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Portrait

Article publié le 13 mars 2013

Entretien avec Joël Forgeau, nouveau président de Vin & Société : « Nous allons continuer à fédérer »

Élu pour deux ans à la présidence de Vin & Société, Joël Forgeau succède à Marie-Christine Tarby-Maire. Âgé de 46 ans, ce viticulteur exploite un domaine viticole sur l’aire d’appellation Muscadet Sèvre et Maine. Acteur engagé du monde viticole, il aura pour mission de poursuivre la stratégie et les actions sociétales, scientifiques et politiques conduites par l’association.

Vin & Société : Vous exercez de nombreuses responsabilités, locales et nationales, dans le monde viticole. Pouvez-nous parler de vos différentes missions ?

Joël Forgeau  : Je suis viticulteur dans le muscadet depuis 25 ans. Avec mon épouse, nous faisons de la vente directe  : cela me permet de connaître parfaitement les problématiques des vignerons, sur le terrain, au quotidien  : attentes des clients, nouveaux moyens de communication… Je me suis impliqué, depuis le début de mon activité, dans l’organisme de défense et de gestion des appellations Muscadet et Grosplant, que je préside depuis quatre ans, c’est mon deuxième mandat. Je suis également président de la Confédération des vignerons du Val de Loire. Enfin, je suis membre, depuis cinq ans, du Conseil d’administration de la Confédération nationale des appellations d’origine contrôlées, dont je suis le secrétaire général adjoint. Aujourd’hui, la présidence de Vin & Société me semble être le prolongement naturel de mon engagement de longue date en faveur du vin français, de la filière et de ses acteurs.

V&S : Parlez-nous de Vin & Société  : pourquoi avoir accepté de la présider ?

JF : Le rôle de notre association est crucial. À travers ses sept organisations nationales et ses 22 organisations régionales, elle a pour objectif de défendre les intérêts de la filière, c’est-à-dire l’image du vin, sa valeur patrimoniale et son dynamisme économique, alors même qu’il apparaît plus vulnérable que jamais. À mon sens, Vin & Société a été à l’origine d’avancées majeures pour la filière. Je salue, à ce titre, l’action menée par mon prédécesseur, Marie-Christine Tarby-Maire et ses équipes. La première étant celle d’avoir obtenu, en 2008, une véritable législation sur la communication du vin sur le web et ainsi, ouvert le champ des possibles. Mais surtout, elle a su fédérer les initiatives et les actions des interprofessions pour que cette victoire soit collective. Ensuite, Vin & Société a su faire changer l’attitude de la filière à l’égard du vin, et des parlementaires à l’égard de la filière. Pour cela, elle a choisi de recentrer le débat, en partant du constat que le vin est bien une boisson alcoolisée, mais dont la consommation entraîne un risque maîtrisé. C’est, je crois, cette honnêteté qui nous a permis de modifier notre discours et d’être mieux entendus des pouvoirs publics, comme l’a montré le succès du manifeste lancé par l’association en 2010, et dont nous continuons à diffuser et promouvoir les engagements.

V&S  : Quels sont, pour vous, les chantiers prioritaires en 2013 ?

JF : Avec la préparation du projet de loi de financement de la sécurité sociale, 2012 a été une année très active. En 2013, nous allons continuer à fédérer et défendre la filière et ses professionnels pour que le vin ne soit pas stigmatisé dans les débats à venir (Plan Cancer, loi de santé publique).
Cela passe par deux axes :

  • prendre nos responsabilités pour défendre une consommation plaisir et modérée. Nous reconnaissons les limitations de taux d’alcoolémie en France et soutenons les programmes de prévention et, les repères de consommation de l’OMS (trois verres par jour pour les hommes, deux pour les femmes) ;
  •  être fiers du vin qui n’est pas un produit comme un autre  : il représente une histoire, un savoir-faire et s’inscrit dans des valeurs fortes comme le partage et la convivialité. Aussi, rappeler le poids historique et économique de notre filière qui représente 500 000 emplois et qui est le deuxième contributeur de la balance commerciale de notre pays.

Nous travaillerons également la dimension européenne de notre action avec le programme Wine in moderation, visant à promouvoir une consommation modérée et plaisir. Sans oublier, notre travail d’étude et d’analyses autour de «  Vin & Santé  ». Nous avons ainsi recensé plus de 900 études scientifiques relatives à la consommation d’alcool et de vin l’année dernière, que nous mettons à la disposition des régions. Enfin, nous voulons continuer à être ce «  laboratoire d’idées  » expérimental, notamment concernant la loi Évin et ses limites. Les professionnels de la filière ont envie et besoin de communiquer. Les medias aiment parler du vin. Mais il existe une véritable autocensure, due à un flou persistant quant à ce que l’on a le droit de faire ou de dire. Nous travaillerons donc sur la place du vin dans les médias. Nous souhaitons sortir de ce discours «  aseptisé  » et leur dire «  allez-y, parlez du vin, n’ayez pas peur  !  ». Car nous sommes persuadés que la franchise et la transparence favoriseront la responsabilité de tous.



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