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Portrait

Article publié le 1er décembre 2014

Gérard Beurton- « Des projets nombreux et passionnants qui contribuent à l’excellence de la filière »

La commission technique interprofessionnelle est l’une des cinq commissions spécialisées du CIVC. Elle a pour mission d’apporter une expertise technique sur des questions traitées par le bureau exécutif et/ou la commission permanente, et de faire émerger des propositions d’orientation impactant la technique viti-vinicole. Gérard Beurton, qui fut co-président de cette commission ces quatre dernières années, décrit cette aventure passionnante.

D’après vos quatre années d’expérience, quels sont les atouts de la commission technique interprofessionnelle ?
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans cette commission se résume en quelques mots  : mixité et réalité pratique. La mixité, ou plus exactement la parité vignoble et maisons de Champagne, amène à regarder de nombreux dossiers sous un angle parfois différent de celui perçu avec son seul regard de vigneron. Au-delà de cette ouverture d’esprit, je souligne qu’au sein de cette commission consacrée à la technique c’est toujours le sens pratique qui l’emporte, sans réel clivage entre les deux familles. Cela tient sans doute au fait que les membres de cette commission sont tous des gens de terrain ou des responsables bien ancrés dans le quotidien de leurs entreprises.

Quel est le dossier que vous estimez le plus réussi ?
Sans conteste, le projet « viticulture durable » est au sommet du palmarès. Pour moi, son cheminement illustre parfaitement la progressivité et la continuité des décisions interprofessionnelles. J’ai travaillé sur le référentiel viticulture durable dès sa première version, en 2001. À l’époque, c’était en tant que membre de la commission technique du SGV. Quatorze ans après, c’est dans ce même esprit que j’ai intégré le groupe de travail chargé d’insuffler un nouvel élan à cette démarche. Avec deux collègues vignerons et trois représentants du négoce, et avec le précieux appui des services techniques du CIVC, nous avons veillé à respecter la diversité des exploitations et à placer le bon sens au-dessus de l’idéologie. Notre ligne de conduite se résume au constat fait par M. Paillottin, lorsqu’il était président de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA)  : « En matière d’environnement, les modestes progrès du plus grand nombre valent plus que les prouesses de certains. »

Quel est le dossier que vous retenez comme particulièrement délicat ?
Celui de l’arrêt des traitements aériens. Les experts européens venus examiner la problématique n’ont pas réellement fait le tour de la question. Ils ont trop vite balayé les arguments techniques et toute l’action s’est concentrée sur l’image. Aujourd’hui, au regard des impasses dans lesquelles se sont retrouvées les régions qui ont vu leurs dérogations suspendues en pleine saison végétative, on peut se dire que la Champagne a bien fait d’anticiper l’arrêt du traitement aérien. Cependant, il reste un goût d’inachevé avec la persistance de situations délicates. Le dossier avance encore puisque, tout récemment, l’Inao a validé la possibilité de créer, ponctuellement, des routes plus larges pour permettre aux engins viticoles de circuler plus facilement. Cette exception permettra aux viticulteurs concernés de travailler en plus grande sécurité. Et qui sait quand les prototypes de matériel téléguidés deviendront opérationnels  ?

À l’issue de votre mandat, plutôt bien rempli, avez-vous des regrets ?
Les projets ont été nombreux, passionnants et contribuent, chacun à leur manière, à l’excellence de notre filière. J’affiche toutefois une déception  : celle de ne pas avoir fait avancer la recherche viticole plus vite. Plus exactement, j’aurais souhaité convaincre tous les acteurs de la filière d’investir dans des moyens, notamment humains, pour renforcer notre capital local de recherche appliquée. Ce regret est largement atténué par les efforts consentis pour préserver le patrimoine génétique de la Champagne. En transférant à Gionges ses collections de cépages, clones et vignes mères de greffons, la Champagne a choisi de se donner les moyens d’explorer la diversité de son patrimoine pour construire son avenir.

Un dernier mot ?
Merci. Merci à ceux qui sont venus me chercher il y a quatorze ans, merci aux présidents de section qui m’ont régulièrement fait part de leurs craintes et espérances, et merci à Denis Velut qui a repris, avec enthousiasme, la co-présidence de la commission technique interprofessionnelle.



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