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Le dernier numéro

Article publié le 11 juin 2009

Edito

Partager l’effort

L’économie mondiale est en crise. Pour combien de temps ? Nul ne le sait. Le même constat peut être fait pour la Champagne, car notre économie n’est pas indépendante, isolée du reste de l’économie et de la situation des consommateurs de nos différents marchés.

Dans ce contexte, il est un élément essentiel que nous devons garder à l’esprit  : la reprise est liée à des éléments économiques tangibles mais aussi à des aspects psychologiques. Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, indiquait il y a quelques semaines, que la reprise économique dépendrait « de la manière dont les autorités mais aussi nos concitoyens et les entreprises vont retrouver la confiance ».

Cette vérité s’impose également : le champagne est le vin du rêve et de la fête. Il met son image, son univers en péril lorsque le terme de « crise » lui est trop souvent associé. Cette communication redondante peut s’avérer dangereuse.

2009 est difficile pour certains opérateurs champenois, avec de fortes baisses des expéditions liées notamment à du surstockage dans la distribution. 2010 va être également difficile et le vignoble, tout particulièrement, doit s’y préparer, notamment en adaptant sa gestion afin de préserver au maximum sa trésorerie. Le SGV s’attelle à cette tâche avec différents partenaires (MSA, banques) pour rechercher les adaptations possibles et nécessaires.

Pour autant, une communication négative vers les acheteurs ou les consommateurs ne peut qu’accentuer leur attentisme ou leur morosité. De ce point de vue, les promotions commerciales désastreuses, menées depuis quelques semaines par ceux-là mêmes qui réclamaient des volumes il y a un an, brouillent insidieusement notre image auprès du consommateur. Ces opérations détruisent durablement les efforts de valorisation réalisés depuis plusieurs années par la Champagne.

Dans cette situation, nous devons, plus que jamais, être unis et prendre des décisions équilibrées. Retrouvons-nous pour évoquer ensemble les différents axes de travail et organiser notre communication de crise cohérente et unitaire.

Le conseil d’administration du SGV s’est réuni récemment. Il ressort un consensus fort, partagé avec la Fédération des coopératives et les Vignerons indépendants :

  • Le rendement à la vendange devra tenir compte du niveau global des expéditions mais il devra aussi permettre d’assurer la pérennité des exploitations. C’est la logique du « ni trop, ni trop peu ».
  • Pour cette raison, il faudra fixer le rendement disponible le plus tard possible, pour connaître plus finement la situation.
  • Il convient de rappeler que, si Pierre, Paul ou Jacques affirment qu’il faut classer à tel niveau, ce sont leurs opinions… sans doute dictées par des considérations plus individuelles que collectives. La proposition de rendement 2009, qui sera faite à l’INAO, sera portée par le Syndicat général des vignerons, après que le débat interprofessionnel ait eu lieu. Car votre Syndicat est l’organisme de défense et de gestion de l’AOC Champagne. Cette négociation ne sera pas engagée avant l’été et personne ne peut préjuger aujourd’hui de son résultat.
  • Enfin, la Champagne ne se gère pas sur une vendange. Ceux qui couraient après les volumes en 2008 voudraient bien rentrer aujourd’hui des vins pour la sortie de crise… mais à condition de les payer plus tard. Pourtant, aucune maison de champagne ne peut ignorer que le stock est un facteur clé de la qualité et donc de la valeur ajoutée, au même titre que le pressurage et l’assemblage. Nos contraintes d’élaboration ne sont pas les mêmes que celles de la vodka : il ne peut tout simplement pas y avoir de champagne sans stockage. La détention d’un stock moyen de trois ans à l’échelle de l’appellation est un minimum que nous devons à nos consommateurs, pour garantir la qualité de nos vins. Nous savons tous qu’une récession commerciale a un impact immédiat sur le ratio de stock : c’est évidemment un problème quand la conjoncture s’inverse, qui doit être abordé avec son banquier, car chacun pense également à la sortie de crise et la reprise de la consommation. Or la sortie de crise passera aussi par la qualité de nos vins et donc par le stock.

Il n’est pas envisageable que le vignoble assume seul « l’effort de guerre » que la Champagne devra fournir pour passer la crise. Ceux qui réclamaient des kilos en 2008 doivent maintenant les assumer.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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