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Le dernier numéro

Article publié le 10 octobre 2007

Edito

La réserve individuelle n’est pas une fin liée à une seule vendange

La récolte 2007 est rentrée. A cause des caprices du climat et de la très grande hétérogénéité des situations entre les secteurs, elle restera sans doute dans les mémoires comme une vendange difficile à gérer, pour nous tous sur nos exploitations, pour le réseau Matu, pour les responsables de coopératives et de centre de pressurage, et aussi pour vos représentants syndicaux chargés de proposer à l’Inao les conditions annuelles de vendanges.

Je tiens à remercier tous ceux d’entre vous qui, grâce au grand professionnalisme dont ils ont fait preuve, ont permis à la Champagne de rentrer une récolte qui semble aujourd’hui être de bon niveau. C’était loin d’être gagné d’avance. Rendons aussi grâce à Saint Vincent qui, comme l’an dernier, a su chasser juste à temps les pluies torrentielles de l’été.

La majorité d’entre nous — mais pas tout le monde — a pu rentrer sa première réserve «  individuelle  ». Je regrette vivement que la nature n’ait pas été équitable en 2007 pour ce premier pas dans le nouveau dispositif  : certains peuvent être choqués de voir leur voisin renforcer son stock de sécurité quand ils savent qu’eux-mêmes devront avoir recours au déblocage.

Mais une fois passée la pression des vendanges, sachons retrouver le recul nécessaire : la réserve individuelle n’est pas une fin liée à une unique vendange. C’est un outil mis à notre disposition pour nous permettre de mieux faire face, DANS LA DURÉE, aux aléas climatiques.

N’oubliez pas que la grêle, le gel ou la coulure sont aléatoires  : ils ne frappent pas toujours les mêmes exploitations et les mêmes secteurs. Ainsi, beaucoup de ceux qui ont pu rentrer des vins bloqués cette année, sont justement ceux qui, suite aux gelées de 2003, avaient largement pioché dans leur réserve pour pouvoir passer le cap de l’année.

  • Ils ont utilisé leur réserve en 2003 et ils ont pu la reconstituer en 2007.
  • Quant à ceux d’entre nous qui n’ont pas utilisé leur réserve en 2003, ils doivent en principe être heureux de pouvoir y recourir en 2007 pour compenser le déficit de récolte que leur impose la nature.
  • Et l’an prochain, ou dans deux ans, la nature frappera encore d’autres exploitations.

Tel est bien le but de la réserve : être constituée quand la nature est généreuse (sur son exploitation et à l’échelle de la Champagne) pour être utilisée quand la récolte est déficitaire (sur son exploitation et à l’échelle de la Champagne)..

C’est une réserve constituable pour être utilisable

Nous savons aujourd’hui que la récolte rentrée est globalement saine et équilibrée. Au nom de quoi aurions-nous dû empêcher ceux d’entre nous qui avaient de beaux raisins dans leurs vignes de les mettre en réserve ? Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse à toi-même… une autre année.

Au final, si le système n’est pas dévoyé ou perverti, toutes nos exploitations et notre appellation dans sa globalité y trouveront leur compte, tant sur le plan qualitatif que sur le plan économique.

L’enjeu est de démontrer à l’INAO, au terme de la période expérimentale de cinq ans, que la Champagne a su mettre en place un outil performant de gestion individuelle au profit de la collectivité. C’est le pari que nous devons gagner tous ensemble en n’oubliant pas que nous sommes tous vignerons, également soumis aux caprices du ciel de Champagne.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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