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Le dernier numéro

Article publié le 15 juillet 2008

Parution du mois

En assemblée générale

Le développement commercial des coopératives ne doit pas faire oublier que l’avenir de la Champagne passe aussi par une gestion équilibrée du foncier. Et en la matière, l’éventuelle évolution de la maitrise des droits de plantation fait planer une menace que Russel Mildon est venu expliciter devant les responsables de la coopération champenoise.

L’investissement des coopératives dans l’aval de la filière permet à nos adhérents de disposer en 2008 de marques dont ils peuvent être fiers. C’est en ces termes que Jocelyne Dravigny soulignait le chemin parcouru en moins de 15 ans au niveau commercial. Depuis 10 ans, les performances des coopératives ont permis au vignoble de maintenir ses parts de marché notamment par le développement des marchés d’exportation. L’objectif de cette expansion commerciale reste de conforter les équilibres en permettant au vignoble de toujours représenter le tiers des ventes de champagne. L’ambition de la coopération est actuellement de rester à ce niveau. Cela sera d’ailleurs vrai aussi longtemps que le cadre interprofessionnel apportera aux vignerons les garanties du partage de valeur. Néanmoins, pour la présidente, si notre objectif n’est pas d’aller au-delà, notre dé­ve­lop­pement commercial est un outil extrêmement sécurisant pour le vignoble. Et de préciser  : l’adhérent est à la fois le fournisseur et l’actionnaire. En tant que sociétaire il est intéressé aux résultats que la coopérative réalise en transformant et en valorisant le raisin sur le marché du champagne. Ainsi, la valeur faite sur la notoriété de la marque ne peut échapper aux viticulteurs. Pour Jocelyne Dravigny, il est fondamental de garder à l’esprit que le partage de valeur avec le négoce dont nous bénéficions en 2008 n’est pas inscrit dans le marbre. Et d’ajouter  : car même si tout va bien en Champagne, les prémices d’un inquiétant bouleversement structurel des relations vignoble/négoce se ressentent que ce soit sur le marché interne ou sur le marché du foncier. Si cela continue les équilibres seront rompus et le vignoble n’aura d’autre alternative que celle d’augmenter ses parts de marché. Le développement commercial des coopératives sera alors salutaire et votre choix d’aujourd’hui d’approvisionner une marque coopérative sera le moyen le plus sûr de valoriser vos raisins.

Pérenniser les équilibres

Cet écueil peut être évité, selon la fédération, si le vignoble veille à préserver ses atouts que sont la détention du foncier, le maintien de ses parts de marché, le tout dans un marché interne organisé par l’interprofession. La transmission de ses valeurs « vigneronnes » aux nouvelles générations constitue un élément-clé pour pérenniser les équilibres internes.

Jocelyne Dravigny reste néanmoins optimiste  : les coopératives dans cet environnement troublé sont plus que jamais des entreprises modernes et constituent une réponse efficace et concrète aux enjeux du développement durable parce que nous allions performances économiques, sociales et environnementales.

La position de la fédération sur la révision de l’aire géographique

La révision de l’aire d’appellation marque un tournant nécessaire à l’expansion de la Champagne. Fabrice Moreau, secrétaire général exprimait en ces termes les réflexions de la fédération. Nous devons obtenir très rapidement des garanties fermes sur notre capacité à gérer du­ra­blement les droits de plantation. Nous pensons, sans remettre en cause le projet d’extension de l’aire géographique, qu’il faut rester très vigilant et entreprendre un lobbying ferme dès maintenant. Nous ne sommes ni pessimistes ni optimistes, mais il nous paraît important d’intégrer ce risque et d’imaginer d’autres solutions applicables au cas où nous n’obtiendrions pas gain de cause. Au-delà de la gestion du poten- tiel de production, la fédération évoquait la redéfinition et l’application d’une politique des structures, outil nécessaire à la préservation des exploitations à caractère familial.

Pour Russel Mildon de la commission européenne : « Les droits de plantation, c’est du 19e siècle »

La récente réforme de l’OCM (organisation commune de marché) a redéfini l’ensemble des règles communautaires concernant la filière viti-vinicole. Ainsi, la philosophie du texte balisant la gestion du potentiel de production vient d’évoluer. Les Champenois, très attachés à l’encadrement des plantations, s’en inquiètent. Russel Mildon, directeur de l’Économie des marchés agricoles et des OCM à la commission européenne est venu expliquer, aux dirigeants de la coopération, le contexte et les enjeux de l’OCM. La suppression des droits de plantation était au cœur des débats.

