La Champagne Viticole Candidature UNESCO

 

17 octobre 2017 accueil Accueil >  Le dernier numéro  > Edito
Pique-nique chez le vigneron indépendant • Arocu : "les notes florales et fruitées dans les vins de Champagne" • Jeunes talents du champagne : inscription avant le 30 mai • Concours européen des ambassadeurs du champagne : les inscriptions sont ouvertes ! • 30 mai : prêts pour la Champenoise ? • Centenaire 14-18 : concert à Ville-sur-Tourbe • Vert-Toulon : randonnée le 1er mai • Exposition : des éventails "esprit de champagne" • Concours d'Epernay des champagnes du vignoble : une nouvelle catégorie ! • L'AG du SGV : mardi 14 avril au Millésium
R�duire la taille du texte Agrandir la taille du texte Imprimer cette page

Le dernier numéro

Article publié le 14 mai 2007

Edito

Il faut une nouvelle organisation interprofessionnelle

À l’heure où j’écris cet édito, il fait très chaud. Espérons que les gelées de printemps nous seront épargnées en 2007. Nous avons plus que jamais besoin de raisins et une petite récolte créerait de fortes tensions sur nos marchés internes.
Aujourd’hui comme hier, l’adaptation de l’offre à la demande est l’enjeu fondamental des équilibres économiques de notre appellation. Lorsque les marchés sont en crise, il faut avoir le courage de prendre des décisions drastiques en matière de rendement et de blocage pour que les prix ne s’effondrent pas durablement. Mais à l’inverse, quand les marchés sont porteurs, il faut apporter, aux metteurs en marché, les raisins et les vins nécessaires pour répondre à la demande.
Pendant une dizaine d’années, notre vignoble va être confronté à une situation inédite, qu’il n’a jamais vécu : nous arrivons au bout du potentiel de production. Il reste très peu de terres à planter, et le levier des rendements atteint, lui aussi, ses limites. Et ceci au moment même où la croissance de l’économie mondiale nous amène de nouveaux marchés.

Accompagner la croissance. Oui, mais comment ?

Nous savons que le lourd chantier de révision de la délimitation n’apportera pas de nouvelles terres avant une dizaine d’années. Comment accompagner la croissance avec un potentiel limité ? Faut-il, d’ici là, laisser les opérateurs se faire la guerre, au risque de faire imploser les équilibres interprofessionnels ? Faut-il risquer de faire exploser les prix sans respect pour le consommateur ?
Partant du principe qu’il vaut mieux prévoir que subir, le SGV ouvre dès à présent le chantier d’une réflexion sur notre organisation économique interprofessionnelle. Nous allons traverser une période de 10 ans pendant laquelle il va falloir « planifier » notre économie de manière serrée, avec les outils et le potentiel dont nous disposons.
L’enjeu est d’accompagner le marché en créant de la valeur, sans jamais perdre de vue le respect des consommateurs.
Nous ne manquons pas de cartes en main pour gérer cette étape clé :

  • Nous disposons d’outils d’ajustement à court terme : le rendement, le blocage et le déblocage.
  • Et, dans le cadre d’une vision à moyen terme, nous mettons en place un nouvel outil de gestion, la réserve individuelle, qui nous permettra de rentrer des vins de qualité en stock quand la nature sera favorable.
Et, surtout, n’oublions pas que c’est la co-gestion de notre AOC dans le cadre d’un pari gagnant-gagnant entre le vignoble et le négoce qui a mené le champagne, et donc chacun d’entre nous, vers la réussite économique. C’est ensemble, vignerons et négociants, que nous devons engager la traversée du tunnel 2007-2017. Cela passe par un « deal » interprofessionnel :
  • Le vignoble s’engage à approvisionner au mieux les Maisons et, pour cela, à rechercher activement des solutions au problème de la répartition de la récolte, notamment du stock mort immobilisé pour des raisons fiscales.
  • Mais en contrepartie, le négoce n’empiète pas sur le foncier. La vigne doit rester aux vignerons.
  • Le SGV a présenté les premières bases de ce « challenge champenois » dans le cadre du dernier bureau exécutif* du CIVC. Il nous faut maintenant quelques mois pour travailler et définir le plus tôt possible les principes d’une nouvelle organisation interprofessionnelle adaptée aux enjeux d’aujourd’hui.
    Pour finir, côté vignoble, n’oublions pas que c’est l’union qui fait la force. N’écoutons pas le champ des sirènes qui nous invitent à entrer dans des systèmes d’intégration. L’intégration est un piège qui se refermerait sur nous plus vite qu’on le pense. La durée des contrats doit notamment rester ajustée sur la durée des accords interprofessionnels. Pensez à votre avenir : ne signez pas de nouveau contrat tant que les bases d’un nouvel accord interprofessionnel ne seront pas posées. * Le bureau exécutif remplace la commission consultative interprofessionnelle. Nathalie CostaPatrick Le Brun, Président du SGV

Haut de page