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Le dernier numéro

Article publié le 7 novembre 2013

Parution du mois

Directive Nitrates : bonne nouvelle pour les vignes en pente

Depuis le 23  octobre, l’État a enfin autorisé les apports d’azote sur vigne en pente. C’est une bonne nouvelle mais que de paroles et d’énergie pour faire entendre ce qui coule du bon sens agronomique. Retour sur le calendrier de ces négociations et sur les améliorations apportées.

Visant à amenuiser le contentieux « nitrates  » qui oppose la France à l’Europe, l’administration française proposait, fin janvier, un texte très pénalisant pour le vignoble. Ce projet de réglementation allait jusqu’à interdire tout type d’apport d’azote sur les pentes de plus de 20 % soit sur près de 40 % de l’AOC Champagne. La profession champenoise a très vite réagi et le SGV a mobilisé divers acteurs, dépassant le seul cadre des relais professionnels. Une dizaine de députés champenois ainsi que le président du conseil régional de Champagne-Ardenne ont porté en haut lieu l’analyse faite par le Syndicat : le projet de texte est inadapté aux vignobles en pente, pire, il aurait un impact environnemental négatif sur le vignoble champenois entraînant une disparition de l’enherbement des vignes et une aggravation des problèmes d’érosion.

Grâce à ce soutien, le SGV a su le message entendu par le ministre de l’Agriculture. Fin mai, ce dernier annonçait qu’une «   expertise serait engagée pour approfondir les enjeux et solutions adaptées aux pentes du vignoble champenois.  »
Les fruits de cette expertise tardant à venir, le Syndicat a invité les viticulteurs à réagir lors de la consultation publique organisée par l’État au cœur de l’été. Malgré la période estivale et le caractère novateur du mode de consultation (Internet), la mobilisation des viticulteurs de Champagne a été exemplaire. Près de 2 500 se sont connectés pour protester contre le projet de texte.
Diversifiant ses points d’accroche, le Syndicat avait également mobilisé des partenaires nationaux dès le mois de mai 2013. Alertée par le SGV, la Cnaoc a ainsi fédéré les autres vignobles touchés (Côtes de Provence, Hermitage, Sancerre, Alsace…). Avec près de 14 000 ha concernés, la Champagne s’est avérée être le vignoble moteur de l’opération, et pour cause, elle représente les deux tiers des surfaces viticoles pénalisées par le projet de texte.
In fine, le SGV s’est rendu à trois rendez-vous parisiens aux côtés de la Cnaoc, de la CCVF puis de la Fnsea. Ces rencontres avec les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement mais aussi avec le cabinet du Premier ministre ont débouché sur une modification du texte d’origine.
Concrètement, les arguments avancés par le SGV ont permis deux ouvertures.

Deux avancées déterminantes

Premièrement les «  produits organiques solides visant à prévenir l’érosion des sols  » pourront être apportés sur vigne (et sur toute culture pérenne) quelle que soit la pente du terrain. Ce type d’apport sera également possible sur sols gelés. Dans le vignoble champenois, cela couvrira une large partie des pratiques actuelles. Les écorces et autres mélanges à base d’écorces rentrent dans cette catégorie. De même, les amendements bouchons correspondent à cette définition. Avec leur action positive sur la biologie du sol et donc sur sa stabilité, les engrais organiques sont aussi à rattacher à cette entité.

Le texte a été adapté vis-à-vis d’un deuxième paramètre  : les engrais minéraux sont autorisés sur un sol dont la pente est supérieure à 15 % si la vigne est enherbée ou dispose d’une bande enherbée d’au moins cinq mètres à l’aval (ou d’un talus boisé ou enherbé) et que l’apport est limité à 50 kg d’azote efficace [1] par ha et par an.
Avec ces deux bémols, les vignerons champenois pourront fertiliser leurs vignes en pente sans contrainte majeure, tout en contribuant à l’effort environnemental.

Erratum  : Agrément des prestataires phyto
Une erreur de coordonnées s’est glissée dans La Champagne Viticole du mois d’octobre en page  15. Les coordonnées de l’organisme certificateur Contrôle Union sont  :

Control Union Inspections France
16 rue Pierre Brossolette
76 600 Le  Havre
Tél.  : 02 35 42 77 22 - Ligne directe  : 05 62 48 65 17

pcassan controlunion.com

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[1] l’azote efficace correspond à la somme de l’azote minéral avec la part organique minéralisable pendant le cycle végétatif.

Nathalie Pinon-Guérin

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