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Le dernier numéro

Article publié le 29 mars 2011

Edito

De l’ambiguïté d’être président du Syndicat général des vignerons

Au moment où votre Syndicat lance le projet d’entreprise Champagne, je suis abasourdi par le manque de cohérence des interrogations qui parviennent au SGV.

Deux exemples pour illustrer mon propos  :

Sur la révision de l’aire d’appellation  : je suis interrogé par des maires, qui ne comprennent pas pourquoi leur commune n’est pas potentiellement classable alors qu’elle posséderait les meilleurs coteaux de la région. Dans le même temps, à Chartèves, commune axonnaise de l’AOC, aucune vigne ne peut être plantée depuis 25 ans à cause d’une procédure marquée par l’instrumentalisation d’un dossier de protection de l’environnement… sujet cher aux idéaux politiques. En plus, cette mobilisation locale de lobbye écologiste commence à donner des idées ailleurs. Alors, d’un côté, certains veulent entrer dans l’AOC, d’autres surtout pas… Que faire  ? Quelle est la logique  ? Pourtant, le champagne apporte richesse, travail, mais aussi lien social, plaisir, enthousiasme… L’affectation d’un bien en droit à appellation Champagne ne donne-t-il pas l’assurance de pouvoir le planter, même avec des droits de plantation  ? Nos vignes sont-elles incompatibles avec la biodiversité  ? Le Vignoble doit absolument trouver les réponses claires à ces questions afin de pouvoir poursuivre sereinement le dossier de révision, et ne pas donner de faux espoirs à des propriétaires exploitants ou futurs exploitants.

Sur l’achat du foncier par les négociants. Nous devons absolument maîtriser la propriété foncière afin de conserver les équilibres de notre filière. Je comprends parfaitement les vignerons agacés de ne pas être au courant des échanges de terres dans leur propre commune.

Mais quand ce sont les propriétaires eux-mêmes qui prennent contact avec les négociants ou les notaires, que peut faire votre Syndicat  ? Et pourquoi des vignerons agissent-ils ainsi  ? Auraient-ils perdu le sens de l’intérêt général qui a guidé la construction de notre belle Champagne  ? Serait-il déshonorant de voir un autre vigneron travailler sa propre vigne après lui avoir vendu  ?

Des exemples, je pourrais en prendre d’autres… Il est grand temps de réfléchir à notre avenir, de se poser toutes les questions et de trouver des solutions. Le projet d’entreprise Champagne va nous y aider. Mais, attention  : ni votre président, ni le Syndicat ne peuvent tout résoudre, surtout pas des problèmes aussi contradictoires que ceux que je viens de citer. L’avenir de la Champagne dépend de la volonté et de l’engagement portés collectivement par vous, vignerons. Je vous donne rendez-vous d’abord aux assemblées régionales début mars* pour en débattre ensemble, puis à l’assemblée de printemps de votre Syndicat qui aura lieu vendredi 1er avril. Ce sera l’occasion d’aborder particulièrement le foncier sous l’angle des dangers et des opportunités qui le caractérisent. À très bientôt donc  !

Pascal Férat, Président du SGV

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