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Le dernier numéro

Article publié le 6 juin 2008

Edito

Libéralisation des plantations : arrêtons de nous faire peur et avançons

Le premier projet de réforme de l’organisation commune du marché du vin, présenté il y a plusieurs mois par la commission européenne, était extrêmement libéral. Il prévoyait notamment une libéralisation des plantations. La Champagne, la filière viticole, la France se sont mobilisées… et, au final, l’encadrement des plantations est prolongé jusqu’au 1er janvier 2016 avec possibilité, pour les États membres qui le souhaiteront, d’allonger jusqu’au 1er janvier 2019.

Grand ouf  ! les institutions viticoles ont été soulagées d’avoir réussi à préserver un dispositif très précieux pour la gestion de leur filière. Mais si certains voient le verre à moitié plein… d’autres le voient à moitié vide. Où que j’aille, on m’interpelle sur le risque majeur que représente la libéralisation des plantations en 2019, alors que la révision de la délimitation sera finalisée. Un vent de panique souffle sur les galipes : il faudrait « immédiatement » bloquer le chantier de la délimitation. Tout bloquer pour que personne ne puisse jamais plus planter une vigne de plus en Champagne !

Serait-ce raisonnable alors que notre économie surchauffe déjà  ? 2016, c’est dans 8 ans. 2019, c’est dans 11 ans. Cela nous laisse quand même le temps d’agir.

Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que des reports sont obtenus au niveau des négociations de l’OCM. Lors des précédentes réformes de l’OCM, il fallait défendre le droit de planter. Et on y est arrivé. Notre vignoble a pu planter et alimenter la croissance de ses marchés. Aujourd’hui, l’Europe veut libéraliser les plantations  ? Et bien nous ferons comme avant : nous ferons valoir notre point de vue au niveau commu­nau­taire. Et je ne vois pas pourquoi il faudrait partir perdants. La filière viticole est en train de se rapprocher des autres filières de qualité, notamment celle des fromages, pour faire front commun et convaincre la commission européenne et les ministres de l’Agriculture que les filières de qualité ont besoin d’instruments leur permettant de maîtriser leur production.

En tout état de cause, bloquer le chantier de la délimitation ne résoudrait aucunement le problème. N’oublions pas que c’est justement parce que l’extension des terroirs se faisait de manière sournoise et sans critères de délimitation préétablis qu’il a fallu ouvrir ce chantier. N’oublions pas que 50 communes ont déposé un dossier de révision avant même l’ouverture du chantier de la délimitation.

On peut très bien refuser de rouler en voiture ou de prendre l’avion parce qu’il existe toujours un risque d’accident. On peut même refuser de sortir de chez soi au motif qu’on pourrait se faire renverser en traversant la route… mais il est clair que, dans ce cas, on ne risque pas d’aller très loin. La plupart d’entre nous assument ces risques, parce qu’il faut avancer. Un risque s’anticipe et se gère, même si – bien entendu – nous ne sommes jamais sûrs de TOUT maîtriser.

Ce qui est vrai pour les individus, l’est pour les entreprises et les institutions. Peu importe que l’on soit vigneron ou négociant, nos destins de Champenois sont intimement liés. La meilleure manière de réagir ou de s’opposer est encore de proposer.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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