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22 août 2017 accueil Accueil >  Portrait  > Daniel Vatel : « Philippe Dessertine porte un regard sans complaisance sur l’économie »
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Portrait

Article publié le 8 octobre 2014

Daniel Vatel : « Philippe Dessertine porte un regard sans complaisance sur l’économie »

Les organisateurs du Viti Vini ont proposé au Crédit Agricole du Nord Est d’organiser l’une des Rencontres Espace Champagne qui se déroulent traditionnellement pendant le VITeff. La conférence portera sur la filière champagne face à l’émergence d’un nouveau modèle économique, avec la participation de Philippe Dessertine, spécialiste de l’économie et de la finance, membre du Haut Conseil des finances publiques. Les clés de ce moment fort du Viti Vini avec Daniel Vatel, directeur de la filière champagne du Crédit Agricole du Nord Est.

Pour commencer, pourquoi votre banque organise ce type de rencontres ?
C’est notre rôle de vouloir éclairer nos clients. Notre place dans la filière Champagne est très importante. Nous avons 80 % de parts de marché chez les vignerons, plus de 90 % dans les coopératives, et nous sommes le premier financeur du négoce. Nous souhaitons endosser un rôle de synthèse pour la filière, et comme la majorité des acteurs sont clients chez nous, ça nous permet d’avoir une vue élargie sur l’activité.

« Le réchauffement climatique peut avoir une incidence sur le vignoble »

Avec Philippe Dessertine, vous avez invité une personnalité totalement « raccord » avec le thème des rencontres…
Oui, c’est vrai. Philippe Dessertine a aussi été membre de la commission du Grand emprunt présidée par Alain Juppé et Michel Rocard en 2009. Il a un regard sans complaisance sur l’économie. Nous lui demanderons d’exprimer sa vision actuelle de l’économie, ses forces, ses faiblesses, et aussi quels sont les moyens pour les entreprises de s’en sortir, en particulier en Champagne. Dans son dernier livre, En tout espoir de cause, le monde de demain a déjà commencé, Philippe Dessertine développe quatre piliers majeurs : la révolution agricole, qui doit permettre de faire vivre et de nourrir sept milliards d’habitants sur la planète aujourd’hui, onze milliards demain, la révolution génétique, la révolution numérique, et la révolution énergétique. Sur ce dernier point, la Champagne est directement concernée : le réchauffement climatique peut avoir une incidence sur le vignoble. Philippe Dessertine compte énormément sur les jeunes, qui feront les transformations.

Est-ce compliqué de parler des difficultés économiques à une filière comme le champagne, qui se porte plutôt bien ?
Compliqué d’en parler, non, au contraire. En revanche, pour ce qui est de la mise en œuvre, c’est autre chose. Mais même le champagne n’est pas épargné par la crise. Depuis dix ans, la filière tourne un petit peu sur elle-même en matière de développement. C’est difficile de faire comprendre aux consommateurs une valeur augmentée conséquente d’une hausse de la qualité du produit, alors que c’est mieux pour tout le monde. C’est surtout vrai sur les marchés français et européens, et il faut ajouter à cela la concurrence de plus en plus affirmée des autres vins effervescents. Maintenant, il convient aussi de rappeler que si l’économie du champagne fait mieux que résister, c’est parce que ses acteurs sont compétents. Je pense par exemple aux investissements et à l’endettement. La filière est capable d’adapter son endettement à la réalité économique du moment. L’endettement est moins élevé aujourd’hui qu’il ne l’était en 2008, la dernière année de référence la plus récente. Cela montre bien que les acteurs champenois sentent l’économie.



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