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Le dernier numéro

Article publié le 21 février 2007

Édito

Raisons individuelles et intérêt général

Au moment où je rédige cet édito, nous ne disposons pas encore des chiffres définitifs des ventes pour 2006. D’après les premières estimations, celles-ci devraient se situer aux alentours de 323 millions de bouteilles.
Depuis plusieurs années, nos expéditions ne cessent d’augmenter. En 2006, le taux de croissance est de l’ordre de 5,5% : c’est considérable. Cette augmentation des volumes ne s’est pas faite au détriment de la valeur dans la mesure où elle s’est appuyée sur des marchés de forte valeur ajoutée (l’exportation et les cuvées spéciales, millésimes, rosés, qui semblent répondre à une véritable attente des consommateurs).
Le champagne crée de la valeur et cette valeur est partagée dans la région entre l’aval et l’amont. Il faut l’admettre. Nous n’allons pas nous plaindre de vivre une période de prospérité économique et de commerce facile. Ce serait faire preuve d’arrogance, face aux difficultés rencontrées par beaucoup d’autres viticulteurs de France.
Malgré tout, cette facilité du moment ne doit pas nous faire oublier la prudence : les ventes augmentent très vite, trop vite par rapport à l’évolution de l’offre.
Notre potentiel de production est encore suffisant pour faire face à la demande des marchés sans mettre en péril la qualité, mais nous avons un problème de répartition : une bonne partie des raisins récoltés ne part pas vers les marchés du champagne. Pour des raisons de fiscalité, de charges sociales, de gestion de patrimoine, de retraite… ils sont « mis de côté » pour plus tard. Chacun d’entre nous a de bonnes raisons de conserver une partie de sa récolte, et personne n’a à juger ces raisons : il est absolument légitime de gérer au mieux ses intérêts. Tout le monde le fait.
Toutefois, ces bonnes raisons individuelles pourraient avoir des conséquences désastreuses à moyen terme pour l’économie de notre appellation… et donc pour chacun d’entre nous. En effet, en n’approvisionnant pas suffisamment les metteurs en marché, notamment les grandes marques du négoce et du vignoble, nous mettons l’économie du champagne sous pression. Et quand il y a trop de pression, ça peut exploser : n’oublions pas 1989, 1990… et puis 1992 et 1993. On peut parfois tomber de très haut… cela nous est déjà arrivé après tout. Les équilibres économiques de notre appellation reposent sur un bon équilibre vignoble-négoce : il est bon pour nous que le négoce ait besoin de raisins, mais il faut aussi veiller à alimenter les marchés quand ils sont à la fois demandeurs et porteurs de valeur ajoutée et d’avenir pour notre appellation.
Réfléchissez-y. N’oublions pas que la somme des intérêts particuliers ne fait pas toujours l’intérêt général. En vendant un peu plus de raisins, nous pouvons tous contribuer à pérenniser notre situation actuelle. Je pense que le jeu en vaut la chandelle.
Les vignerons champenois ont toujours été champions de la sagesse collective… nous réfléchirons ensemble, en 2007 et 2008, sur les moyens à mettre en œuvre pour répondre à la demande des consommateurs du monde entier qui veulent boire du champagne.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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