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Le dernier numéro

Article publié le 11 mars 2009

Edito

Economie, loi Hôpital : j’ai entendu les inquiétudes des vignerons

Au terme de neuf réunions régionales dans le vignoble, j’ai pu rencontrer un peu plus de 500 d’entre vous, en particulier les présidents de sections locales, venus débattre sur l’actualité de notre appellation et de notre profession.

Ces rencontres syndicales sont toujours passionnantes, parce qu’elles constituent une occasion d’échanges directs.

Il est intéressant de constater à quel point le vignoble champenois est globalement unitaire et, paradoxalement, de percevoir chaque année que chaque région exprime sa sensibilité propre. Les vignerons (tout au moins ceux qui viennent en réunion) ont presque tous la même approche des enjeux collectifs et, en même temps, l’ambiance des salles est différente dans chaque secteur.

A chaque fois, je rencontre des gens d’une grande maturité, informés, intéressés et qui, le plus souvent, savent prendre du recul par rapport à la logique individuelle. Cette année, les échanges ont mis en évidence un certain nombre d’inquiétudes :

  • Sur les perspectives économiques, bien sûr. Une crainte légitime est exprimée par rapport à l’évolution de notre économie dans les mois à venir. Nous nous attendons tous à un reflux des expéditions, mais quelle en sera l’ampleur ? Il est clair que la vigilance s’impose. Mais pas la panique. Si nous n’avons aucune marge d’action sur l’économie mondiale, nous pouvons en revanche réfléchir aux moyens à mettre en place, chez nous, pour aider notre économie à faire face à une possible récession. Un travail est engagé au CIVC pour moderniser et adapter l’observatoire économique. L’enjeu est de disposer d’outils précis d’analyse des marchés et de la situation des entreprises, pour pouvoir – si nécessaire – mettre en oeuvre les mesures de régulations et d’accompagnement adéquates. La peur est mauvaise conseillère et ne doit pas nous inciter à prendre, individuellement ou collectivement, des décisions de court terme sans envisager l’avenir : il faudra sans doute gérer un recul commercial… mais sans perdre de vue qu’il faut aussi prévoir d’être prêts quand l’économie repartira.
  • Le projet de loi Hôpital et les débats sur la consommation de boissons alcoolisées fait évidemment réagir. Au nom d’un terrorisme sanitaire, certains lobbies voudraient diaboliser définitivement l’alcool et le placer en marge de la société, comme le tabac. C’est un comble dans le pays le plus associé, culturellement, à la gastronomie et aux bons vins ! Il est difficile, pour nous qui sommes fiers de notre appellation et de la qualité de nos champagnes, d’avoir le sentiment qu’on veut nous marginaliser comme des producteurs de substances toxiques… Comment vendrons-nous nos vins si nous ne pouvons pas les faire déguster ? Si nos sites Internet ne sont pas référencés sur les moteurs de recherche ? Et si la consommation, même modérée, est associée en France à un sentiment de culpabilité ? La filière se mobilise, au niveau national comme en Champagne, pour sensibiliser les députés et les sénateurs et pour rééxpliquer en permanence qu’il faut distinguer abus d’alcool et consommation modérée.
  • D’autres sujets ont été débattus, telle la demande du groupe des jeunes de professionnaliser le métier de vigneron en instaurant des conditions de formation minimale. Mais il a été aussi question du bilan de la réserve individuelle qui semble bien donner satisfaction à tous, du centenaire de La Champagne Viticole, de la révision de l’aire géographique, des réglementations environnementales ou encore de la crainte de voir disparaître la régulation de l’offre par les plantations…

Sur tous ces dossiers syndicaux lourds, et malgré les inquiétudes exprimées, les débats ont été sages et plutôt sereins. Il est vrai qu’il ne sert à rien de polémiquer : soyons concrets, constructifs et actifs.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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