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Le dernier numéro

Article publié le 3 décembre 2014

Edito

Contrat vendange : Mesdames et Messieurs les élus, nous voulons des actes et pas seulement des paroles !

Le rejet par l’Assemblée nationale à une très courte majorité de l’amendement visant à maintenir l’exonération de charges salariales, prévue dans le contrat vendange suscite incompréhension et colère chez les vignerons.
Incompréhension car les députés n’ont pas suivi l’avis de la Commission des finances qui s’était réunie quelques jours plus tôt et s’était prononcée en faveur du maintien de l’exonération. Colère parce que beaucoup de députés nous avaient assuré de leur soutien mais n’étaient pas présents au moment du vote. Colère enfin parce que plusieurs députés ont changé de position entre la Commission des finances et la séance plénière.
Nous restons cependant optimistes et espérons que cela provoquera un sursaut. Le Sénat, lors du vote en première lecture en Commission des finances, a rétabli le contrat vendange le 19 novembre. Reste à la haute assemblée, qui examinera le projet de loi de finances 2015 en plénière le 4 décembre, à entériner. Et susciter une contagion auprès des députés qui s’organiseront de telle sorte qu’ils seront majoritaires en seconde lecture à l’Assemblée nationale.
Le sujet que nous traitons est très sérieux puisque nous parlons emploi, économie et image de la France et non pas d’une pratique folklorique. La preuve  : plus de 300 000 contrats vendanges sont signés chaque année en France, 120 000 en Champagne  ! Le choix de recruter des vendangeurs suppose des contraintes – recrutement de nombreux saisonniers sur une période limitée, mise en place d’une organisation spécifique pour accueillir les vendangeurs, etc. – mais favorise le dynamisme économique d’un territoire. Les parlementaires qui ont soutenu avec enthousiasme l’inscription du vin au patrimoine culturel de la France doivent aujourd’hui soutenir cette pratique symbole de ce dynamisme.
Veut-on réellement casser cette dynamique alors que l’économie nationale est déjà à la traîne  ? Après le doublement des charges patronales sur les contrats saisonniers en 2012 et 2013, l’État vise maintenant les salariés. Rappelons-le, l’exonération de charges salariales spécifiques au contrat vendange bénéficie d’abord et avant tout aux vendangeurs, qui perçoivent un salaire plus élevé en moyenne de 8 % que celui des autres saisonniers. La suppression de l’exonération des charges salariales, cela signifie moins de pouvoir d’achat pour les vendangeurs qui sont très souvent des publics à faibles revenus (étudiants, retraités), plus de difficultés pour trouver de la main-d’œuvre et donc développement des vendanges mécaniques, recours à des travailleurs étrangers qui ne cotisent pas et ne consomment pas en France… Au final, c’est toute une dynamique qui est stoppée net.
En Champagne, la mobilisation du 5 novembre a rencontré un large succès  : 1 500 vignerons coiffés de bonnets verts ont rejoint les agriculteurs (FDSEA, Jeunes agriculteurs) à Châlons-en-Champagne. La manifestation a été historique en nombre  ; les viticulteurs n’étaient plus descendus dans les rues depuis plus de quinze ans  ! Les revendications des vignerons, notamment à propos du contrat vendange, ont été entendues, relayées par les médias, comprises par le public. Ici, en Champagne, chacun sait ce que représente la vendange, chacun sait que l’excellence actuelle passe par une cueillette manuelle, chacun, a, à un moment de sa vie, cueilli des grappes, et chacun connaît les retombées économiques que représentent 120 000 saisonniers.
Mesdames et Messieurs les parlementaires élus de territoires viticoles, vous êtes libres de votre vote. Nous vous demandons simplement d’avoir le courage de vos positions et de réfléchir à toutes les conséquences avant de voter pour ou contre le contrat vendange. Si vous le soutenez, mobilisez-vous et soyez présents au moment du vote  !

Bernard Farges, Président de la CnaocPascal Férat, Président du SGV

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