de ces premiers mois de présidence ?

S. Sanchez : Pour le moment, je parlerais davantage d’impressions que de certitudes. J’ai notamment l’impression qu’il est de plus en plus difficile de tenir bon au sein des équilibres interprofessionnels, que progressivement le vignoble perd du terrain. Il suffit de voir la pression que mettent actuellement certains négociants sur le foncier. 2013 va être une année de négociation de nouveaux accords interprofessionnels. Or, aujourd’hui, beaucoup de contrats ont déjà été re-signés, avec en plus parfois des ententes sur des effets levier pour une durée de 20 ou 25 ans. Dans ce cadre, je me demande quelle sera notre marge de manœuvre.

Le monde a rapidement et fortement évolué ces dernières années. Et il n’est pas simple de s’adapter à ce changement. Je m’interroge sur notre fonctionnement. Réussissons-nous à anticiper comme nous le devrions ? Car anticiper permet de ne pas subir les décisions venues d’ailleurs, que ce soit du négoce ou bien de l’administration.

CV – Parlons de 2012. Quels sont les projets du GDJ ?

S. Sanchez : Les questions sur lesquelles nous nous interrogeons sont nombreuses, vous vous en doutez bien ! Malheureusement, il est impossible de tout traiter. Parmi tous les dossiers qui nous intéressent, nous avons donc travaillé, avec les membres du Bureau, à dégager quelques pistes d’action présentées aux administrateurs du GDJ fin janvier.

Je retiendrais notamment la qualité : la Champagne doit continuer à progresser qualitativement. Nous souhaitons également donner envie aux jeunes viticulteurs de s’intéresser davantage au syndicalisme. Et, bien entendu, nous poursuivons notre réflexion sur le foncier, sur le bradage des bouteilles et sur les droits de plantation. Ce sujet sera d’ailleurs au cœur de notre assemblée générale du 17 février prochain à laquelle je vous invite tous à venir nombreux !

Assemblée générale du Groupe des Jeunes Viticulteurs le 17 février

« Droits de plantation : 2012, année décisive »

Le Groupe des Jeunes a choisi, pour son assemblée générale 2012, de se saisir d’un thème qui résonne depuis plusieurs années au sein de la filière vitivinicole : la libéralisation des droits de plantation. Programmée pour le 1er janvier 2016 (ou 31 décembre 2018 pour les États membres qui le souhaitent) suite à une décision de l’Union européenne, ce changement réglementaire est source de fortes inquiétudes. « Un tel changement bouleverserait le monde viticole, donc notre avenir explique Sébastien Sanchez. Comment pourrons-nous continuer à piloter notre appellation de manière collective si nous ne disposons plus de l’outil droits de plantation ? ».
« Nous devons tout faire pour préserver ce système qui a su faire ses preuves » poursuit-il. Mais l’affaire n’est pas aisée. À ce jour en effet, la Commission européenne n’entend pas rouvrir le dossier. 2012 sera donc une année décisive avec la négociation de la prochaine réforme de la Politique Agricole Commune (PAC). Ce projet de réforme, publié par la Commission le 12 octobre dernier, n’intègre pas la question des droits de plantation. L’objectif actuel est donc de parvenir à intégrer ce sujet dans les négociations. Pour cela, il est indispensable d’avoir à la fois l’appui du Parlement européen, constitué de députés, et la majorité qualifiée au sein du Conseil qui regroupe les ministres des 27 pays membres. La mobilisation se poursuit donc !

Le 17 février prochain, à 14 heures, au Centre Vinicole – Champagne Nicolas Feuillatte, le Groupe des Jeunes proposera une réflexion sur cette libéralisation des droits de plantation. Avec l’appui de Pascal Bobillier-Monnot (directeur de la CNAOC), Michel Chapoutier (président du Syndicat des Négociants de la Vallée du Rhône), Philippe Coste (vice-président de la CNAOC et président de la fédération Sud des AOC) et Gilles Ehrhart (président des Jeunes Agriculteurs d’Alsace), le GDJ reviendra sur les conséquences qu’aurait une telle dérégulation et fera le point sur l’avancée du dossier.



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