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Le dernier numéro

Article publié le 26 mars 2009

Parution du mois

Dans un contexte global incertain

Le président Le Brun le rappelait récemment : « en 2008, nous avons préparé l’avenir en parvenant à un accord interprofessionnel qui encadre les relations vendeurs-acheteurs. Dans le contexte actuel, cela aurait été beaucoup plus difficile ! ». Les chiffres des expéditions 2008 connus, les responsables champenois ont à nouveau cherché à anticiper en décidant la réactivation de l’Observatoire économique.

Mis en place à la fin des années 90, il est présidé par Yves Dumont, qui fut président du directoire de Laurent Perrier pendant les douze dernières années. A la demande des co-présidents de l’interprofession, il prend en charge avec l’aide de Dominique Pierre, directeur général du Centre Vinicole – champagne Nicolas Feuillatte et en s’appuyant sur cet observatoire économique, une mission d’étude sur l’impact possible de la situation économique et de recommandation d’actions, la prise de décisions relevant des présidents Le Brun et de Montgolfier. Nous avons voulu en savoir plus en questionnant les responsables de cette mission.

Entretien croisé avec Yves Dumont et Dominique Pierre


Quels signaux ont poussé les présidents de l’interprofession à réactiver l’observatoire économique ? A quoi va-t-il servir concrètement ?

Yves Dumont  : Je pense que c’était dans l’air depuis un moment. La crise que nous commençons à traverser et que chaque famille de la profession peut ressentir à des niveaux divers, oblige, selon moi, les responsables du champagne à développer des outils d’information et de gestion économiques plus pointus, comme elle l’a fait en matière technique, juridique ou de communication.

Dominique Pierre  :  Si l’on est sérieusement convaincu de l’intérêt de gérer la Champagne un peu comme une entreprise, alors, il est évident que la réactivité est indispensable afin de prendre les décisions les mieux adaptées au bon moment.

De quels moyens allez-vous disposer pour mener à bien vos missions ?

YD  :  Nous allons avoir à disposition pour l’essentiel les services de l’Observatoire économique du CIVC, dont est responsable Aurélie Deluze, et sans doute des prestataires de services extérieurs compétents en ces domaines.

DP  :  Il faudra également un concours accru des maisons quant à la fourniture de certaines données – stock, par exemple –afin d’assurer une réelle pertinence aux informations.

Qu’est ce qui a milité pour associer le vignoble au sein de cet observatoire ?

YD  :  Bien que j’émane du négoce, la mission qui m’est confiée concerne bel et bien toute l’interprofession. Par conséquent, le vignoble ne peut qu’y être étroitement associé. Dominique Pierre, qui est le responsable opérationnel de la plus importante entreprise du vignoble, et moi rechercherons sans ambiguïté l’intérêt général. Même si la concurrence reste vive ou même très vive entre eux, la solidarité entre acteurs est une nécessité car, dans notre métier très particulier, si un opérateur important venait à connaître de graves difficultés, tous les autres en subiraient les conséquences.

DP  :  Bien sûr, cette transversalité est bien la vocation du CIVC et sa raison d’être. Je voudrais ajouter que la recherche de l’intérêt général passera peut-être, dans la très grave crise que nous voyons arriver, par un partage des efforts entre les différentes familles de l’interprofession dans un consensus indispensable. Mais cela ne doit pas pour autant mener ni à la déresponsabilisation, ni à une prime aux erreurs de gestion ou encore à la spéculation.

Disposant des chiffres des ventes de 2008, avez-vous d’ores et déjà envisagé des scénarii et pouvez-vous donner quelques pistes quant à l’évolution du contexte champenois en 2009 ?

DP  :  C’est un peu tôt pour cela, mais nous avons commencé à analyser les quatre crises déjà traversées depuis 1970. A chaque fois, la baisse des volumes a oscillé entre 10 à 23 %, et la remontée a pris plusieurs années. Cette fois, nous craignons que ce soit bien plus difficile. En effet, la crise mondiale qui est devant nous n’est pas de la même ampleur. Il faudra donc trouver des schémas ou des réponses plus adaptées.

YD  :  Nous commençons à étudier des scénarii pour différentes variables, en particulier les volumes, les prix et l’endettement des opérateurs. Ce dernier point est capital car notre métier implique le financement de stocks très importants. Aux difficultés de trésorerie typiques de toute crise du champagne s’ajouteront les difficultés de financement bancaire spécifiques à la crise financière mondiale.

Et avez-vous déjà préconisé des actions ?

YD et DP  :  On peut distinguer deux types d’actions  : les décisions interprofessionnelles (ren-dement, réserve qualitative…) et les actions de nature financière visant à éviter ou amortir les problèmes de financement et de trésorerie des opérateurs.

Nathalie Costa

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