La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

27 avril 2017 accueil Accueil >  Le dernier numéro  > Edito
Pique-nique chez le vigneron indépendant • Arocu : "les notes florales et fruitées dans les vins de Champagne" • Jeunes talents du champagne : inscription avant le 30 mai • Concours européen des ambassadeurs du champagne : les inscriptions sont ouvertes ! • 30 mai : prêts pour la Champenoise ? • Centenaire 14-18 : concert à Ville-sur-Tourbe • Vert-Toulon : randonnée le 1er mai • Exposition : des éventails "esprit de champagne" • Concours d'Epernay des champagnes du vignoble : une nouvelle catégorie ! • L'AG du SGV : mardi 14 avril au Millésium
R�duire la taille du texte Agrandir la taille du texte Imprimer cette page

Le dernier numéro

Article publié le 8 octobre 2014

Edito

Irréprochable, toujours !

La vendange 2014 est exceptionnelle. Rien d’original, ça arrive finalement assez souvent, heureusement  !!! Quand nous nous souvenons de nos mines déconfites, les yeux au ciel, en juillet et en août, cette vendange est encore plus exceptionnelle. Le mois de juillet a été très sec, au point que nous craignions même une faiblesse en eau, et puis le mois d’août, le plus froid et le plus pluvieux des 20 dernières années, a tout inversé. Par bonheur, le beau temps est revenu tout début septembre, avec une pluviométrie quasi nulle tout au long du mois. Les quinze jours précédant la vendange, les plus importants pour la maturité, ont été parfaits. Pour ceux qui s’en souviennent, cette vendange rappelle celle de 1988. Arrive maintenant le temps de la vinification, et nous verrons lors des premières dégustations de vins clairs si la qualité récoltée se retrouve.

Nous devrions parler surtout de cette belle vendange et nous réjouir Mais c’est un fait divers qui a fait l’actualité de la Champagne quand se terminait la vendange. Les médias ont relaté cette affaire de 240 vendangeurs polonais logés dans des conditions indignes. Une enquête pour «  traite d’êtres humains et travail dissimulé  » a été ouverte. Si ces faits sont avérés, ils sont très graves. Marginaux, au regard des 125 000 employés présents dans toute l’appellation durant la vendange, mais très graves, s’ils sont avérés. Avant que la justice n’ait eu le temps de faire la lumière sur cette histoire, elle jette le discrédit sur toute la Champagne. C’est pourquoi, si l’instruction confirme les faits, le Syndicat se réservera le droit de se porter partie civile, pour atteinte à l’image de l’appellation. Organisme de Défense et de Gestion (ODG) de l’appellation Champagne, le Syndicat se doit d’être le gardien du temple, le garant du respect des règles.

À trop traire la vache à lait, on tue la poule aux œufs d’or Des décisions prises ces dernières années sur les plans fiscal et social ou encore l’inflation de normes n’ont pas aidé à favoriser la vendange à l’ancienne, celle que nous aimons tous, quand la Champagne, en grande majorité, hébergeait et nourrissait ses vendangeurs salariés et payés à l’heure. Que tous ceux qui sont attachés à faire perdurer ces pratiques soient ici remerciés.

Le nouveau projet du gouvernement, qui a «  fuité  » dans le journal Les Échos début septembre, et qui annonce la suppression d’une exonération de charges salariales sur les contrats-vendange ne nous aidera pas, malgré tout, à garantir l’attractivité nécessaire pour faire venir 120 000 travailleurs saisonniers. L’objectif du gouvernement est de trouver de l’argent, comme ce fut le cas en 2012 avec l’augmentation des charges patronales, qui, rien qu’en Champagne, ont rapporté 20 millions d’euros à l’État. À son tour, la fin de l’abattement sur les charges salariales, si elle ne touchera pas les portefeuilles des vignerons, mais ceux des salariés, devrait, encore une fois rien qu’en Champagne, rapporter 20 autres millions d’euros. Quelles seront les conséquences à moyen et long termes de ces politiques de courte vue  ? 40 millions d’euros en deux campagnes  ! Qui en veut à la Champagne  ?

Fait divers, même rarissime, et encore une fois, s’il est confirmé par l’enquête en cours ; normes de plus en plus nombreuses et contraignantes  ; hausse des charges décidée par l’État… Les embûches ne manquent pas.

Pourtant, à l’image de son produit, la Champagne doit faire perdurer ses pratiques d’excellence tout au long de l’année, y compris pendant la vendange. La majorité des vendangeurs qui vient couper nos grappes travaille avec le souci de la qualité exigée par le champagne. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, salariés ou tâcherons, ils sont formés, encadrés en ce sens, par les vignerons fiers de leur territoire, de leur vignoble et de leur vin.

Préserver cette fierté exige de chacun d’être irréprochable.

Pascal Férat, Président du SGV

Haut de page