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25 juin 2017 accueil Accueil >  Portrait  > Christophe Pernet : les employeurs s’adaptent à un rythme effrené de changements
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Portrait

Article publié le 3 février 2014

Christophe Pernet : les employeurs s’adaptent à un rythme effrené de changements

À l’occasion de son assemblée générale, le 14 janvier, le Groupement des employeurs du SGV a changé de nom pour devenir la Délégation des employeurs du SGV. Au-delà de cette nouvelle dénomination, c’est l’occasion de faire le point avec Christophe Pernet, son président, sur les deux années écoulées et les dossiers en cours.

La Champagne Viticole  : Les deux années qui viennent de s’écouler auront été marquées par l’accroissement des charges pour les employeurs dans le vignoble…

Christophe Pernet  : C’est le moins que l’on puisse dire ! Et surtout 2013. En 2012, nous avions pu procéder à deux réévaluations des salaires, en février et juillet, pour une augmentation de 3 % sur l’année. En cinq ans, le SMIC a évolué de 10,43 %, mais, pendant cette période, notre échelon de référence commun sur la grille du vignoble (C1) a progressé lui de 16,05 %. Ce qui montre bien la volonté des employeurs de faire participer les salariés aux résultats… quand il y en a. Une récente enquête de la FNSEA sur les salaires dans les exploitations viticoles et agricoles montre que les salaires de la Champagne sont les plus élevés de France – environ 20 % de plus qu’ailleurs –, grâce notamment aux primes et aux avantages sociaux prévus dans notre convention collective.
Mais, en 2013, les hausses des cotisations vieillesse, prévoyance, santé, l’annualisation de la réduction Fillon, la révision du dispositif des saisonniers agricoles… ont fait que les employeurs n’ont pas pu répondre aux attentes des salariés. Pour les saisonniers, par exemple, certaines charges ont été multipliées par huit ou dix, ce qui a représenté une augmentation de nos coûts de 25 %. Tout cela, conjugué à une baisse de revenus dans une situation économique morose, entraîne une détérioration des trésoreries de nos exploitations et, en conséquence, des investissements moindres et une gestion plus rigoureuse.

CV  : A quoi s’ajoute la lenteur administrative qui complique encore plus la tâche des employeurs.

CP  : Je vais vous donner deux exemples éloquents. En ce qui concerne la réduction de l’ancienneté pour bénéficier des contrats prévoyance et complémentaire frais de santé, nous avons signé avec les partenaires sociaux des avenants à la convention collective en juillet dernier. Mais, ces accords n’avaient même pas été entendus que les règles en la matière étaient modifiées, ce qui oblige à adapter la convention, donc à renégocier, à perdre du temps, et cela va coûter plus cher. Autre exemple avec la fiscalisation, pour les salariés, de la participation patronale à l’assurance complémentaire santé  : là aussi, une publication officielle tardive fait que les fiches de paie de décembre ne sont pas bonnes, et qu’il va donc falloir tout revoir pour établir la déclaration annuelle des données sociales et les montants imposables sur le revenu. Et après, on entend parler de «  simplification administrative  » et de « pause fiscale » !
Je note d’ailleurs, au sujet de cette fiscalisation, que les salariés vont constater une baisse de leur revenu net. Et je m’étonne que personne ne s’en offusque…

CV  : En interne, vous avez beaucoup travaillé sur la dématérialisation des données qui s’annonce pour les deux prochaines années.

CP  : Oui, et il y a déjà pas mal de choses qui fonctionnent dans ce domaine, comme le titre emploi simplifié agricole (Ndlr  : TESA MSA) pour l’embauche et l’emploi des travailleurs saisonniers. Le gros changement va intervenir en 2015-2016 où nous allons passer à un mode déclaratif des salaires et des cotisations sociales et, s’il y a des erreurs, nous serons pénalisés. Toutefois, nous nous adaptons au changement et nous anticipons pour accompagner nos adhérents. Cela semble plutôt positif et nous espérons que cela amènera effectivement une simplification.

CV  : Autre sujet qu’il faut évoquer : l’intégration, dans la convention collective, d’un nouveau diplôme, le certificat d’aptitude viticole champenois…

CP  : Effectivement. Il existe, certes, des formations orientées vers la pratique viticole, mais la Corporations des vignerons de Champagne voulait aller plus loin, et aborder notamment tout ce qui a trait à la conduite du vignoble dans son ensemble. C’est vraiment une formation à dominante pratique. La première session devrait être mise en œuvre à la fin de l’année, avec un examen en 2015. La Délégation des employeurs a souhaité, avec l’accord des partenaires sociaux, reconnaître cette formation et l’intégrer dans la convention collective. C’est chose faite depuis le 14 novembre dernier. On peut simplement regretter le retard pris entre la signature de l’avenant à la convention et sa publication au Journal officiel : il a fallu presque neuf mois, et c’est beaucoup trop long.

CV  : Que souhaitez-vous pour les deux ans à venir ?

CP  : Que l’on aille dans le sens de la simplification et de la sécurisation. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de Pascal Férat pour les entreprises du vignoble. Sans visibilité, il n’y aura malheureusement pas de création d’emploi. On ne peut pas se projeter dans l’avenir lorsque les règles changent en permanence.

UN NOUVEAU NOM POUR UNE APPELLATION… MIEUX CONTRÔLÉE

Jusqu’à présent, on parlait du Groupement des employeurs du SGV de la Champagne délimitée, et tout le monde savait de quoi il s’agissait… en Champagne. Mais pas forcément en dehors. «  Les termes de groupement d’employeurs ont une signification juridique précise, puisqu’il s’agit d’une structure permettant aux employeurs de se regrouper pour recruter de la main-d’œuvre, déclare Christophe Pernet. Et cela prêtait parfois à confusion lors de certaines réunions, dans la mesure où il existe des groupements d’employeurs dans bien d’autres secteurs d’activité en France. Le conseil d’administration a donc souhaité que l’on puisse nous identifier plus clairement, c’est pourquoi nous sommes devenus la Délégation des employeurs du SGV de la Champagne délimitée. Bien entendu, cela ne modifie en rien nos missions, ni les relations que nous entretenons avec nos interlocuteurs.  »

QUATRE ENTRÉES AU CONSEIL D’ADMINISTRATION Le conseil d’administration de la Délégation des employeurs renouvelle statutairement la moitié de ses membres tous les deux ans. Il faut noter que trois administrateurs ne se représentaient pas  : Christian Goutorbe (Damery), administrateur depuis 1978 et président de 2002 à 2011  ; Marie-France Ariston (Brouillet), administratrice depuis 22 ans et secrétaire du conseil d’administration  ; Gilles Blin (Trigny), administrateur depuis 14 ans.
À la suite des élections qui ont eu lieu lors de l’assemblée générale, quatre nouveaux membres font leur entrée au conseil  : Caroline Ariston (Brouillet), Jérôme Blin (Vincelles), Sylvie Malgras-Lerglantier (Courthiezy) et Sébastien Sanchez (Dizy).


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