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Portrait

Article publié le 5 mars 2013

Entretien avec Maxime Toubart, vice-président du SGV : "Foncier, le SGV avance"

Le président Férat avait positionné le foncier comme sujet prioritaire lors de l’assemblée 2012. Depuis dix mois, qu’a fait le SGV ? Les groupes de travail ont-il abouti à un résultat alors même que ce sujet est plus que jamais au centre des préoccupations des vignerons ?
Ce n’est pas un seul résultat mais plutôt plusieurs pistes que Maxime Toubart évoque dans ces lignes.

Champagne Viticole : En matière de foncier, le Syndicat des vignerons avance sur plusieurs pistes. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Maxime Toubart : En effet, le foncier a atteint un niveau tellement élevé en Champagne qu’il est devenu difficilement accessible aujourd’hui, sauf pour certains opérateurs dont la capacité financière le permet, notamment les grandes maisons de négoce. Or, il est important que le foncier demeure au Vignoble, afin que les équilibres de la Champagne ne soient pas déstabilisés. Depuis plusieurs mois, le SGV est de plus en plus alerté par des ventes de terres effectuées par des propriétaires sans que les exploitants locataires puissent s’en porter acquéreurs. Nous avons donc cherché des pistes pour apporter une solution, ou plutôt des solutions.
Il y a quelques semaines, une proposition a ainsi été soumise au conseil d’administration et adoptée. Cette solution permet de sécuriser l’avenir de l’exploitation. Notre projet consiste à créer une société de portage en constituant un groupement foncier viticole (GFV). Le capital serait souscrit non pas par le SGV, mais par des investisseurs, apporteurs de capitaux. Les biens seront reloués aux viticulteurs. Le suivi de constitution et de la gestion sera assuré par le SGV.
En amont, une société d’intervention créée et gérée par le SGV pourrait assurer, en cas de nécessité, l’acquisition pour passer la main rapidement au GFV qui sera l’instrument de portage.
Nos opérations se concentreront sur des vignes louées et uniquement dans le cas où le vigneron n’est pas en mesure d’acquérir le bien qu’il exploite.

CV : Où en est ce projet ?

MT : Un certain nombre de points restent encore à affiner car nous sommes en phase de constitution du projet. Mais, c’est une occasion de dire qu’il n’existe pas de fatalité en matière de foncier, et que pour le SGV, le maintien du foncier au vignoble est primordial. Par sa mission de défense des intérêts collectifs, le SGV se devait de rentrer dans le jeu, même si j’ai bien conscience que c’est loin d’être un jeu, plutôt un enjeu. Tout comme bon nombre d’administrateurs, j’estime que le SGV doit s’afficher comme le garant d’une solution, d’autant qu’il apporte toute la crédibilité à ce projet.
Pour les investisseurs, les avantages liés à une telle opération sont la sécurité du montage financier, la stabilité du prix du foncier, mais aussi le gain d’image lié au produit champagne.
Bien sûr, il reste encore des points techniques à résoudre.
Aujourd’hui, nous devons tout entreprendre afin de valoriser les arguments qui convaincront les actionnaires potentiels, qui sont des arguments d’image, de valeur attachés au foncier champenois.
Si nous sommes conscients que ce n’est pas une solution miracle – car il n’en existe pas  ! –, c’est une solution, et elle est innovante. Pouvions-nous ne rien faire, et laisser seul un viticulteur désabusé, face aux difficultés que j’évoquais plus haut  ?

CV : Maintenir le foncier est – nous l’avons vu – complexe pour un vigneron. Qu’en est-il de l’acquisition notamment en cas de succession ?

MT : Aujourd’hui, grâce à une réglementation relativement récente, nous avons une vision sur les prix et sur les ventes, et nous disposons d’une moyenne de prix par secteur. Nous avons donc travaillé avec la SAFER afin d’être dans la capacité de préempter lors d’une vente. Il n’est pas question de freiner l’initiative, mais davantage de maîtriser le prix. Et si nous avons assez peu de marges de manœuvre, nous voulons pouvoir au moins requalifier le prix et le réviser. N’oublions pas que de très nombreux vignerons exploitent de toutes petites surfaces et que la pyramide des âges fait que nous allons assister à des départs en retraite en nombre ces prochaines années. Des vignes vont donc être vendues, et souvent sur de toutes petites surfaces. Nous n’avons pas fini de voir le fameux «  effet levier  » s’opérer, surtout si nous ne faisons rien.
Le SGV se devait d’avoir le courage d’intervenir même si cela se fera progressivement. N’oublions pas que le problème du foncier est particulièrement lié au fait que l’approvisionnement est devenu une problématique majeure pour la Champagne.

CV : La commission structures du SGV réfléchit aux améliorations à apporter au statut du fermage. Qu’en est-il ?

MT : L’objectif de ce travail est d’améliorer les relations entre bailleurs et preneurs, de rendre le marché locatif plus fluide et plus attractif.
Nous constatons en effet qu’un certain nombre de propriétaires ne souhaitent plus louer, en raison souvent de la crainte de ne plus être libre de leurs biens. Pourtant, la location a beaucoup d’avantages.
Pour le moment, nous avons travaillé principalement sur une révision des fourchettes de loyer des fermages et la possibilité d’un paiement du fermage en bouteilles mais la réflexion n’en est qu’à ses débuts. Elle se fera en concertation avec les propriétaires et les preneurs, et les décisions se prendront dans le cadre des Commissions consultatives paritaires des baux ruraux.

La mission du Syndicat est d’accompagner les vignerons, toujours dans un souci de démarche collective. Face aux multiples difficultés que revêt le foncier, le SGV ne pouvait plus se contenter de regarder. Alors, nous avons fait le choix de retrousser les manches. Pour paraphraser une phrase de Einstein «  Le vignoble ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le regardent sans rien faire. »



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