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Le dernier numéro

Article publié le 12 juillet 2007

Edito

Après la viticulture raisonnée, la croissance raisonnée

Le bureau exécutif du CIVC, qui a réuni les représentants du Syndicat des vignerons et de l’Union des maisons de Champagne le 13 juin dernier, a pris trois décisions :

  • une mesure de déblocage collectif de 1 600 kg/ha
  • la fixation d’un niveau de récolte disponible (non bloquée) de 12 400 kg/ha à la vendange 2007
  • et la validation des modalités pratiques de mise en place de la réserve individuelle à la vendange 2007
  • .

Le niveau de volume mis en réserve qualitative individuelle sera déterminé le 24 juillet en fonction du potentiel dans les vignes. À ce jour, il y a encore trop d’incertitudes sur la quantité et la qualité de la récolte pour définir ce que nous pourrons rentrer.
Au total (déblocage + classement disponible), c’est donc 14 000 kg/ha – soit l’équivalent de 400 millions de cols – qui pourront être mis en bouteilles pour conforter les stocks et alimenter les marchés du champagne en 2009.

Le volume mis à disposition des metteurs en marché par le vignoble est donc très important. Il répond à une demande très forte des Maisons de Champagne, soucieuses de se garantir un approvisionnement suffisant pour faire face à une forte croissance commerciale et inquiètes devant la baisse de leur niveau de stock.
Jamais la Champagne n’a libéré ainsi, collectivement, un tel volume à l’hectare. Ce n’était pas une décision facile à prendre, d’autant plus que de nombreux vignerons auraient sans doute préféré conforter leur réserve individuelle. En ce qui concerne le vignoble, nous n’en demandions pas tant, d’autant plus qu’en prenant une telle décision pour accompagner le pari commercial de nos partenaires négociants, nous prenons un risque économique. Face à ce risque, il y a eu des réflexions et des débats au sein de nos instances.

Mais l’ensemble des composantes du vignoble (SGV, coopération, vignerons indépendants) se retrouve toujours autour des grands enjeux que sont la préservation de la qualité du champagne, le respect des consommateurs, et le maintien d’une véritable et solide organisation interprofessionnelle.

En effet, en attendant que la révision de la délimitation parcellaire nous amène de nouvelles vignes en production, aux alentour de 2017, il va falloir tout mettre en oeuvre pour éviter que la « pénurie » mette à mal notre économie. Car si les Champenois se battent pour avoir du raisin, ils ne pourront plus gérer ensemble leur appellation. Ce serait une catastrophe pour chacun d’entre nous, vignerons, maisons, coopératives.

Pacte de non-agression

En contrepartie de son engagement sur les volumes, le vignoble attend du négoce qu’il s’engage véritablement dans la mise en place d’un nouvel accord interprofessionnel, adapté à la situation inédite dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui : une forte croissance des marchés et un potentiel de production limité pendant 10 ans. Cela passe par un pacte de non-agression : si le vignoble s’engage à vendre des raisins au négoce dans le contexte d’une croissance raisonnable, ce dernier doit s’engager mettre un terme à ses pratiques d’intégration (acquisition de foncier, effets levier, contrats de longue durée…). Il va falloir aussi que nos partenaires comprennent qu’il y a une limite à l’expansion commerciale : depuis quelques années le vignoble s’est engagé dans la viticulture raisonnée. Les maisons doivent admettre que, le champagne n’étant pas un produit industriel, elles doivent s’engager dans une « croissance raisonnée ». Dans la bonne gestion d’une appellation, chacun doit prendre sa part de responsabilité.

Pour conclure, malgré les accusations qui planent, je tiens à rappeler le vignoble a tout mis en oeuvre ces dernières années, pour accompagner la croissance des marchés et apporter aux marques, qui sont nos locomotives, l’approvisionnement dont elles ont besoin.

Faut-il rappeler :

  • que le SGV s’est battu en 2004 pour obtenir un classement « exceptionnel » de 14 000 kg/ha,
  • qu’il a accepté la mise en oeuvre de deux déblocages, en 2005 et en 2006,
  • qu’il a obtenu la mise en place de la réserve individuelle et l’augmentation du rendement butoir,
  • et qu’il a engagé le chantier de la révision de la délimitation.

Par ailleurs, une réflexion fiscale est engagée avec la fédération des coopératives, dans l’objectif de fluidifier le stock mort mis de côté au vignoble.

Les vignerons de Champagne préparent ensemble l’avenir de leur AOC et ils invitent leurs partenaires interprofessionnels à s’engager avec eux sur un nouveau deal collectif, sans oublier que l’intérêt général n’a jamais été la somme des intérêts particuliers.
Les plus belles réussites sont celles que l’on partage.

Patrick Le Brun, Président du SGV

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