La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

27 juin 2017 accueil Accueil >  Portrait  > Jérôme Despey : "Un nouveau programme d’aides viticoles est lancé"
Pique-nique chez le vigneron indépendant • Arocu : "les notes florales et fruitées dans les vins de Champagne" • Jeunes talents du champagne : inscription avant le 30 mai • Concours européen des ambassadeurs du champagne : les inscriptions sont ouvertes ! • 30 mai : prêts pour la Champenoise ? • Centenaire 14-18 : concert à Ville-sur-Tourbe • Vert-Toulon : randonnée le 1er mai • Exposition : des éventails "esprit de champagne" • Concours d'Epernay des champagnes du vignoble : une nouvelle catégorie ! • L'AG du SGV : mardi 14 avril au Millésium
R�duire la taille du texte Agrandir la taille du texte Imprimer cette page

Portrait

Article publié le 27 mars 2013

Jérôme Despey : "Un nouveau programme d’aides viticoles est lancé"

Suite au travail réalisé par FranceAgriMer, la France vient de transmettre à la Commission européenne un nouveau programme d’aides viticoles pour les années 2014 à 2018. Les professionnels, et notamment ceux de la Cnaoc, ont privilégié les mesures positives et structurantes : la réorganisation du vignoble reste une priorité, l’aide aux investissements est élargie, la promotion reconduite ainsi que les prestations viniques. Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé de FranceAgriMer nous éclaire.

Cnaoc : Un budget de 280 millions d’euros par an sur cinq ans, c’est un budget plus important que l’ancien programme d’aides. A-t-on l’assurance de pouvoir bénéficier de ce montant sur les cinq prochaines années ?

Jérôme Despey  : Ce montant est inscrit dans le projet de règlement que la Commission propose à la négociation. Plusieurs choses peuvent le réduire. D’abord, une réduction du budget de la PAC qui devrait probablement être voté au premier semestre. Ensuite, la décision de transfert de tout ou partie de l’enveloppe vers les aides directes. Sur ce point, la France devra se déterminer au plus tard en août.
À ce stade, il reste des incertitudes mais la position de la filière viticole est claire sur la nécessité de maintenir absolument ce budget à 280 millions d’euros. Tout sera fait pour que les moyens indispensables au développement de la filière soient préservés.

Cnaoc : Les professionnels à l’unanimité - et cette position est partagée par les pouvoirs publics - ont décidé de privilégier le programme national d’aides plutôt que les paiements directs. Quelles seraient les conséquences pour le programme si, au final, la France n’avait pas le choix, et qu’elle était obligée d’attribuer, à tous les hectares de vignes sur l’ensemble du territoire, des paiements directs ?

JD : Si le transfert de crédit était décidé en août, les actions prévues en 2013 dans le programme d’aide seraient poursuivies et payées, tels que les dossiers de promotion, d’investissement, la restructuration du vignoble campagne 2012/2013 et les plans collectifs pour 2013, 2014 et 2015. Pour le reste, tout dépendrait des crédits restants après un éventuel transfert d’enveloppe. Mais je tiens à souligner que les besoins exprimés par la filière sont très importants et que la priorité a été très clairement donnée au programme national vin par le Conseil spécialisé. Dans ces conditions, je ne peux pas envisager d’autres solutions qu’une poursuite de nos objectifs sur l’ensemble du programme, c’est-à-dire jusqu’en 2018.

Cnaoc  : Quelles sont les nouveautés sur le dispositif de restructuration du vignoble ?

JD : Plusieurs points évoluent fortement, à savoir, la possibilité d’utiliser à nouveau des droits issus de parcelles arrachées sans contrôle préalable, la possibilité de financer de l’irrigation et du palissage sur parcelles existantes, ou encore la mise en place d’un dossier unique regroupant toutes les déclarations auprès de FranceAgriMer en un seul dossier par exploitant.
Une nouvelle formule pour les plans collectifs a été mise en place avec des garanties bancaires plus souples et plus de mesures possibles au-delà du changement variétal.
Ces nouvelles dispositions sont le résultat de propositions professionnelles d’amélioration du dispositif qui ont été entendues par l’administration. Il reste quand même des points de contrainte sur lesquelles les producteurs devront être vigilants.

Cnaoc : La mesure investissement avait connu un grand succès dans le dernier programme à un point tel que l’ensemble de l’enveloppe avait été consommé en quelques mois. Ne craignez-vous pas que l’élargissement de la mesure conduise aux mêmes résultat ?

JD : Le nouveau dispositif est plus large puisque le volet « commercialisation et caveaux » est inclus dans les dépenses éligibles. Mais plusieurs contraintes vont limiter les dépenses potentielles. Tout d’abord, un plafonnement des dépenses relatives aux bâtiments à 400 €/m2. Pour mémoire dans la période précédente, sans plafond, la moitié des dépenses étaient dues au poste « bâtiment   ». Ensuite, un plafond général sur les dossiers à cinq millions d’euros, la mise en place de garanties d’avances et de garanties de bonne fin dès le début des travaux, ce qui limite les engagements irréalistes. Enfin, des enveloppes annuelles de crédits qui permettront de garantir l’ouverture de dépôts de dossiers tous les ans, et c’est un budget de 450 millions d’euros qui a été prévu, soit une augmentation de 65 % du budget par rapport à la période précédente.

Cnaoc : Les mesures éligibles au titre du programme national d’aides pourraient évoluer avec les discussions en cours sur la réforme de la PAC. Quelles sont les mesures nouvelles demandées par la profession ?

JD : Le groupe de travail du Conseil spécialisé a formulé plusieurs demandes dont deux ont été particulièrement reprises dans les bassins lors de la consultation de l’été 2012. Il s’agirait, d’abord, d’introduire la promotion sur le marché intérieur dans les dispositifs éligibles en complément de la promotion Pays tiers. Ensuite, compte tenu de l’importance du développement des maladies du bois, une demande forte porte sur l’introduction d’une mesure de restructuration du vignoble dédiée à ce problème.
Par ailleurs, des demandes ont également été formulées sur le dispositif enrichissement ou la réintroduction de dispositifs de gestion de crise. Il faut cependant noter que ces demandes sont loin de s’être concrétisées et qu’il faudra un très fort engagement de la profession dans les mois à venir pour faire aboutir ces dossiers.



Haut de page