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Le dernier numéro

Article publié le 22 août 2012

Edito

Qui débloque en Champagne ?

Le 20 juillet, le but premier du Bureau exécutif était de définir le rendement d’appellation tirable à la vendange 2012. Malgré notre détermination à fixer le rendement tirable de l’année, les représentants de l’Union des maisons de Champagne (UMC) ont refusé toutes négociations, arc-boutés sur une méthode de calcul refusée par le Conseil d’administration du Syndicat général des vignerons. Je vous dois quelques explications.

En amont de notre réunion, un groupe de travail proposé par les deux présidents (UMC et SGV) a été constitué afin d’instruire la réflexion, de proposer des orientations et de corriger les écarts d’un modèle statistique et prospectif divergent. Rappelez-vous lors de la vendange 2011 : le Vignoble partait avec un rendement de 11 000 kg face à un Négoce qui en demandait 14 000… De tels écarts sont peu propices à une négociation sereine. Ce groupe a donc travaillé à l’établissement de références communes aux deux familles pour le ratio de stock, le commerce, l’approvisionnement… et le Négoce a alors proposé d’instaurer un volume variable sur chaque récolte, afin de rester au plus près des besoins.

Comme pour tout travail de commission, les propositions avancées lors d’une réflexion préparatoire ne s’imposent pas. Elles doivent être acceptées par les présidents et validées en Conseil d’administration pour ce qui me concerne. C’est ainsi que votre Conseil a refusé de rendre systématique une part variable dans le niveau de l’AOC disponible.
C’est la position que nous avons soutenue au Bureau exécutif du CIVC. Pourquoi ?

  • D’abord, parce qu’une part variable revient à transférer les risques chez les viticulteurs en assurant aux négociants, sans dommage, le meilleur résultat  : minimiser chaque année le volume classé à la vendange et se sécuriser sur du déblocage. Inversement, côté Vignoble, nous souhaitons obtenir dès la récolte des décisions au plus juste des besoins et, éventuellement, un déblocage ultérieur en cas de forte évolution économique.
  • Ensuite, parce qu’une part variable consiste à instaurer systématiquement un cinquième paiement (déblocage en février, paiements en juin et septembre ?)
  • Amortisseur régulier des aléas de volumes, le Vignoble doit-il aussi assurer ceux de la trésorerie ?
  • Également, parce qu’une part variable déclenchée mécaniquement sur les seuls paramètres mathématiques revient à supprimer la pertinence du politique. Un modèle économique est un outil. Souvent fondé sur des hypothèses discutables, il ne restitue que des projections possibles mais incertaines. Est-ce la gouvernance et la vision stratégique que nous voulons pour la Champagne ? Dans sa grande sagesse, votre Conseil a rejeté cette proposition qui va dans le sens inverse de l’histoire de la Champagne où le rapport humain et la discussion sont les règles de bases de nos accords.
  •  Enfin, parce que cette méthode n’était en aucun cas adossée à la seule vendange 2012 mais devait aussi s’appliquer aux vendanges suivantes. Si toute idée débattue en groupe de travail doit être rendue obligatoire, faut-il encore accepter d’échanger en commission ?

Après la succession d’accidents météorologiques déjà subis cette année, «   ce pavé dans le vignoble   » est-il annonciateur d’un changement de climat en Champagne ? Gageons qu’avec l’été indien attendu par tous, nos vignes nous apporteront le millésime souhaité… et, avec quelques jours de vacances, une rentrée sereine !

Pascal Férat, Président du SGV

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