Russel Mildon le reconnaît  : si le secteur viti-vinicole est porteur, il n’est pas pour autant soutenu de manière significative par des subventions. Le secteur viti-vinicole se distingue de l’agriculture en général par sa forte compétitivité. L’année 2007 est une année record pour les exportations (Ndrl  : livraisons hors CEE). Les vins mousseux emportent tous les succès. C’est le premier produit à l’exportation parmi les vins et les boissons. Mais, après avoir évoqué ce contexte favorable à la viticulture européenne, Russel Mildon rappelait, en évoquant les distillations de crise, que certains ne participent pas à ce bonheur. Face à ce constat, la commission européenne a alors lancé plusieurs études qui ont toutes démontré que le maintien d’un statu quo (c’est-à-dire le maintien des règles existantes) n’était pas tenable et conduisaient inévitablement aux distillations de crise.

Précisant en préambule que le choix stratégique retenu par la commission a été de rester sur un budget stable, Russel Mildon expliquait qu’un débat s’est instauré sur l’efficacité des outils existants. L’exemple des mesures de soutien à la production permet de cerner l’approche de la commission. Notre secteur viti-vinicole est le plus performant de la planète. Aussi les subventions à la production sont malvenues car considérées comme une subvention à l’export prohibée par les règles du commerce international. Sur la base de ce constat, la réforme a institué un régime de transition annonçant la suppression d’un tel dispositif. Tous les fonds ainsi libérés sont réemployés au bénéfice d’enveloppes nationales permettant de financer des mesures en fonction des choix locaux. Si Bruxelles ne finance plus les prestations viniques, la France peut prendre le relais. Parmi les mesures réformées, les droits de plantation ont fait l’objet d’un long débat au sein d’une assemblée « refroidie » par les propos pour le moins directs tenus par Russel Mildon  : les droits de plantation, c’est du 19e siècle  ! Rappelant que ce système, conçu à l’origine comme un outil transitoire, devait bien prendre fin un jour, Russel Mildon motivait la position de la commission par la prise en compte de trois éléments. Tout d’abord, les imperfections du dispositif  : les plantations illicites en Italie ont démontré que l’instrument ne fonctionne pas à 100 %. S’il ne fonctionne pas à 100 %, il ne fonctionne pas. Puis des arguments politico-économiques étaient également avancés par l’intervenant  : le système des quotas est un inconvénient majeur pour un agriculteur performant qui souhaite augmenter sa capacité de production. C’est un frein à l’investissement. Enfin, un argument juridique était soulevé  : il est interdit d’exclure quelqu’un à cause de règles arbitraires.

Large consensus

Autant d’éléments qui viennent avant tout étayer le large consensus politique des 27 États membres pour supprimer les droits de plantation, consensus qui rend inconcevable leur maintien au-delà de 2018. Car le compromis politique qui a abouti à la possibilité à ce report est une mesure strictement sociale. Ce maintien est uniquement lié au programme d’arrachage instauré en vue de faciliter la valorisation du patrimoine de ceux qui veulent quitter la profession.

Russel Mildon concluait ses propos en donnant son sentiment  : si les droits de plantation sont voués à disparaître, la gestion de l’offre reste néanmoins possible notamment grâce à la plus grande flexibilité donnée aux interprofessions et dans le cadre des cahiers des charges propres à chaque indication géographique.

Le poids de la coopération

Après avoir évoqué le poids économique de la coopération, Dominique Babé évoquait sa représentation officielle dans les instances. Ne peut-on pas faire évoluer la composition du conseil d’administration du SGV de manière à élire différents collèges  : vendeur au kg, coopérateurs, manipulants et coopératives en tant que telles  ? Je pense pour ma part que la représentation géographique est aujourd’hui plus secondaire par rapport à cette représentation de nos différentes catégories « socio-professionnelles ». Patrick Le Brun s’est engagé a porté la question à l’ordre du jour.

Alexandrine Legras-Populus

En images


  • Jocelyne Dravigny


  • Russel Mildon


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