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Portrait

Article publié le 3 janvier 2012

Entretien avec Bernard Farges, nouveau président de la Cnaoc

Bernard Farges a été élu à la présidence de la CNAOC le 15 novembre dernier. Ce vigneron bordelais de 46 ans aura un mandat rythmé par plusieurs échéances importantes pour la viticulture. Il revient sur les thématiques prioritaires de la Confédération.

Vous êtes engagé syndicalement depuis longtemps. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

B. Farges : Oui, cela fait longtemps à présent que je me suis rapproché du syndicalisme ! D’abord dans la Commission jeune du Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs où j’ai pu créer des liens très forts avec des collègues qui sont aujourd’hui dans les instances de la filière bordelaise.

C’est un collègue qui m’a sollicité pour faire partie de cette commission. L’idée de participer à la vie syndicale pour monter des projets concrets afin de faire évoluer notre métier m’a passionné. Les assemblées générales animées m’ont aussi beaucoup plu et ces réflexions collectives intenses me sont apparues indispensables. C’était du concret !

Vous avez fait de la PAC et des droits de plantation le thème central de votre présidence de la CNAOC. Quelles sont les étapes à venir sur ce dossier ?

B. F. : La prochaine PAC entrera en vigueur en 2014. Cette réforme va impacter la viticulture sur des sujets comme les interprofessions ou les soutiens financiers. Ces thèmes sont capitaux pour notre filière et j’ai la volonté d’engager la CNAOC dans ces débats. Par exemple, nous considérons que les soutiens en viticulture doivent aller prioritairement vers les mesures de reconquête des marchés, l’amélioration de la qualité, la restructuration du vignoble et l’investissement. La politique que nous avons mise en place en France avec le programme quinquennal d’aides est la bonne ! La réforme de la PAC est aussi la seule occasion pour la viticulture de revenir sur la libéralisation des droits de plantation. La Commission ne le prévoit pas pour le moment dans ce projet de réforme qui est sur la table. Pour y imposer ce sujet, nous devons disposer d’une majorité qualifiée au Conseil. Or, la PAC se négocie aujourd’hui. Il y a urgence à agir ! Nous avons contribué, avec nos collègues des autres pays, à sensibiliser les gouvernements des grands pays producteurs. 13 Etats ont déjà pris position contre la libéralisation. Il manque 54 voix pour obtenir cette majorité. Il faut convaincre les derniers pays producteurs qui ne se sont pas manifestés, mais aussi des pays non producteurs. C’est la responsabilité de notre gouvernement, qui depuis cet été, a pourtant relâché ses efforts. C’est pourquoi nous avons décidé de mener plusieurs actions pour le remobiliser. Ainsi, nous mettons en œuvre une action en direction des collectivités territoriales. Elle poursuit deux objectifs : le premier est de sensibiliser les élus locaux sur les conséquences de la libéralisation des plantations sur les territoires. Le second a pour but de mobiliser le gouvernement français. Nous faisons circuler une déclaration dans les collectivités locales françaises, que nombre d’entre elles ont déjà signé. Le mouvement s’amplifie dans un grand nombre de régions viticoles. Nous ferons le bilan de cette action en février. Les signatures seront communiquées au Président de la République, au Président du Parlement européen et au Commissaire européen à l’agriculture.

La viticulture française a traversé une réforme des AOC menée notamment par l’INAO et parfois mal vécue par les vignerons. Quel regard portez-vous sur cette réforme ?

B. F. : L’INAO est une institution à laquelle nous sommes attachés. Nous avons donc été partie prenante avec l’Institut de cette réforme qui était nécessaire. L’INAO a été très fortement mobilisé par la validation des cahiers des charges et par la réforme du contrôle. Mais les professionnels ont aujourd’hui le sentiment que l’Institut est devenu une machine à produire du contrôle et des normes. Je souhaite que la CNAOC l’aide à retrouver sa crédibilité.

Nous l’avons vu, vous êtes très présent dans la défense du produit qu’est le vin. Quel rôle souhaitez vous donner à la CNAOC sur ce thème ?

B. F. : La CNAOC a été moteur dans la création de Vin et Société il y a quelques années et elle a joué un rôle majeur récemment en faveur du renforcement de la structure. La place du vin dans notre société est essentielle à la survie de notre filière. Nous ne pourrons rapidement plus faire consommer ni vendre nos produits si les politiques de santé publique culpabilisent les consommateurs, y compris les consommateurs modérés. Le vin est synonyme d’art de vivre, de culture, de paysages et de convivialité ! C’est un enjeu fondamental pour notre économie, notre marché intérieur, mais aussi pour nos futures exportations.

La CNAOC est le relais puissant de Vin et Société auprès de tous les viticulteurs d’AOC. Son important réseau de fédérations permet en quelques clics de faire se lever des milliers de viticulteurs…lorsque le besoin s’en fait sentir !

••• Propos recueillis par Alexandre Imbert, CNAOC



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