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Portrait

Article publié le 18 juin 2014

Eric Potié : « Les coopératives entendent bien continuer leur croissance  »

Les coopératives vinicoles tiennent actuellement leurs assemblées générales et dressent bilans et perspectives. Éric Potié, président de la Fédération des coopératives vinicoles de Champagne (FCVC), nous livre, à cette occasion, son sentiment sur la place et la santé du mouvement coopératif dans la filière Champagne.

La Champagne Viticole  : Éric Potié, à l’heure des assemblées générales de coopératives, comment se porte le mouvement coopératif  ?

Éric Potié  : Il se porte bien, qu’il s’agisse des coopératives locales qui animent leur territoire avec dynamisme, ou des coopératives régionales et des unions qui apportent à leur niveau d’autres services.

CV  : Les coopératives contribuent-elles toujours efficacement au maintien de l’équilibre entre le vignoble et le négoce  ?

EP  : Plus que jamais. D’abord la maîtrise de la matière première, vocation initiale du mouvement coopératif, est une condition essentielle de cet équilibre. Puis, le développement des ventes, qui permet de maintenir les parts de marché du vignoble, constitue aussi un appui précieux à l’action du SGV. Traditionnellement, les ventes du vignoble – qui regroupent récoltants et marques de la coopération – doivent représenter environ un tiers des parts de marché total pour aboutir à l’équilibre entre le négoce et le vignoble.

CV  : D’autant que les coopératives gagnent des parts de marché grâce à leurs marques…

EP  : C’est exact, depuis une quinzaine d’années, les coopératives ont fortement progressé en volume. Sur les 40 structures qui commercialisent, deux groupes coopératifs vendent environ 20 millions de bouteilles. Les coopératives entendent bien continuer leur croissance, notamment en développant des marques génératrices de valeur, ce qui suppose aussi de s’en donner les moyens sur le plan du marketing et de la communication, par exemple.

CV  : Le volume, c’est bien, mais qu’en est-il de la valeur  ?

EP  : Comme je viens de l’évoquer, il ne s’agit pas de faire du volume pour le volume. Notre objectif est avant tout de créer de la valeur pour garantir à nos adhérents une valorisation durable de leur production. C’est dans cet esprit que la FCVC soutient totalement le projet stratégique «  Champagne 2030  » et ses objectifs de croissance en valeur.

CV  : En même temps, cette croissance des marques de la coopération a permis de contrebalancer l’effritement du marché des manipulants.

EP  : Effectivement, c’est ce qui a permis au vignoble de maintenir ses parts de marché. Depuis les années 90, il y a une érosion de ces parts par les récoltants qui est d’abord structurelle  : les récoltants vendent plus de champagne qu’il y a 20 ans, mais leur part de marché est moindre car le développement du marché du champagne s’est fait à l’exportation, qui est peu adapté aux manipulants. Les coopératives prennent le relais en développant ce créneau. En 2013, 42 % de leurs ventes sont réalisées hors Hexagone.

CV  : Puisque le renouvellement des contrats touche à sa fin, comment jugez-vous l’engagement du vignoble en termes d’approvisionnement du négoce  ?

EP : En premier lieu, il faut savoir que le taux d’engagement à la derrière vendange est historiquement très élevé, de l’ordre de 57 %.
Le prix du kilo est rémunérateur et les difficultés auxquelles sont confrontées les récoltants sur les marchés, les incitent à ce réengagement. D’autre part, la majorité des contrats privés ne respectent plus la durée des accords et ont des échéances décalées, je note cependant que 90 % des coopératives respectent l’échéance interprofessionnelle. Cela vient du fait que le négoce s’efforce de répartir un éventuel risque sur plusieurs années en échelonnant les contrats. Des vignerons acceptent ce décalage pour obtenir un prix supérieur ou d’autres avantages… Cela signifie qu’on a tendance à ne plus jouer collectif et à ne voir que son intérêt personnel, et souvent immédiat. Je le déplore vivement. Cela affaiblit le vignoble et diminue son poids dans les relations avec le négoce. Faut-il rappeler que notre capacité à regrouper la matière première est la base de notre poids politique  ?

CV  : Quel message souhaitez-vous faire passer à ce sujet  ?

EP  : Je veux souligner que toute action individuelle doit être envisagée à travers son impact collectif. Il est non seulement fondamental de penser à l’intérêt général, mais il faut également y penser dans le temps. La force de notre organisation interprofessionnelle repose sur le partage de la valeur du produit vendu, à travers le prix du raisin. Aujourd’hui, de petites exploitations vivent convenablement grâce à cette organisation. Et il faut absolument que cela perdure.



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