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Le dernier numéro

Article publié le 15 décembre 2008

Edito

Projetons-nous dans l’avenir

Il est toujours surprenant de constater à quel point le présent peut prendre une telle importance qu’il occulte le passé et fait oublier qu’il y a un futur à préparer. Pourtant, toute activité humaine se projette dans la durée  : on ne vit pas au jour le jour, on a une histoire qui s’est déroulée dans d’autres circonstances et, en général, des projets pour l’avenir. C’est comme ça qu’on avance. Ce phénomène de zoom sur l’instant est très prégnant actuellement  : une crise financière s’est déclenchée, qui entraîne une crise économique internationale… on regarde les chiffres au jour le jour, chaque pourcentage de baisse est analysé comme un pas de plus vers le précipice et l’on sème la panique. Mais est-ce vraiment la meilleure manière d’aborder les problèmes  ?

Remettons les choses en perspective  :

2005, 2006, 2007 : + 2,3 % d’augmentation des expéditions, puis + 4,6 % et 5,3 %. Tout le monde s’accorde pour dire que la croissance commerciale est trop rapide au regard des limites du potentiel de production. Cette situation génère une forte tension sur le marché de l’approvisionnement qui entraîne une augmentation rapide du prix des raisins, des vins et du foncier. Pour rendre du potentiel de production à la Champagne et calmer la bulle spéculative le SGV obtient la mise en place de la réserve individuelle.

Fin 2007 : le Syndicat constate que les accords interprofessionnels de 2004 ne sont plus adaptés au marché. Ils sont de moins en moins respectés, ce qui est dangereux  : pour l’organisation champenoise, pour les équilibres interprofessionnels, pour les vignerons. Il demande une renégociation anticipée afin de mettre en place de nouveaux accords un an avant l’échéance prévue.

Mai 2008  : Les nouveaux accords sont formalisés. C’est dans le cadre de ceux-ci que sont signés les contrats applicables aux vendanges 2008 et suivantes.

Juillet 2008 : on a observé un léger recul des ventes en mai et juin. Pourtant, les prix des vins clairs et sur lattes continuent d’augmenter. Fortement… et l’on sait qu’ils tirent toujours derrière eux le prix du raisin. On sait aussi qu’il est économiquement dangereux d’augmenter les prix quand la conjoncture économique est incertaine. C’est une leçon apprise en 1991. Le SGV demande une mise en marché de 13000 kg/ha pour la campagne 2008-2009, mais le négoce estime ses besoins à 14 000 kg/ha.

Le 2 septembre 2008 : entre la position du vignoble et la demande du négoce, un compromis est trouvé à 13 600 kg/ha, pour limiter l’envolée du prix du raisin dans un contexte économique que l’on sent instable. Le négoce admet que les clauses de préavis de rupture des contrats ne doivent pas dépasser 2 ans.

Le 14 septembre 2008 : la crise financière qui couvait explose. La crise économique se confirme. Heureusement que le SGV avait anticipé le renouvellement des accords interprofessionnels ! Si nous devions négocier aujourd’hui avec le négoce, l’équilibre ne serait pas favorable aux livreurs…

Et ensuite  ?

Si le revenu et le moral des consommateurs sont en berne, il y aura vraisemblablement un impact sur les marchés du champagne. C’est une possibilité que nous ne pouvons pas ignorer mais, de toute façon, nous n’avons aucun moyen d’intervenir sur l’économie mondiale. Projetons-nous dans l’avenir  : de tous temps il y a eu des cycles économiques, des périodes de croissance et de récession. Le champagne est l’un des produits qui a le plus d’atouts au monde  : son organisation, sa qualité, son image. Veillons à les préserver et continuons tous à faire notre travail.

Quant aux vins récoltés et débloqués en 2008, ils seront commercialisables dans 2 à 3 ans. Ils ne concernent pas la situation actuelle : ils sont pour demain. Et franchement, si dans trois ans l’économie mondiale n’a pas surmonté la crise, ce n’est pas les 600 kg/ha débloqués en plus qui changeront quoi que ce soit.

Alors avançons. Et n’oublions surtout pas de fêter le plus joyeusement possible les fêtes de fin d’année.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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