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Le dernier numéro

Article publié le 29 mai 2013

Parution du mois

Faut-il être fataliste ou opportuniste ?

Le deuxième trimestre 2013 commence dans une ambiance maussade. Entre l’hiver qui n’en finit pas et les statistiques économiques affligeantes relayées par des médias pessimistes, la France est en déprime. Pourtant, le printemps arrive et tous les chiffres ne sont pas noirs…

Ces dernières semaines, les médias ont relayé les analyses publiées par plusieurs institutions, au niveau national et international (INSEE, FMI, OCDE, OMC…). La morosité est dans l’air du temps. En effet, tous s’accordent pour présager que l’Europe restera à la traîne sur le front de la reprise économique, au moins pour le premier semestre 2013. Pendant ce temps, la croissance restera tonique dans les pays émergents, modérée aux États-Unis et devrait s’accélérer au Japon.

Au sein de l’Union européenne, la locomotive allemande devrait bien repartir, son économie étant fortement exportatrice. De son côté, l’économie française repose plutôt sur la consommation des ménages. Or, ce moteur qui tenait le coup jusqu’ici, semble se mettre en panne. Anticipant d’éventuelles difficultés, les Français ont un réflexe de fourmi et la consommation recule pratiquement partout  : carburants, électronique, bricolage, restauration, loisirs, ameublement… seuls les achats alimentaires restent stables.

Malgré tout, la situation de l’Hexagone pourrait faire des envieux chez les pays du sud de l’Europe, dont l’économie s’effondre carrément. Les amortisseurs sociaux du modèle français ont permis d’atténuer chez nous le choc de la crise. Toutefois, tous les éléments sont en place pour que la grisaille persiste  : un pouvoir d’achat sous pression, une augmentation du chômage et peu de perspectives de reprise pour générer de l’emploi. Le FMI estime d’ailleurs que 2013 sera une année de récession pour la France (- 0,1 % de recul du PIB). L’OCDE, Bruxelles et la Banque de France, un peu plus optimistes, prévoient une très légère croissance de + 0,1 %. Grosso modo, une croissance au point mort…

Pas de crise pour le marché du vin

Pour autant, toutes les statistiques ne sont pas moroses. Ainsi, par exemple, les indicateurs spécifiques au monde du vin sont au beau fixe. L’OIV confirme l’arrêt du recul de la consommation mondiale de vin, qui s’était amorcé après la crise de 2009. La consommation augmente fortement dans les pays émergents (notamment en Chine), aux États-Unis et en Australie. Elle s’est stabilisée en Europe et l’on observe même un léger rebond en France où, de plus en plus, on privilégie une consommation plaisir et haut de gamme. Dans ce contexte, les exportations françaises de vin ne connaissent pas la crise. Et le champagne confirme sa place de leader des régions viticoles exportatrices en valeur, juste derrière Bordeaux. Par ailleurs, une étude Vinexpo prévoit, à l’horizon 2016, une croissance du marché international du vin supérieure à 5  % et, pour les effervescents, supérieure à 8  %.

Les statistiques économiques diffusées par les médias ne sont pas destinées à être considérées de manière passive et fataliste, comme des constats affligeants ou les présages d’un inéluctable déclin. Ce sont des outils mis à la disposition des États, des collectivités, des filières et des entreprises pour alimenter leur réflexion stratégique. La croissance en Europe est actuellement en berne, c’est un fait. Mais la croissance des pays émergents génère, dans le monde, le développement rapide d’une classe moyenne et aisée qui va devenir considérable : la Chine, dont la population est immense, a doublé sa richesse par habitant en dix ans. En 2025, les pays émergents représenteront 50 % de la consommation mondiale. Pour les entreprises européennes et françaises, la croissance des pays les plus pauvres peut être perçue comme une menace, mais elle peut aussi être considérée comme une véritable opportunité commerciale, à anticiper et à préparer.

Catherine Chamourin

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