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Le dernier numéro

Article publié le 6 septembre 2008

Edito

13 000 kg/ha pour la prochaine campagne : La sagesse du compromis

Le 24 juillet dernier, le bureau exécutif du CIVC, réunissant les représentants de l’Union des Maisons de Champagne et les représentants du Syndicat Général des Vignerons, s’est réuni en vue de décider des volumes à mettre en marché pour la campagne 2008-2009. Au préalable, le conseil d’administration du SGV s’était réuni pour débattre et définir le mandat à donner à la délégation du vignoble. En cet été 2008, entre surchauffe champenoise et refroidissement économique inter­na­tio­nal, la décision était plus bien plus difficile à prendre que les années passées.

  • En effet, les turbulences qui frappent l’économie mondiale pourraient, si elles perdurent, avoir un impact sur l’économie du champagne. D’ailleurs, quelques marchés reculent et les deux derniers mois d’expéditions sont en retrait par rapport à l’an dernier. L’absence de visibilité sur l’évolution des marchés dans les mois à venir incite certains d’entre nous à la prudence. C’est pourquoi une partie significative du vignoble était favorable à un classement disponible de 12 400 kg/ha, ce volume pouvant être complété en fin d’année par une mesure de déblocage qui serait alors ajustée en fonction de l’évolution des expéditions.
  • Mais, une autre fraction du vignoble estime de son côté qu’il faut avant tout s’inquiéter de l’évolution du prix du champagne et du coût de l’approvisionnement des maisons. La Champagne s’est enfermée dans une bulle spéculative extrêmement dangereuse dans le contexte économique actuel : le prix des raisins augmente très vite, celui des vins clairs et des vins sur lattes s’approche des sommets déjà vécus, mais dans un contexte différent. Quant au prix du foncier, il est de plus en plus aberrant, complètement déconnecté de la rentabilité économique du bien.
    Compte tenu de ces éléments, une partie du vi­gnoble estimait qu’il faut mettre en marché un volume de 13 400 kg/ha pour ne pas déstabiliser les accords inter­pro­fes­sion­nels récemment signés et maintenir le partage de la valeur ajoutée sur le vendeur de raisins.
  • Quant aux maisons de Champagne, optimistes sur les perspectives commerciales à moyen terme, elles demandaient 14 000 kg/ha, en rappelant que le vignoble s’est engagé, dans le cadre des tous récents accords interprofessionnels, à approvisionner le négoce en contrepartie du partage de la valeur ajoutée.
Au final, les négociations au CIVC ont abouti à un compromis entre les positions présentées : le vignoble mettra à disposition des marchés un volume de 13 000 kg/ha (12 400 kg/ha de récolte plus 600 kg/ha sorties de réserve) et reconstituera la réserve individuelle au maximum des possibilités de chacun, pour préparer l’avenir.

Il est convenu de se revoir en septembre, au CIVC, pour décider d’un éventuel déblocage complémentaire, selon l’évolution des marchés du champagne et des sorties du négoce.

L’inconvénient du compromis est que personne n’est absolument satisfait. Pourtant, il est admis qu’il est en général la moins mauvaise solution. Et la tradition du compromis interprofessionnel équilibré entre viticulture et commerce­ a toujours été la sagesse des Champenois.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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