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Le dernier numéro

Article publié le 6 août 2007

Edito

Des contrats illicites

Enquête sur l’argent du champagne. C’est le titre d’un dossier récemment paru dans l’Express. L’article n’est pas inintéressant, dans la mesure notamment où il souligne l’importance du partenariat interprofessionnel et de notre organisation économique collective comme facteurs de réussite. Toutefois, il véhicule un certain nombre de clichés, qu’on retrouve d’ailleurs régulièrement dans la presse lorsque notre vignoble se porte bien. Je ne pense pas qu’il faille s’alarmer de ces poncifs. Nous savons, en ce qui nous concerne, que nous ne sommes pas tous des caricatures.

Une occasion de réfléchir

Cet article nous offre une occasion de réfléchir. À sa lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser qu’il aurait pu paraître en 1989-90. À cette époque, l’ambiance en Champagne était assez proche de celle d’aujourd’hui. Il est clair que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. La majorité des vignerons en a parfaitement conscience et je crois pouvoir affirmer au journaliste de l’Express qu’il ne reflète pas la complexité de la réalité champenoise lorsqu’il écrit que certains vignerons ont déjà fait savoir qu’ils aimeraient augmenter le prix de leurs raisins, sachant qu’ils tiennent les maisons de Champagne à la gorge. Ce n’est pas comme ça qu’il faut présenter les choses.

Que ferait n’importe qui, en Champagne ou ailleurs, face à des démarcheurs qui frappent tous les jours à la porte pour offrir des primes et des bonus de toutes sortes  ? Est-ce le vignoble qui alimente la surenchère  ? Ou bien les démarcheurs, qui scient la branche sur laquelle nous sommes tous assis, en jouant les «  Monsieur Plus  »  ?

Je comprends parfaitement que chaque entreprise veuille de l’approvisionnement, pour pouvoir développer tous les beaux marchés porteurs qui s’ouvrent au champagne. Mais il incombe malgré tout aux dirigeants de voir un peu plus loin que le bilan de fin d’année s’ils souhaitent voir perdurer la santé de notre économie.

À cause des règles de la concurrence, l’interprofession n’a plus le droit de réguler les prix. Nous n’avons plus que les «  volumes  » pour éviter la flambée et nous sommes engagés dans une folle course en avant  : de déblocages en déblocages, nous réussissons chaque année à repousser l’excès… mais jusqu’à quand  ?

En 2004, nous avions pensé à tout ça. Représentants du vignoble et représentants des Maisons ont mis en place, d’un commun accord, une organisation économique interprofessionnelle destinée à encadrer les pratiques individuelles pour éviter, justement, les à-coups économiques dangereux. Cette organisation est formalisée dans la décision du CIVC n° 163.

Celle-ci prévoit expressément que chaque transaction portant sur des raisins, moûts, vins clairs ou vins en bouteilles entre un vendeur et un acheteur, doit faire l’objet d’un contrat écrit qui doit être conforme aux dispositions obligatoires édictées par le CIVC. Elle précise ensuite, parmi les dispositions obligatoires, que la durée maximale des contrats pluriannuels, y compris leurs avenants, est fixée à cinq vendanges consécutives.

En clair :

  • Les démarches perpétuelles auprès des vignerons pour renouveler les contrats, alimentent une augmentation du coût d’achat du raisin, dont on fait ensuite assumer la responsabilité collective du vignoble.
  • Les contrats d’une durée supérieure à 5 ans ne sont pas valables.

En 2007, ce n’est pas grave… mais il faut avoir conscience que, le jour où la situation commerciale sera moins rose, votre partenaire peut très bien vous rendre votre contrat en vous affirmant que son engagement est nul. On peut très bien être un livreur fidèle à une Maison, tout en respectant les règles interprofessionnelles. Il suffit de re-signer un contrat avec la même Maison lorsque le contrat arrive à son terme. Il est de notre responsabilité de responsables syndicaux d’informer les adhérents du SGV des risques qu’ils encourent, tant au niveau individuel que collectif. Il est de la responsabilité des responsables interprofessionnels de respecter les règles qu’ils ont eux-mêmes fixés et les engagements qu’ils ont pris.

Je n’ose pas imaginer que les grands noms du champagne aient subitement dans l’idée de ne pas respecter l’interprofession du champagne. Cela n’a jamais été le cas jusqu’ici  : il y a toujours eu dans notre région des hommes de bonne volonté, au négoce comme au vignoble, capables de comprendre qu’une organisation collective respectée était le seul gage d’une réussite partagée. Ça, d’ailleurs, l’article de l’Express le dit bien.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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