La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

16 août 2017 accueil Accueil >  Le dernier numéro  > Edito
Pique-nique chez le vigneron indépendant • Arocu : "les notes florales et fruitées dans les vins de Champagne" • Jeunes talents du champagne : inscription avant le 30 mai • Concours européen des ambassadeurs du champagne : les inscriptions sont ouvertes ! • 30 mai : prêts pour la Champenoise ? • Centenaire 14-18 : concert à Ville-sur-Tourbe • Vert-Toulon : randonnée le 1er mai • Exposition : des éventails "esprit de champagne" • Concours d'Epernay des champagnes du vignoble : une nouvelle catégorie ! • L'AG du SGV : mardi 14 avril au Millésium
R�duire la taille du texte Agrandir la taille du texte Imprimer cette page

Le dernier numéro

Article publié le 17 octobre 2008

Edito

La peur n’est pas bonne conseillère

Après avoir fait l’objet de nombreux débats, les décisions de vendanges sont le résultat d’un compromis entre les positions du vignoble et du négoce. Elles ont été prises dans un objectif d’intérêt général à moyen et long terme, avec le souci de ne pas favoriser les surenchères et les spéculations à court terme.

On perçoit néanmoins quelques incompréhensions par rapport à la réserve. En effet, puisqu’elle­ s’appelle désormais « individuelle », certains aimeraient bien pouvoir en disposer librement. Les exploitants ayant peu de réserve souhaiteraient notamment pouvoir la conforter. Et il est clair que le déblocage collectif est en contradiction avec cet objectif personnel, surtout pour celui qui n’a pas une grosse récolte dans ses vignes. C’est tout à fait compréhensible. Pourtant, il est impératif de prendre du recul. La réserve « individuelle », si elle constitue une amélioration pour la gestion de nos exploitations, ne peut être qu’une touche d’individuel dans un système collectif. Ne perdons jamais de vue que – quelle que soit notre situation personnelle – nous avons TOUS intérêt à ce qu’il existe en Champagne un dispositif de régulation collectif. Pour abonder la réserve collective de la Champagne, il faut permettre à ceux qui ont des raisins de qualité dans leurs vignes de les rentrer. Cette année, comme l’an dernier, certains secteurs pourront conforter leur réserve plus que d’autres. Mais l’année prochaine, ce ne sera sans doute pas les mêmes, car la nature n’est jamais constante mais se révèle toujours, au fil du temps, équitable  !

L’économie est cyclique, c’est incontestable, et celle du champagne n’a jamais été déconnectée des mouvements globaux. Dans un contexte international assez mouvementé, il nous incombe donc de rester vigilants. Le SGV et le CIVC y sont d’ailleurs très attentifs. Mais la prudence ne doit pas nous empêcher d’avancer. Si nous paniquons parce qu’il y a des vagues autour de nous aujourd’hui, nous ne prendrons pas les bonnes décisions pour demain. Or, quel est le danger le plus immédiat aujourd’hui  ? La baisse des volumes ou l’explosion des prix  ?
Ce n’est pas le volume de bouteilles disponibles qui déclenchera – ou non – une crise. S’il doit y en avoir une, c’est de l’extérieur qu’elle viendra. L’enjeu est d’utiliser nos outils de régulation à bon escient. Or, raréfier l’offre pour anticiper une éventuelle récession quand la demande est très forte sur le marché de l’approvisionnement serait le meilleur moyen de faire exploser les prix. Et le contexte actuel n’est vraiment pas propice à une augmentation non réfléchie des prix, que ce soit sur les marchés internes ou sur les marchés du champagne. C’est pour cela que l’interprofession a estimé nécessaire d’organiser un déblocage.
Nous avons une organisation bien rôdée, l’appellation Champagne est forte et reconnue  : les Champenois n’ont aucune raison de ne pas croire en leur capacité d’avancer. Je crois sincèrement que nous avons toutes les raisons de rester raisonnablement optimistes, à condition d’être vigilants, lucides et responsables.

Patrick Le Brun, Président du SGV

Haut de page